Israël responsable de deux tiers des journalistes tués dans le monde en 2025

2025 a été une année record pour le nombre de journalistes tués dans le monde. Deux tiers des journalistes tués l’ont été par Israël, selon une organisation de défense des journalistes.

Selon un rapport publié le 25 février par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Israël est responsable de la mort de deux tiers du total des journalistes tués dans le monde en 2025.

«L’armée israélienne a désormais commis davantage d’assassinats ciblés de membres de la presse que n’importe quelle autre armée gouvernementale à ce jour, l’écrasante majorité des personnes tuées étant des journalistes et travailleurs des médias palestiniens à Gaza », écrit l’ONG américaine qui compte 86 journalistes et travailleurs des médias tués en 2025 par Israël sur les 129 journalistes tués dans le monde entier. En 2024, le CPJ comptait 124 journalistes assassinés, 2025 constitue donc la deuxième année consécutive la plus meurtrière, depuis trente ans que le CPJ tient ce décompte. Il souligne en outre que l’armée israélienne a commis plus d’assassinats ciblés de journalistes que tout autre corps militaire gouvernemental depuis que le CPJ a commencé à les documenter en 1992.

Expliquant sa méthodologie, le CPJ indique que ses chercheurs mettent en œuvre des « mesures rigoureuses pour confirmer les informations provenant d’au moins deux sources crédibles pour chaque victime répertoriée ». La première étape consiste à examiner chaque cas afin de déterminer si la victime correspond à leur définition de journaliste, « une personne qui couvrait régulièrement l’actualité ou commentait les affaires publiques par tout moyen de communication, afin de rapporter ou de partager des informations factuelles avec un public ». L’étape suivante consiste à déterminer si le décès du journaliste était lié à son travail, en interrogeant autant de collègues, de membres de sa famille, de supérieurs et d’amis que possible pour vérifier les antécédents et les affiliations des personnes tuées, ainsi que les mobiles probables de leur assassinat. « Déterminer ces circonstances peut parfois prendre des mois, voire des années — en particulier dans les zones de guerre, et nous mettons régulièrement à jour notre base de données lorsque nous obtenons de nouvelles informations », explique le CPJ.

Les drones : « un nouvel outil pour les tueurs de journalistes »

Selon le CPJ, un signal d’alarme clair dans les chiffres de 2025 est l’augmentation du nombre de journalistes tués par des drones : « des aéronefs sans pilote ou de petits appareils volants contrôlés à distance et capables d’identifier visuellement leurs cibles. »

Ainsi, les drones militaires sont confirmés ou soupçonnés d’être à l’origine de 33 des assassinats de journalistes selon le CPJ : Ce phénomène reflète une tendance mondiale plus large : les attaques de drones ont augmenté de plus de 4 000 % entre 2020 et 2024, selon le Centre américain pour les civils en conflit, qui a cité l’utilisation croissante de

petits drones bon marché et consommables, « à vision subjective », pour « attaquer illégalement des civils et semer la terreur ».

Le site Stop murdering journalists qui tient une comptabilité au jour le jour recense pour sa part 102 journalistes assassinés par Israël sur l’ensemble de l’année 2025 dont 87 à Gaza, 11 au Yémen lors de bombardements israéliens le 10 septembre, trois en Iran les 15, 16 et 17 juin lors de la guerre de 12 jours et un au Liban, Ahmed Farhat, assassiné dans une frappe aérienne israélienne le 15 février. Ce site dénombre 349 journalistes assassinés par Israël à ce jour depuis le 7 octobre 2023, dont 317 à Gaza. 

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