Le documentaire Put Your Soul In Your Hand And Walk est en salle

Le documentaire Put Your Soul In Your Hand And Walk (Mets ton cœur dans ta main et marche), réalisé par Sepideh Farsi, qui suit le quotidien de la journaliste Fatem (Fatima) Hassoma à Gaza, est sorti en salle en France le 24 septembre dernier.

Par l’Agence Média Palestine, le 7 octobre 2025



«Si je meurs, je veux une mort retentissante. Je ne veux pas être une simple brève dans un flash info, ni un chiffre parmi d’autres. Je veux une mort dont le monde entier entendra parler, une empreinte qui restera à jamais, et des images immortelles que ni le temps ni l’espace ne pourront enterrer.»

Tels sont les mots du testament laissé par Fatem Hassona, assassinée par l’armée israélienne à Gaza le 16 avril dernier, au lendemain de la présentation du documentaire dont elle est l’héroïne.

La jeune femme était diplômée en multimédia et documentait, par ses photos et ses vidéos, le génocide perpétré par Israël à Gaza depuis le 7 octobre 2023. Elle y montrait la réalité brute sur le terrain, la survie des habitants, les bombes, les ruines, la souffrance, alors qu’Israël a interdit l’accès de Gaza aux journalistes étrangers, et tué 256 journalistes palestinien-nes depuis un an et demi.

Sepideh Farsi, cinéaste iranienne, a entamé son documentaire peu de temps après le début de la guerre génocidaire menée actuellement par Israël à Gaza. Son objectif premier était de mettre en avant les voix palestiniennes, dont elle reproche aux médias occidentaux de taire les paroles.

« On n’entendait que les points de vue de l’Union européenne, des États-Unis, du Qatar et d’Israël », dénonce-t-elle. « La parole palestinienne était absente, comme la parole iranienne l’est souvent du récit dominant dans les médias. En tant qu’Iranienne, je sais ce que cela signifie d’être réduite au silence. Cela a fini par m’obséder. Je voulais retrouver cette voix et la faire entendre. »

Interdite d’accès à Gaza, la réalisatrice est présentée à Fatem Hassona par visio-conférence. «Elle partageait avec moi ses peurs, les ravages, les restrictions. J’ai vu en direct des frappes autour de Fatem, j’entendais son cri. Je me demandais si elle allait reprendre le téléphone portable qui venait de tomber de sa main après les bombardements» raconte la réalisatrice au Monde.

Ces conversations vidéos sont la matière première du documentaire, dont le montage retrace le quotidien de la journaliste, ses observations et ses analyses.

Lors de sa présentation au festival de Cannes en mai dernier, une tribune signée par des nombreuses personnalités du cinéma dont Richard Gere, Pedro Almodovar, Hafsia Herzi ou encore Adèle Exarchopoulos lui avait rendu hommage, appelant à l’action « pour Fatem, pour toutes celles et ceux qui meurent dans l’indifférence. Le cinéma se doit de porter leurs messages, d’être un reflet de nos sociétés. Agissons avant qu’il ne soit trop tard. »

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