L’artiste palestinienne et jordanienne Zeyne dévoile cet automne son premier album solo, AWDA عودة.
Par l’Agence Média Palestine, le 21 octobre 2025

Révélée notamment par ses singles 7arrir 3aqlak/Asli Ana et Ma Bansak, propulsé par COLORS, ou encore Balak en collaboration avec Saint Levant, Zeyne est devenue la première artiste du monde arabe à rejoindre le Foundry Program 2025 de YouTube, l’initiative de développement d’artistes indépendants de la plateforme. Parmi les anciennes participantes au Foundry, on trouve des artistes comme Rosalia et Dua Lipa, plaçant Zeyne au côté de certaines des voix mondiales les plus influentes d’aujourd’hui.
L’album de Zeyne comprend 13 titres, une palette sonore extensive qui mêle des influences du R&B des années 2000 et de la pop rêveuse à des instruments levantins et de la soul ambiante. Dans une interview au média Wonderland, l’artiste explique son attachement à la musique traditionnelle : « En grandissant, ces sons m’ont toujours entouré, ils font donc partie de qui je suis. Je pense que célébrer mes racines à travers la musique ne consiste pas à mettre la tradition en avant, mais à la laisser vivre d’une manière qui semble actuelle et personnelle. C’est ma façon d’honorer mes origines tout en avançant vers de nouveaux horizons. »
Intitulé AWDA عودة, « retour », l’album parle autant d’un retour à soi, à l’identité spirituelle, que du rêve collectif du retour des Palestinien-nes sur leurs terres. Il s’agit pour Zeyne d’une puissante revendication de son identité palestinienne, dans laquelle elle dénonce les perceptions erronées occidentales sur ses traditions culturelles.
La première piste de l’album est un poème déclamé sur un rythme éthéré de Dabke, une prière adressée à sa mère :
« Mon amour, je vois notre histoire à travers tes yeux
et que Dieu t’aide à porter ce fardeau.
Je sais que rien n’est plus difficile que tes décisions
et je sais que tu portes le poids de notre avenir et de notre passé sur tes épaules. (…)
Pourquoi devrais-je changer mon apparence, ma voix, ma langue et ma famille pour m’intégrer demain ?
Pourquoi la vérité que je vois dans tes yeux ne créerait-elle pas une civilisation ?
Nous sommes la civilisation.
Mon amour, ton histoire est mon avenir.»
En abordant des sujets aussi universels que les cycles d’amour et de chagrin, Zeyne parle d’identité et de fierté, de santé mentale, de colère et de recherche de soi. « Je ne pense pas que la musique doive apporter des réponses », explique-t-elle, « mais j’espère qu’elle permettra aux gens de se sentir compris et reconnus. »
Zeyne revendique fièrement dans ses textes son identité palestinienne et sa complexité, et la douleur de créer au cœur de la destruction.
« En voyant un génocide se dérouler sous nos yeux, je ne pense pas qu’il soit possible de le rationaliser ou de le présenter autrement que comme une catastrophe. Ce que je peux faire, et qui me semble être le minimum, c’est m’assurer que cela transparaît dans mon travail et sur les plateformes auxquelles j’ai accès. Pour moi, il ne s’agit pas d’essayer de transformer quelque chose d’aussi sombre en lumière, mais plutôt d’en parler avec honnêteté et responsabilité. La musique devient un lieu où exprimer ce chagrin et cette colère, refuser le silence et honorer notre culture et notre peuple. S’il y a de la lumière dans tout cela, c’est dans le fait de se souvenir, de résister et d’insister sur notre présence. »



