Faisons le point : l’aide internationale à la Palestine

Par Samer Abdelnour, Sam Bahour, Nora Lester Murad, Alaa Tartir, Jeremy Wildeman – 4 septembre 2019 – Al Shabaka 

La décision de l’Administration Trump de couper l’aide aux Palestiniens et de mettre fin aux opérations de l’USAID (Agence des États-Unis pour le développement international) dans les Territoire palestiniens occupés (TPO) doit être pris comme un avertissement pour les responsables politiques palestiniens pour qu’ils enterrent le modèle d’aide des Accords d’Oslo. Ni ce modèle, ni les masses d’aides financières qui ont afflué en Palestine – plus de 35 milliards de dollars depuis 1993 – n’ont amené aux Palestiniens la liberté, ni l’autodétermination, ni un embryon d’Etat, ni fourni un développement durable. En fait, c’est l’inverse qui s’est produit : les Palestiniens sont contraints de vivre dans un paradoxe aide-développement, avec des montants augmentés de l’aide associés à des baisses importantes dans les indicateurs socio-économiques et de développement.

Dans la sélection ci-après d’articles, les analystes politiques d’Al-Shabaka examinent l’efficacité de l’aide internationale à la Palestine, dégagent les enjeux de ses conséquences et les ramifications nocives de la dépendance à l’égard de l’aide, et suggèrent des solutions pour réformer et réinventer l’aide aux Palestiniens. Les analystes soutiennent que le développement ne peut être compris comme un simple processus technocratique, apolitique et neutre. Il doit à la place être reconnu comme opérant dans le cadre de relations de domination coloniale et être réarticulé comme lié à la lutte pour les droits, la résistance, et l’émancipation.

Sur l’échec de l’aide

La complicité des donateurs dans les violations israéliennes des droits des Palestiniens

par Nora Lester Murad

Nora Lester Mmurad élucide les pratiques des donateurs qui violent les droits humains fondamentaux, elle soulève huit questions qu’il faut se poser sur la complicité de l’aide, et suggère des mécanismes de surveillance de l’industrie de l’aide. Lire plus… https://al-shabaka.org/briefs/donor-complicity-in-israels-violations-of-palestinian-rights/

Échec persistant : la politique de la Banque mondiale pour les Territoires palestiniens occupés

par Alaa Tartir et Jeremy Wildeman

Alaa Tartir et Jeremy Wildeman évaluent les recommandations politiques non pertinentes et parfois nocives de la Banque mondiale et ils soutiennent que tant que la Banque ne comprendra pas mieux les conditions réelles de l’occupation israélienne, elle continuera de formuler des recommandations irréalistes, fondées sur une période depuis longtemps révolue de rapprochement d’Oslo. Lire plus…https://al-shabaka.org/briefs/persistent-failure-world-bank-policies-occupied-palestinian-territories/

Démasquer l’ « aide » après les documents sur la Palestine

par Samer Abdelnour

Samer Abdelnour examine le rôle intégrant joué par l’industrie de l’aide en garantissant le dé-développement de l’économie palestinienne, et il affirme qu’en l’absence de mécanismes de responsabilisation, l’industrie de l’aide continuera de se rendre complice de la dévastation délibérée de la population qu’elle prétend servir. Lire plus…https://al-shabaka.org/commentaries/unmasking-aid-after-the-palestine-papers/

Sur la réinvention de l’aide

Le modèle d’aide d’Oslo, qui a échoué, peut-il être enterré ?

Par Jeremy Wildeman et Alaa Tartir

Jeremy Wildeman et Alaa Tartir affirment que les donateurs renforcent des schémas passés qui ont échoué associés au prétendu modèle des dividendes de la paix tout en n’apportant que des changements superficiels à leur engagement. Lire plus… https://al-shabaka.org/briefs/can-oslos-failed-aid-model-be-laid-rest/

Vaincre la dépendance, créer une économie de la résistance

par Alaa Tartir, Sam Bahour, et Samer Abdelnour

Alaa Tartir, Sam Bahour, et Samer Abdelnour soulignent la nécessité d’examiner comment les Palestiniens peuvent institutionnaliser et éventuellement créer une bureaucratie autour d’un programme de développement démocratique fixé par le peuple, et soutiennent que toute nouvelle vision économique palestinienne doit intégrer la dignité dans l’aide. Lire plus…https://al-shabaka.org/briefs/defeating-dependency-creating-resistance-economy/

