Par l’Agence Média Palestine, le 23 janvier 2026

Mercredi 21 janvier, les journalistes Anas Ghunaim, Abdul Ra’ouf Shaath et Mohammad Qeshta documentaient les opérations humanitaires du Comité égyptien d’aide à Gaza, près du corridor dit de Netzarim, lorsqu’ils ont été touchés par une frappe israélienne.
Abdoul Raouf Shaath, âgé de 34 ans, était un collaborateur régulier de l’Agence France Presse (AFP). Son dernier reportage pour l’agence a été publié lundi.
« Ils étaient en mission humanitaire. Tout le monde connaissait le véhicule et savait que les personnes à l’intérieur travaillaient pour le comité », déclare un porte-parole du comité à Gaza à Middle East Eye. « Nous sommes sous le choc qu’il ait été directement pris pour cible. Nous n’avons pas de mots. Voir des collègues, qui s’empressaient toujours d’aider les autres, se faire tuer de cette manière, c’est dévastant. »
Des images vidéo diffusées en ligne montrent leur véhicule calciné et détruit par les bombes au bord de la route, de la fumée s’élevant encore des débris. Une quatrième personne a également été tuée dans l’attaque, selon une équipe d’Al Jazeera sur place.
L’armée israélienne a confirmé la frappe, affirmant qu’elle visait des suspects qui auraient piloté un drone affilié au Hamas, sans fournir de preuve de cette dernière allégation.
Des témoins sur place indiquent que les journalistes utilisaient un drone pour filmer le camp de réfugié·es géré par le comité égyptien, soit dans le cadre de leur travail. La frappe est par ailleurs survenue à plus de 5 kilomètres de la “ligne jaune” qui délimite la zone contrôllée par Israël. Il est donc évident que le drone ne représentait pas de menace et que les journalistes étaient identifiés comme tels.
Dans un communiqué publié mercredi, le Syndicat des journalistes palestinien·nes (PJS) estime que le bombardement direct de véhicule des journalistes constitue “un crime de guerre et un crime contre l’humanité au regard du droit international humanitaire”, ainsi qu’une “violation flagrante des Conventions de Genève et des résolutions des Nations unies qui garantissent la protection des journalistes pendant les conflits armés.”
Le PJS dénonce une politique de censure des voix palestiniennes qui vise à “empêcher la transmission de la vérité et dissimuler les crimes commis contre les civils dans la bande de Gaza”. Depuis le 7 octobre 2023, au moins 256 journalistes ont été assassiné·es par l’armée israélienne.
Plus tôt au cours de cette même journée du 21 janvier, cinq autres personnes, dont deux enfants, ont été tuées par des tirs d’artillerie et des coups de feu israéliens, à Deir al-Balah et Khan Younis.



