Au lendemain du cessez-le-feu à Gaza, un poème pour maintenir une clarté militante sur ce que l‘année écoulée de génocide signifie pour les écrivains et les personnes de conscience à travers le monde.
Par Iker Suarez, le 19 janvier 2025

J’espère que nous garderons
l’émotionnelle
analytique
politique
irréfutable
clarté
de vies
transformées en
décombres.
De Gaza et
de ses périodes
de troubles.
J’espère que nous tiendrons
les mystificateurs à distance
nuances
-outils
de
génocide-
exposés,
sans pitié
pour les bourreaux
et leurs
complices.
J’espère que nous
entendrons l’appel
à lutter avec
un amour indigné,
et en colère,
à ne pas faiblir
que ce soit dans la difficulté
ou dans la solitude,
en isolement ou
isolé,
barrages de mensonges
ou simple
épuisement.
J’espère que nous garderons
quand nous écrivons
quand nous pensons
quand nous parlons
quand nous ressentons
l’inconfortable
clarté
de ne nous opposer à rien
que la mort pure et simple
par le colonisateur,
patriarche,
patron,
créancier,
maître
J’espère que nous
ne modulerons pas
notre discours,
ne capitulerons pas
en paroles,
ne renonçerons pas
à notre capacité
-notre devoir-
de nous battre,
à notre dignité
-notre refus,
comme l’a dit un ami,
d’être transformé
en monstre.
J’espère que nous conserverons
l’émotionnelle,
physique,
politique,
analytique,
irrenonçable
clarté
que votre modération
signifie l’extinction,
votre complaisance,
l’attrition,
et votre civilité,
un état de siège
votre civilité
n’est que l’expression
de votre désir
de mort
et d’ultime
destruction
J’espère que nous comprendrons
que chaque ligne
est un champ de bataille
chaque compromis
une extorsion
chaque vers
une expression
désespérée
Al Andalus
et résistante
Falasteen
J’espère que nous garderons
apocalyptique
lucidité
que
votre
civilité
n’est rien d’autre
qu’un siège.
–
Iker Suárez est auteur et chercheur doctorant au CUNY Graduate Center. Il étudie le néocolonialisme en Europe du Sud et s’organise avec CUNY for Palestine.
Traduction : JB pour l’Agence Média Palestine
Source : Mondoweiss



