Loin de respecter ses engagements dans le soi-disant “accord de paix”, Israël poursuit et intensifie ses attaques à l’encontre des Palestinien-nes de Gaza, tout en maintenant ses restrictions catastrophiques.
Par l’Agence Média Palestine, le 7 avril 2026

Cette semaine encore, des attaques israéliennes ont été menées contre l’ensemble de la bande de Gaza, au mépris flagrant du cessez-le-feu officiellement en vigueur depuis bientôt six mois.
Mardi 31 mars, des frappes aériennes ont tué au moins six personnes à travers Gaza, dont trois à Jabalia, ainsi qu’un père et son fils à Khan Younis. Le 3 avril, une attaque de drone a blessé six civils près du rond-point d’Abu Shurakh, dans le nord de Gaza.
Le 4 avril, une frappe a touché un véhicule près du camp de Maghazi, tuant une personne et en blessant plusieurs autres. Les forces israéliennes ont également frappé un poste de contrôle de la police dans le nord de la ville de Gaza et poursuivi leurs tirs d’artillerie dans plusieurs zones.
Les attaques israéliennes se sont encore considérablement intensifiées depuis dimanche 5 avril, comme une punition collective infligée à la population suite aux déclarations d’une délégation du Hamas, qui a informé les médiateurs de son refus de discuter de son désarmement tant qu’Israël n’aurait pas mis fin à ses violations de l’accord de cessez-le-feu et ne se serait pas engagé à se retirer complètement de Gaza, conformément à ses engagements.
Tôt dans la matinée, trois Palestinien-nes ont été tué-es et d’autres blessé-es lors d’une frappe aérienne menée par les forces israéliennes sur la place al-Shawa, à l’est de la ville de Gaza. Plus tard dans la journée, d’autres personnes ont été blessées par des tirs de l’armée israélienne dans le quartier de Mawasi à Khan Younis, dont un jeune enfant, qui a été blessé à la tête. Un Palestinien aurait ensuite été abattu par des soldats israéliens alors qu’il inspectait son domicile à l’est de Gaza ; cet acte a étésuivi d’une frappe militaire contre un groupe de civils près du club Al-Jazeera, dans le centre de la ville de Gaza, tuant une personne et en blessant d’autres. Au total, le ministère de la santé de Gaza dénombre sept morts dans cette seule journée, et 17 blessé-es.
L’OMS suspend ses évacuations après le meurtre d’un membre de son personnel
La journée d’hier, lundi 6 avril, a vu l’escalade se poursuivre avec le meutre au petit matin de Majdi Aslan, travailleur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) âgé de 54 ans, qui conduisait un véhicule de l’ONU visé par une frappe israélienne. Cette dernière a également atteint un bus dans la rue Salah al-Din, dans le sud de Gaza. Un médecin de l’OMS et plusieurs autres Palestinien-nes ont également été blessé-es, selon des sources des hôpitaux Nasser et Al-Aqsa de la bande de Gaza.
L’OMS a annoncé, face à cette attaque, lancer une enquête suite à un “incident grave”, et suspendre la totalité des évacuations médicales de la bande de Gaza par le passage de Rafah. Cette mesure complique encore davantage l’accès des patient-es aux soins et aggrave les souffrances des blessé-es et des malades, compte tenu des conditions humanitaires difficiles.
Al Jazeera rapporte également lundi le meurtre par balle d’un Palestinien en situation de handicap par des soldat-es israélien-nes, ainsi qu’un autre meurtre par une attaque de drone, coûtant la vie à un Palestinien de 36 ans et blessant gravement un enfant. Deux Palestinien-nes ont également été tué-es lors de frappes de drones israéliens sur les quartiers de Yarmouk et de Shujayea, selon une source médicale de l’hôpital al-Shifa.
Au moins dix personnes encore ont été assassinées ce même jour lors d’une frappe israélienne visant le camp de Maghazi, où des affrontements avaient éclaté après qu’une milice soutenue par Israël aurait attaqué l’école dans le but d’enlever certaines personnes, selon des sources médicales et des habitant-es.
“Mourir de soif”
Dans un communiqué publié ce matin, mardi 7 avril, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) affirme que les besoins de la population de la bande de Gaza dépassent largement ce que les organisations humanitaires sont en mesure de fournir, compte tenu des restrictions sévères et d’autres obstacles.
Dans le camp d’Al Mawasi, les graves pénuries d’eau ont poussé les habitant-es à organiser une manifestation samedi 5 avril, pour exiger la fin de la crise de l’eau potable : elle s’aggrave dans plusieurs zones de Gaza après que l’entreprise Eta, qui fournissait de l’eau propre et potable aux personnes déplacées dans toute la bande de Gaza, de Rafah à Beit Hanoun, a cessé ses activités en invoquant un manque de financement.“La crise actuelle a contraint de nombreuses personnes déplacées ici à utiliser de l’eau contaminée”, explique sur Al Jazeera Salah al-Koush, un habitant d’al-Mawasi participant à la manifestation. “Je crains pour mes quatre enfants ; chaque jour, on recense dans le camp des cas d’enfants tombant malades à cause de la contamination de l’eau.”



