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Par Middle East Eye, le 22 juillet 2020

Des images publiées par l’OLP montrent les forces israéliennes emporter l’artefact datant de l’ère byzantine d’une ville de Cisjordanie au beau milieu de la nuit
Église de la nativité
Photo : teralis.be

Les Palestiniens accusent Israël du vol d’une relique chrétienne de 1 500 ans tôt lundi.

Des images vidéo postées en ligne par le Département de la diplomatie et de la politique publiques de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) montrent les forces israéliennes escortant un gros camion à plateau depuis la ville de Tuqua, dans le district de Bethléem en Cisjordanie occupée.

L’objet en question, un artefact rare et ancien qui remonte à l’époque byzantine, était utilisé comme fonts baptismaux. Il s’agit de l’une des trois reliques connues de ce genre. L’une des deux autres a été récemment découverte dans l’église de la Nativité à Bethléem et l’autre appartenait à une église de Beit Jibrin, une ancienne ville palestinienne laissée en ruines après l’invasion d’Israël en 1948 (la « Nakba »).

« VIDÉO : Les forces d’occupation israéliennes ont volé des fonts baptismaux historiques datant du VIesiècle de la ville de Bethléem la nuit dernière », a posté l’OLP, partageant une vidéo tournée par un photojournaliste local. 

Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l’OLP, a qualifié cette décision d’« acte abominable de brutalité et d’appropriation culturelle » et exhorté l’UNESCO et sa directrice générale, Audrey Azoulay, à « prendre position et à protéger le patrimoine palestinien ». 

« Une caractéristique principale du système israélien d’occupation coloniale et d’oppression est ses tentatives dédaigneuses d’effacer la présence, la culture et le patrimoine palestiniens, y compris l’appropriation illégale et le vol de sites patrimoniaux et d’artefacts », a déclaré Hanan Ashrawi dans un communiqué.

Dans un article, le Jerusalem Post a contesté ces accusations, affirmant que les fonts baptismaux n’avaient pas été volés mais rendus à leur site d’origine.

Selon le journal israélien, cette relique a été dérobée il y a vingt ans sur le site de Khirbet Tuqua par des « négociants non autorisés utilisant un énorme chariot élévateur ». En 2002, la relique a été récupérée et placée près de la maison du maire de Tuqua, en attendant la construction d’un musée local. 

« Je me félicite du retour des fonts baptismaux, qui sont un trésor culturel et historique de la période byzantine », a déclaré Hananya Hizmi, chef du bureau de l’Administration civile israélienne (COGAT), qui supervise l’occupation israélienne de la Cisjordanie, selon le Jerusalem Post

« Les investissements considérables de l’Administration civile en matière d’efforts et de ressources dans la recherche de cet objet au cours des dernières années ont porté leurs fruits. Nous continuerons à travailler sans relâche pour préserver les sites et les reliques archéologiques dans toute la Judée-Samarie, et pour empêcher les voleurs d’antiquités de piller l’histoire de la région », a assuré Hizmi, utilisant le terme du gouvernement israélien pour désigner la Cisjordanie. 

On ne sait pas où les autorités israéliennes ont emmené la relique. 

Wafa, l’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne, accuse Israël de voler « fréquemment » des objets anciens dans les territoires occupés « par l’intermédiaire de négociants non autorisés et de pillards ».

« Israël se sert de l’archéologie comme d’un outil clé pour renforcer ses revendications territoriales bidons sur la Palestine historique… et [pour] leur donner un vernis de légitimité historique et religieuse », dénonce Wafa.  

L’Autorité palestinienne ne contrôle qu’environ 18 % de la Cisjordanie occupée, connue sous le nom de « zone A », tandis que les « zones B et C » sont sous contrôle israélien total ou partiel. 

Sous le Premier ministre Benyamin Netanyahou, Israël prévoit d’annexer 95 % de la vallée du Jourdain, qui représente au moins 22 % de la Cisjordanie occupée.

Plus de 800 000 Israéliens vivent dans des colonies illégales en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est. 

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

Source : Middle East Eye