Un nouveau modèle pour le développement palestinien

par Samer Abdelnour

Samer Abdelnour analyse les pièges, inspirés par Oslo, du développement palestinien et les tentatives peu judicieuses des donateurs pour promouvoir le développement du secteur privé, et il soutient qu’une démarche auprès du Réseau local d’entreprises durables (SLENs) pour le développement et la reconstruction peut aboutir dans le contexte palestinien. Lire plus… https://al-shabaka.org/briefs/defeating-dependency-creating-resistance-economy/

Samer Abdelnour

Samer Abdelnour, conseiller politique d’Al-Shabaka, est un universitaire et un militant. Il est cofondateur d’Al-Shabaka, en 2009, et il en a été membre du conseil fondateur jusqu’en 2016.

Sam Bahour

Sam Bahour, conseiller politique d’Al-Shabaka est consultant en gestion de l’information appliquée (AIM), spécialisé dans le développement des affaires en particulier dans le secteur des technologies de l’information et des jeunes entreprises Il est aussi président de « Américains pour une économie palestinienne dynamique ». Il a contribué à la création de PALTEL et du centre commercial PLAZA. Jusqu’à récemment, il siégeait au conseil d’administration de l’Université de Birzeit, dont il était le trésorier. Il est aussi directeur de la Banque islamique arabe, et membre du conseil d’administration de Just Vision. Sam Bahour est corédacteur de « HOMELAND: Oral History of Palestine and Palestinians » (Olive Branch Press). Il écrit fréquemment sur les questions palestiniennes et son travail est publié sur www.epkalestine.com.

Nora Lester Murad

Nora Lester Murad, membre politique d’Al-Shabaka, est maître de conférences à l’Université Fordham. Elle est également cofondatrice de l’Association Dalia, première fondation communautaire de Palestine, et d’Aid Watch Palestine, une initiative de responsabilisation en matière d’aide sous l’égide de la communauté. Elle a publié de nombreux articles sur les questions de l’aide internationale et de la philanthropie communautaire, notamment dans The GuardianAljazeeraHuffingto n PostOpenDemocracyCounterpu nch, et Mondoweiss, et sur son blog : www.noralestermurad.com. Son premier livre, « Rest in My Shade » (novembre 2018) est un poème sur le déplacement mettant en avant 18 artistes palestiniens dans le monde.

Alaa Tartir

Alaa Tartir est conseiller en programme auprès d’Al-Shabaka. Tartir est aussi chercheur associé au Centre sur les conflits, le développement et la consolidation de la paix, et chercheur invité au Département d’anthropologie et de sociologie de l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) à Genève, Suisse. Entre autres fonctions, Tartir a été boursier post-électoral au Centre de politique de sécurité – Genève (GCSP) en 2016 et 2017, universitaire et conférencier invité (2015) au Département d’histoire et d’histoire de l’art à l’Université d’Utrecht, Pays-Bas, et il a été, entre 2010 et 2015, chercheur en développement international à l’École d’économie et de sciences politiques de Londres (LES), où il a obtenu son doctorat. Suivez Tartir sur Twitter :  https://twitter.com/alaatartir et lisez ses publications sur : www.alaatartir.com.

Jeremy Wildeman

Jeremy Wildeman, membre politique d’Al-Shabaka, est chercheur associé au « Département des sciences sociales et politiques » de l’Université de Bath, en Angleterre, où il conduit des recherches sur la politique des donateurs vis-à-vis des Palestiniens. Précédemment, il a obtenu un doctorat sur l’aide canadienne et étrangère au développement à l’égard des Palestiniens, et il a collaboré à plusieurs projets de recherche antérieurs sur le développement, l’économie, et les ONG des Palestiniens. Il a également une grande expérience passée dans le secteur des ONG palestiniennes, notamment en tant que cofondateur de l’organisation caritative « Project Hope », basée à Naplouse, pour le développement de la jeunesse.

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

Source: Al-Shabaka