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Tali Heruti-Sover – Ha’aretz – 12 septembre 2014

Le personnel est tenu de trimer pendant 12 heures d’affilée ce qui, pour la société, est tout à fait légal.

La société SodaStream, fabricant israélien de machines de gazéification à domicile, a été accusée de surmener les employées bédouines, mais la société, bien connue pour sa porte-parole Scarlet Johansson, dit que c’est tout simplement conforme aux contrats des salariées.

Dans la nouvelle usine de SodaStream du Néguev, il est exigé des travailleuses à la chaîne, dont beaucoup sont des mères et des Bédouines, qu’elles travaillent de 7 h à 19 h, disent les employées.

Le contrat que les nouvelles embauchées ont signé, et que s’est procuré TheMarker (Ha’aretz), stipule que la journée de travail est de 9 h ½, pauses légales comprises.

Mais récemment, il a été demandé aux salariées de remplir une condition qui les oblige à travailler plus, ou moins, selon les besoins de la société. Ceci peut modifier les horaires avec des périodes allant jusqu’à 12 h de travail d’affilée, incluant des pauses supplémentaires. Il peut y avoir aussi des équipes du soir de 12 h de travail, et SoldaStream peut en aviser les salariés que peu de temps à l’avance.

Environ 300 personnes travaillent dans l’usine qui a ouvert mi-mai. L’usine devrait au bout du compte employer un millier de personnes et remplacer l’usine SodaStream de la zone industrielle de Mishor Adumim, en Cisjordanie.

Le gouvernement a participé au financement de la nouvelle zone industrielle dans le but d’attirer de grandes entreprises et des emplois dans le nord du Néguev – notamment pour les Bédouins qui habitent près de Rahat. La zone industrielle est une initiative conjointe de la ville de Lehavim, du Conseil régional Bnei Shimon et de la ville de Rahat.

La plupart des salariés de l’usine sont des femmes de Rahat qui ont été heureuses de trouver du travail à proximité de chez elles. Le salaire horaire, comme cela est courant pour les travailleurs à la chaîne, est un peu au-dessus du salaire minimum : 24 shekels (un peu plus de 5 €).

Les salariées se sont plaintes de n’avoir aucun moyen de savoir combien de temps elles devaient travailler, et quand. Elles se sont dites surprises par la demande de travailler plus d’heures, et mécontentes, mais la direction aurait répondu qu’elle ne changerait pas d’avis.

« Les femmes sont les moins favorisées et elles ne veulent pas créer de problèmes, certainement pas quand leur employeur est un voisin. Bien des salariés attendaient cette usine, le gouvernement la soutient, et les Bédouins sont heureux d’avoir eu la chance d’y être embauchés. Mais pas de cette manière, » a déclaré une source proche de la situation.

« Rappelez-vous que les femmes arabes, surtout les mères, sont la communauté la plus difficile à intégrer dans une main-d’œuvre. Si SodaStream propose de décaler les horaires jusqu’à 16 h 30, il faut s’attendre à ce que les femmes gardent leurs horaires et les heures supplémentaires seront faites par des personnes qui veulent vraiment les faire. »

Alham al-Kamalaat, qui dirige le collectif juridique Yedid à Rahat, a dit qu’elle avait reçu toute une série de plaintes des femmes contre SodaStream. « Ce sont des femmes qui veulent travailler, mais elles sont aussi des mères qui veulent passer assez de temps avec leurs enfants, » dit-elle.

Ran Melamed, directeur adjoint de Yedid pour la communication et la politique sociale, dit avoir appelé le ministre de l’Économie, Naftali Bennet, et le Bureau de l’expert scientifique en chef pour examiner si SodaStream respecte bien les conditions de la subvention du gouvernement. Si ce n’est pas le cas, la société devra modifier sa politique de l’emploi, a-t-il déclaré.

La société dit qu’elle n’a rien fait de mal. « SodaStream a monté une chaîne (de production) spéciale qui permet aux gens qui ont une famille d’être embauchés pour de courtes durées de travail. Il a été dit explicitement à tous les employés à temps complet qu’il leur serait demander de travailler pendant des périodes de 12 heures quand ce serait nécessaire et en fonction du plan de production, et conformément à (la loi relative à la durée du travail), » a fait savoir SodaStream dans un communiqué.

« Durant l’été, la demande de produits de la société a augmenté, alors, par suite, les heures de travail de l’usine ont été étendues. Il a été demandé aux salariées de travailler 12 heures – incluant des pauses d’un total d’une heure, plus que ne l’exige la loi – comme cela leur a été dit avant leur embauche. »

D’après SodaStream, « des solutions souples et créatives ont été proposées aux quelques employées qui avaient dit ne pouvoir s’adapter. »

L’usine SodaStream an Cisjordanie a souffert de la critique internationale et même de menaces de boycott. Cet été, la société a été accusée d’avoir licencié 60 travailleurs palestiniens à propos d’un différend sur la nourriture qu’ils recevaient sur leur poste de travail afin de rompre leur jeûne du Ramadan. Les salariés ont lancé une grève sauvage, et la plupart de ceux qui avaient été licenciés ont obtenu de retrouver leur emploi.

Le syndicat qui représente les salariés palestiniens de l’usine a déclaré que début juillet, les travailleurs en équipe du soir s’étaient plaints que la nourriture était insuffisante, et qu’il leur avait été interdit d’apporter de la nourriture de chez eux, en raison des lois diététiques juives. Par conséquent, il n’y avait pas suffisamment de nourriture après le jeûne de 16 heures.

Source: Haaretz

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine