195 palestiniens assassinés entre le 20 et le 24 juin

195 palestiniens ont été tués, et 445 blessés lors d’attaques israéliennes aériennes et terrestres ces quatre derniers jours, selon un rapport de l’OCHA du 24 juin 2024.

Par l’agence Média Palestine, le 25 juin 2024

Bombardement sur la ville de Gaza (Archives de WAFA)

Les massacres se sont poursuivis ce weekend dans la bande de Gaza ainsi qu’en Cisjordanie, alors qu’une Commission d’enquête sur les violations du droit international humanitaire et atteintes aux droits de l’homme, dénonçait jeudi 20 juin les crimes d’Israel à l’égard des civils, et que le rapport de l’OCHA du 21 juin faisait état de 37 396 palestiniens tués depuis le 7 octobre par les forces israéliennes.

Le 21 juin, le Comité international de la Croix-Rouge a déclaré que « des projectiles de gros calibre ont atterri à quelques mètres » de son bureau dans le quartier Al Mawasi de Rafah, « qui est entouré de centaines de civils déplacés vivant dans des tentes ». Cet assaut a donné lieu à un afflux massif de blessés dans l’hôpital de campagne de la Croix-Rouge situé à proximité, et le bureau du CICR a été endommagé. Le Comité a dénoncé « des tirs si dangereusement proches de structures humanitaires » qui mettent en danger la vie des civils et des travailleurs humanitaires, rappelant que « les parties au conflit ont l’obligation de prendre toutes les précautions possibles pour éviter de blesser des civils et d’endommager des biens de caractère civil, y compris des installations humanitaires ».

Des raids aériens ont été rapportés le 22 juin 2024 par l’agence palestinienne WAFA, dont des frappes sur le camp de réfugiés d’Al-Shati, à l’ouest de Gaza, ainsi que sur trois quartiers de la ville de Gaza, Al-Zaytoun, Al-Shajaia et Turfa. Associated Press et Euronews faisaient hier le bilan provisoire de 39 palestiniens tués lors de ces attaques, plus d’une cinquantaine de blessés et de nombreux citoyens disparus.

Le 23 juin 2024, de nouveaux bombardements ont été signalés à l’aube, causant au moins 5 morts, dont des enfants, au centre et à l’ouest de la ville de Gaza. Les correspondants de l’agence WAFA ont également rapporté le ciblage intermittent par l’artillerie israélienne du centre et du sud de la ville de Rafah. Ce même jour, le Bureau des droits de l’homme des Nations unies (HCDH) déplorait des frappes répétées sur le camp de réfugiés d’Ash Shati’, à l’ouest de la ville de Gaza, ayant entraîné la mort de civils, dont de nombreux enfants, et a déclaré : « La conduite des hostilités par Israël continue de susciter des inquiétudes quant à de graves violations du droit international humanitaire », y compris les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution, entraînant un grand nombre de victimes parmi les civils qui souffrent déjà d’un « manque menaçant de nourriture, d’eau potable et d’accès aux objets indispensables à leur survie ».

Le 24 juin, le ministère de la santé à Gaza faisait un bilan de 195 palestiniens tués et 445 blessés entre le 20 et le 24 juin 2024, selon un rapport de l’OCHA daté du même jour. Des bombardements israéliens aériens, terrestres et maritimes, ainsi que des incursions terrestres et des combats violents, continuent d’être signalés dans une grande partie de la bande de Gaza, entraînant de nouvelles victimes civiles, des déplacements et la destruction d’habitations et d’autres infrastructures civiles.

Le rapport de l’OCHA du 24 juin souligne aussi les difficultés d’accès qui continuent d’entraver gravement la fourniture de l’aide et des services humanitaires essentiels dans la bande de Gaza, notamment la fourniture d’une aide alimentaire et nutritionnelle cruciale, de soins médicaux, d’une protection et d’un soutien aux abris, ainsi que les services d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH) à des centaines de milliers de personnes. Entre le 18 et le 23 juin, trois missions coordonnées prévues pour récupérer des fournitures d’aide du côté palestinien du point de passage de Kerem Shalom ont été annulées pour des raisons de sécurité, notamment des hostilités actives et l’effondrement de l’ordre public et de la sécurité le long de l’itinéraire désigné par l’armée israélienne pour la circulation des marchandises entre le point de passage et le centre de la bande de Gaza.

Lors d’une conférence de presse à Genève le 21 juin, le Dr Richard Peeperkorn indiquait que certains des 17 hôpitaux classés comme « fonctionnant partiellement » n’avaient en fait qu’un fonctionnement minimal. Certaines femmes enceintes se rendant dans ces établissements auraient demandé des césariennes anticipées de peur de ne pas pouvoir accoucher en toute sécurité plus tard, a déclaré ce représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Compte tenu de la situation critique, l’accent continue d’être mis à Gaza sur les opérations visant à sauver des vies et des membres, a ajouté M. Thanos, sans que les conditions soient actuellement réunies pour faire venir des prothèses ou déployer des équipes médicales spécialisées pour aider les amputés, dont beaucoup d’enfants et d’adolescents, dans le processus de rééducation. Le nombre total de Palestiniens blessés et d’autres cas médicaux évacués depuis le 7 octobre représente moins de six pour cent du nombre de blessés raconté par le ministère de la santé (4 895 sur plus de 85 000 blessés signalés). Dans ce contexte, l’OMS a lancé un appel pour faciliter l’évacuation médicale de plus de 10 000 patients, notamment des traumatisés et des personnes souffrant de cancer, de problèmes cardiaques, mentaux ou autres, par tous les points de passage possibles, afin qu’ils reçoivent les soins médicaux dont ils ont besoin.

Des attaques ont également été rapportées en Cisjordanie, et notamment à Jénine où des images montrent des soldats Israéliens circulant avec le corps blessé d’un palestinien attaché sur leur véhicule blindé, lors d’une opération visant à l’arrestation de 3 personnes. Selon les autorités palestiniennes, au moins 553 Palestiniens ont été tués par des soldats israéliens ou des colons extrémistes israéliens en Cisjordanie depuis le début de la guerre déclenchée par l’attaque du Hamas en Israël.

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