Point hebdomadaire sur la situation en Cisjordanie occupée : semaine du 15 au 21 septembre 2026.
Par l’Agence Média Palestine, le 21 septembre 2026.
Le 15 septembre, Ziad Mohammad Jaber, 54 ans, a été tué à Al-Bireh. Il avait été grièvement blessé par balle lors d’une incursion de l’armée israélienne menée dans le quartier d’Oum al-Sharayet. Sa mort porte à plus de 100 le nombre de Palestinien·nes tué·es par les forces israéliennes en Cisjordanie depuis le début de l’année, selon le ministère palestinien de la Santé.
Le lendemain, à Hébron, la famille de Mu’taz Nizam al-Atrash, 21 ans, a été informée de sa mort dans la prison israélienne d’Ofer. Le jeune homme était placé en détention administrative depuis plus de onze mois. Un détenu libéré la veille et qui partageait sa cellule avait indiqué à la famille qu’il ne souffrait d’aucune maladie et était en bonne santé. Les informations disponibles ne permettent pas, à ce stade, d’établir les circonstances exactes de son décès.
Le 20 septembre, près de l’ancienne colonie de Ganim, dans le gouvernorat de Jénine, des soldats israéliens ont tué un automobiliste palestinien qui, selon leur dires, avait tenter de les percuter avec son véhicule.
Quelques heures auparavant, un colon israélien avait été tué par balle près de la colonie de Neve Tzuf, à proximité de Ramallah. Le suspect, palestinien, a finalement été arrêté dans un hôpital de Ramallah. Benjamin Netanyahu a annoncé à la suite de ces événements un renforcement des effectifs militaires et des opérations d’arrestation en Cisjordanie. Plusieurs routes autour de Ramallah et Al-Bireh ont été fermées dans la journée, limitant fortement les déplacements des Palestinien·nes.
Le lendemain, les forces israéliennes ont mené une vaste opération à Biddu, au nord-ouest de Jérusalem, d’où est originaire le Palestinien soupçonné de l’attaque près de Neve Tzuf. Au moins 53 jeunes hommes Palestiniens ont été détenus et interrogés au cours du raid. Selon le maire de la localité, plusieurs maisons ont été transformées en centres d’interrogatoire, tandis que les commerces, les bureaux et les établissements scolaires sont restés fermés et que des soldats étaient déployés dans toute la ville.
À Al-Mughayyir, attaques de colons et vaste opération militaire
Déjà ciblé à plusieurs reprises ces dernières semaines, Al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a connu une nouvelle séquence de violences cette semaine.
Samedi, des colons armés sont entrés dans le secteur de Shaab al-Louz et ont ouvert le feu en direction des maisons. Dans le même temps, l’armée d’occupation a perquisitionné plusieurs logements et procédé à des interrogatoires. Plus tard dans la journée, des habitant·es ont été aspergé·es de gaz poivré près de l’entrée du village. Une ambulance venue leur porter secours a également été endommagée.
Dès le lendemain matin, une opération militaire de grande ampleur a été déclenchée dans le village. Son unique entrée a été fermée, des soldats ont été déployés dans les rues et plusieurs maisons ont été fouillées. Au moins 27 Palestinien·nes ont été détenu·es dans la matinée, alors que l’opération était toujours en cours.
Des dizaines de Palestinien·nes privé·es de logement et d’accès à l’eau
Les pressions exercées sur les communautés rurales palestiniennes ont également pris la forme de nouvelles démolitions cette semaine.
Le 16 septembre, l’armée israélienne a commencé à détruire une communauté pastorale installée depuis plus de vingt ans à l’ouest de Deir Ballut, dans le gouvernorat de Salfit. Plus d’une vingtaine de personnes y vivaient avec environ 1 000 moutons, dont dépendait une grande partie de leurs moyens de subsistance.
Le même jour, à Al-Jiftlik, dans la vallée du Jourdain, cinq habitations appartenant à Omar Daïs et à ses fils ont été détruites, ainsi qu’une salle utilisée par la communauté pour la prière. Le lendemain, les bulldozers israéliens ont démoli cinq habitations et une bergerie à Anata, au nord-est de Jérusalem-Est, laissant une trentaine de personnes sans logement. Le gouvernorat de Jérusalem affirme que les habitant·es ont été empêché·es de récupérer leurs effets personnels avant la destruction des bâtiments.
Selon l’OCHA, plus de 1 100 structures ont été démolies en Cisjordanie depuis le début de l’année 2026 au motif de l’absence de permis de construire, entraînant le déplacement de plus de 1 500 Palestinien·nes. Ces démolitions représentent plus d’un tiers des quelque 4 300 Palestinien·nes déplacé·es en Cisjordanie depuis janvier.
Les attaques contre les moyens de subsistance se sont poursuivies parallèlement. À Yarza, à l’est de Tubas, des colons ont coupé des conduites d’eau et vidé un puits de collecte, utilisé aussi bien par les familles que pour abreuver leurs animaux.
À Ad-Daqiqa, dans le sud d’Hébron, des colons ont sectionné la principale conduite d’eau du village, privant plus de 700 habitant·es d’eau. Huit hommes du village ont par ailleurs été arrêtés le même jour à la suite d’une attaque au cours de laquelle des colons avaient tenté de voler leur bétail.
Les terres agricoles ont elles aussi été touchées. Une cinquantaine d’oliviers ont été endommagés à Khirbet Jinba, dans Masafer Yatta, tandis que plusieurs dizaines d’autres ont été coupés ou arrachés à Ni’lin, à l’ouest de Ramallah. Cette dernière attaque intervient quelques jours après le nivellement de terres palestiniennes dans le même secteur.
Nouvelles restrictions et incursions à Al-Aqsa
À Jérusalem-Est occupée, la période précédant Yom Kippour a été marquée par un renforcement des restrictions autour de la mosquée Al-Aqsa.
Trois Palestiniens de Jérusalem ont d’abord reçu, le 15 septembre, une interdiction de pénétrer dans l’esplanade pendant six mois. Quelques jours plus tard, des personnes en situation de handicap se déplaçant en fauteuil roulant ont également été empêchées d’accéder au site.
Le 20 septembre, le gouvernorat de Jérusalem indiquait qu’environ 800 Israélien·nes avaient pénétré dans l’esplanade d’Al-Aqsa au cours de la journée. À 10 heures du matin, 570 personnes avaient déjà participé à ces incursions sous protection de la police israélienne, certain·es y effectuant des rituels religieux.
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, s’est lui aussi rendu sur l’esplanade ce jour-là sous escorte policière et y a effectué des rites religieux, selon le gouvernorat de Jérusalem. La Jordanie et les autorités palestiniennes ont condamné cette visite en estimant qu’elle portait atteinte au statu quo historique et juridique du site.
La veille, Benjamin Netanyahu avait participé aux prières de Selichot au Mur occidental, ou mur d’Al-Buraq, avant de parcourir avec son épouse Sara des tunnels situés sous le complexe d’Al-Aqsa. Ces visites se sont déroulées alors que les contrôles et restrictions de circulation étaient renforcés dans Jérusalem-Est à l’occasion des fêtes religieuses juives.



