Festivals de cinéma palestinien en France : une résistance culturelle

Partout en France, des festivals consacrent en 2026 une place centrale au cinéma palestinien. Toulouse, Rennes, Paris, Lyon et plusieurs villes de Loire-Atlantique donnent à voir une cinématographie palestinienne peu diffusée dans les circuits commerciaux, portée par des réalisateurs qui continuent de créer malgré des conditions de production difficiles.

Par l’Agence Média Palestine, le 3 mars 2026

Du 9 au 17 mars 2026, Toulouse accueille la 12e édition de Ciné-Palestine. 54 projections, et l’ambition, dépassant le cinéma en incorporant la poésie, la littérature et la musique, de mettre en avant la culture palestinienne dans sa globalité.

À Rennes, du 23 au 29 mars 2026, la 4e édition du festival Sard rassemble fictions, documentaires et archives militantes. Organisé avec l’Institut Dar al-Kalima de Bethléem et l’Université de Rennes, le festival célèbre la pluralité des voix palestiniennes par la diversité des regards et des histoires.

En Loire-Atlantique, l’AFPS44 organise pour la 9e année consécutive sa Semaine du film palestinien, un festival itinérant qui passe par plusieurs villes du département, notamment Nantes, Vallet et Pornic. Il ne s’agit pas d’une réaction conjoncturelle à l’actualité, mais d’un engagement durable. L’objectif est de promouvoir l’énergie d’un peuple qui continue de créer malgré tout : les joies, la mémoire, l’humour.

À Paris, le Festival Ciné-Palestine poursuit en 2026 le travail engagé depuis 2015 pour rendre visible la diversité du cinéma palestinien dans la capitale. Il offre aux artistes palestinien·nes la possibilité de rencontrer leur public et de créer un espace de discussions et de débats autour du cinéma palestinien. S’y ajoute le festival Un état du monde, qui a consacré sa 16e édition au Forum des images en janvier 2026 à un focus sur les voix palestiniennes. Avec cinq œuvres inédites accompagnées de discussions avec leurs réalisateurs, le festival entend que le cinéma ne soit pas seulement regardé mais interrogé, que les récits palestiniens soient entendus dans leur dimension artistique autant que politique.

En région Auvergne-Rhône-Alpes, à Lyon, le festival Palestine en Vue se tient du 24 mars au 1er avril 2026 pour sa 11e édition. Il propose une sélection de films palestiniens récents et de classiques, des débats avec des invité·es ainsi que des rencontres, afin de donner la parole aux cinéastes et de renforcer les solidarités avec la Palestine.

La 48e édition du Festival du Cinéma du Réel, du 21 au 28 mars 2026 à Paris, rend cette année hommage à la réalisatrice palestinienne Jumana Manna. En faisant ce choix, ce festival fondé en 1979 affirme que la Palestine appartient pleinement à l’histoire du cinéma mondial.

Ces initiatives culturelles répondent toutes à un constat : le cinéma palestinien existe malgré des conditions de production extrêmement difficiles (financements limités, obstacles à la diffusion en salle, quasi-absence des chaînes télévisées). Hors de ces festivals, la majorité de ces films ne serait pas projetée en France. Lors d’une interview accordée en 2025 pour L’Orient-Le Jour, G., vice-présidente du festival Ciné-Palestine, explique : « On a décidé de faire quelque chose de plus global : le droit à la narration, le droit de se raconter, le droit de parler de la Palestine. On constate qu’il y a une volonté forte de créer, une certaine idée de lutte et de résistance qu’on retrouve chez les cinéastes avec lesquels on travaille. » Dans un contexte où les artistes palestinien·nes sont peu représenté·es dans les circuits classiques, les festivals leur offrent une tribune. Pour l’historien Nabil el Haggar : « La culture fait partie des formes nécessaires pour préserver l’identité palestinienne et retrouver une dignité face à l’effacement de l’histoire. » L’acteur palestinien Saleh Bakri résume en une phrase ce qui unit tous ces festivals, dans une interview publiée par l’association Assopalestine13 : « Toute résistance meurt si elle n’est pas aussi culturelle. »

Les chiffres témoignent de l’impact réel de ces festivals : Ciné-Palestine atteignait 2 500 spectateurs et spectatrices par édition en 2019. Les débats après les projections, les rencontres avec les réalisateurs et réalisatrices, les partenariats associatifs contribuent à créer une communauté de spectateurs et spectatrices engagé·es, capables d’apprécier la culture palestinienne au-delà de l’actualité.

Ces festivals constituent un réseau de solidarité culturelle entre associations, universités, instituts, cinéastes, spectateurs et spectatrices. Ils offrent à des films palestiniens une existence sur le territoire français.

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