Israël poursuit sa guerre génocidaire à Gaza, en Cisjordanie et au Liban. Point sur la situation à Gaza, alors que le nord de l’enclave est brutalement assiégé et continuellement bombardé depuis 6 semaines.
Par l’Agence Média Palestine, le 19 novembre 2024

CHIFFRES CLÉS
à Gaza depuis le 7 octobre 2023 :
43 922 mort·es
103 898 blessé·es
1,9 million de déplacé·esau Liban depuis le 7 octobre 2023 :
3 516 mort·es
14 929 blessé·es
1,2 million de déplacé·esen Cisjordanie depuis le 7 octobre 2023 :
784 mort·es
dont 146 enfants
19 031 déplacé·es
Massacre à Beit Lahia
Au moins 111 Palestinien·nes ont été assassiné·es par des bombardements et des tirs israéliens dans la seule journée du dimanche 17 novembre, dont la majorité à Beit Lahia au nord de Gaza, mais aussi dans les camps de réfugié·es de Nuseirat et Al-Mawasi, à Bureij et à Rafah.
À Beit Lahia, les sources médicales expliquent que des frappes aériennes ont détruit un immeuble de 5 étage où étaient réfugiées plusieurs familles, ainsi que deux maisons environnantes. 72 personnes ont été tuées, dont de nombreux·ses enfants.
34 corps ont été tirés des décombres lundi à Beit Lahia, et on estime nombreuses personnes pourraient encore se trouver piégées sous les gravats. Les équipes de secours dénoncent être systématiquement entravées dans leur travail et n’avoir pas pu accéder immédiatement au site, ce qui a encore engendré des décès qui auraient pu être évités. La défense civile palestinienne a également indiqué que ses équipes manquaient d’équipement en raison du siège israélien omposé au nord de Gaza depuis le début du mois d’octobre 2024, et qu’elles travaillaient avec des outils primitifs et à mains nues.

Massacre près de l’hôpital Kamal Adwan
Au moins 28 Palestinien·nes ont été assassiné·es par Israël dans la seule journée du lundi 18 novembre, dont 17 dans le bombardement d’une maison environnant l’hôpital Kamal Adwan au nord de Gaza.
Le bâtiment est le dernier hôpital en partie fonctionnel du nord de Gaza, et a subi de nombreuses attaques, depuis le début de l’offensive génocidaire d’Israël à Gaza et en particulier depuis le début du siège. Outre ces victimes, l’attaque a provoqué des mouvements de panique parmi les réfugié·es et mis en danger les personnes qui cherchent à obtenir des soins.
Le Dr Abu Safiya a appelé à la protection de l’hôpital, qui a été frappé à plusieurs reprises l’armée israélienne et dont la majorité du personnel a été arrêté et emprisonné. Il a indiqué que l’armée israélienne avait récemment pris pour cible le service des urgences de l’établissement, provoquant l’arrêt de l’unité d’opérations en raison des éclats d’obus et créant la panique parmi les patients.
« Le ciblage de l’hôpital est un crime contre le système de santé, et le monde doit y mettre fin immédiatement, car nous soignons les blessé·es tout en subissant des bombardements israéliens constants », a-t-il déclaré. « Nous appelons le monde à arrêter la machine à tuer israélienne et à mettre fin immédiatement au ciblage de l’hôpital, qui est censé bénéficier d’une protection internationale. »
Le siège du nord de Gaza
Le ministère de la santé de Gaza estime qu’au moins 2 000 Palestinien·nes ont été tué·es depuis le début du siège du nord de Gaza le 5 octobre 2024, et 6 000 autres blessé·es. Ce bilan ne prend pas en compte les morts dues à la famine, et aux maladies qui sont engendrées par ce même siège.
De nombreux témoins oculaires rapportent que des corps sont abandonnés dans les rues, leurs proches obligé·es de fuir et les secours ne pouvant les atteindre. Des images que nous avons choisi de ne pas diffuser montrent que des animaux sauvages profanent ces corps, qui se décomposent à l’air libre.
Le 9 novembre, les Nations unies et leurs partenaires estimaient qu’entre 100 000 et 130 000 personnes avaient été déplacées depuis le nord vers la ville de Gaza, et qu’il restait entre 50 000 et 75 000 personnes dans la zone assiégée. La défense civile palestinienne (PCD) estime qu’au moins 1 300 Palestinien·nes ont été assassiné·es depuis le début de cette opération.
Selon le Bureau de coordination de l’aide humanitaire de l’ONU (OCHA), « six tentatives d’acheminement d’une aide vitale dans les zones assiégées du gouvernorat du nord de Gaza ont été bloquées », rien qu’au cours des deux derniers jours. Depuis le début du mois de novembre, toutes les tentatives des Nations unies pour accéder aux zones assiégées du gouvernorat du nord de Gaza avec des missions alimentaires et sanitaires afin de soutenir les dizaines de milliers de personnes qui y restent ont été soit refusées, soit entravées.
Le directeur de l’hôpital Kamal Adwan, l’un des derniers à fonctionner partiellement dans la zone, alerte sur l’augmentation dramatique des cas de sévère malnutrition, principalement des enfants. Le 8 novembre, le Comité d’examen de la famine (CEF) de la classification intégrée de la phase de sécurité alimentaire (IPC) avait lancé une alerte, mettant en garde contre une probabilité imminente et substantielle de famine dans les zones situées au nord de Gaza.
L’OMS rapporte que l’accès aux hôpitaux est par ailleurs gravement restreint en raison des tirs nourris qui empêchent les Gazaoui·es de se déplacer et les ambulances de rejoindre les blessé·es. Depuis le 3 novembre, en raison d’une grave pénurie de carburant, l’hôpital Al Awda a été contraint de faire fonctionner ses générateurs seulement trois heures par jour, ce qui a interrompu des opérations chirurgicales vitales et d’autres services de santé, a ajouté l’OMS.
L’ONU qualifie les pratiques d’Israël de génocide
Un comité de l’ONU affirme que les méthodes de guerre d’Israël dans la bande de Gaza « correspondent aux caractéristiques d’un génocide », dénonçant notamment l’utilisation par Israël de la famine comme « arme de guerre ».
« A travers son siège de Gaza, son obstruction de l’aide humanitaire, ses attaques ciblées et en tuant des civils et des travailleurs humanitaires, malgré les appels répétés de l’ONU, les ordonnances contraignantes de la Cour internationale de justice et les résolutions du Conseil de sécurité, Israël cause intentionnellement la mort, la famine et des blessures graves », estime le comité dans un communiqué.
Les méthodes de guerre employées par Israël « correspondent aux caractéristiques d’un génocide », selon ce comité spécial de l’ONU, créé en 1968 et chargé d’enquêter sur les pratiques israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés, conquis l’année précédente par Israël (Cisjordanie et bande de Gaza). Human Rights Watch, de son côté, a déclaré que le déplacement forcé à répétition des Gazaouis constituait un crime contre l’humanité.



