Un rapport de l’organisme des Nations unies chargé du commerce indique que les conséquences de l’occupation israélienne ont « explosé », avec un taux de chômage atteignant 90 % à Gaza.
Par la rédaction d’Al Jazeera, 24 septembre 2026

(Photographe : Yousef Zaanoun / Activestills)
Les besoins en matière de relance et de reconstruction de Gaza s’élèvent, selon les estimations, à 71,5 milliards de dollars et devraient encore augmenter, d’après le dernier rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
L’économie de Gaza connaît la « crise la plus grave jamais enregistrée », indique le rapport présenté jeudi lors de la 73e session de la CNUCED.
Il indique que 59 ans d’occupation israélienne ont « imposé des contraintes structurelles qui ont systématiquement freiné l’économie palestinienne », sapant la productivité, aggravant la pauvreté et imposant une dépendance à l’aide humanitaire.
Mais depuis qu’Israël a lancé sa guerre génocidaire en octobre 2023, les conséquences de l’occupation ont « explosé ».
Les opérations militaires « intenses » menées par Israël ont endommagé ou détruit 92 % des établissements économiques à travers Gaza depuis le début de la guerre. Le chômage a explosé, avec plus de 90 % de la population en âge de travailler à Gaza au chômage, selon le rapport.
Dans le même temps, des centaines de milliers d’emplois ont été perdus dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés, entraînant une perte cumulée de 2,8 milliards de dollars de revenus du travail.
Le PIB par habitant de Gaza s’élevait l’année dernière à 212 dollars (0,58 dollar par jour), soit une baisse de 83 % depuis 2022, précise le rapport.
Une autre évaluation réalisée par la Banque mondiale, l’Union européenne et l’ONU a estimé les dégâts causés aux infrastructures matérielles de Gaza à 35,2 milliards de dollars et les pertes économiques et sociales à 22,7 milliards de dollars début 2026, tandis que le coût estimé de la reconstruction, qui s’élève à 71,5 milliards de dollars, est «susceptible d’augmenter», selon la CNUCED.
Le logement représente la plus grande part des dégâts et des besoins en matière de reconstruction à Gaza, tandis que plus de la moitié des hôpitaux et des cliniques restent hors service, et moins de 1,5 % des terres cultivables sont encore accessibles et intactes.
Le rapport indique que les dégâts nécessitent une « aide financière et technique internationale à grande échelle » pour rétablir l’agriculture, l’industrie, le bâtiment, l’énergie et la technologie, et appelle à transférer les recettes palestiniennes retenues, à préserver le système bancaire et à adapter l’aide à la reconstruction à l’ampleur avérée des dégâts, en tant que priorités immédiates.
Israël retient des fonds alors que la Cisjordanie est en crise
Israël a retenu les transferts de recettes douanières, collectées pour le compte du gouvernement palestinien en vertu du Protocole de Paris (un accord dont le rapport souligne qu’il a « expiré depuis plus de 27 ans »), de mai 2025 à mi-2026.
Les retenues cumulées et les recettes non versées entre 2019 et mars 2026 ont dépassé 3,67 milliards de dollars, soit 83 % du total des recettes nettes palestiniennes en 2025.
Le déficit budgétaire de l’Autorité palestinienne pour 2025 atteignant 13 % du PIB, la pression budgétaire pèse lourdement sur les services essentiels : les arriérés dans le secteur de la santé ont atteint 1,1 milliard de dollars fin 2025, menaçant les hôpitaux et les fournisseurs de produits pharmaceutiques, tandis que la pénurie de ressources a contraint les écoles de Cisjordanie à limiter l’enseignement en présentiel à trois jours par semaine.
La dette publique a atteint 4,8 milliards de dollars, l’exposition du secteur bancaire au secteur public s’élevant à 5,3 milliards de dollars, soit 42 % de l’ensemble des prêts bancaires.
« L’effondrement du système n’est plus une simple hypothèse théorique », avertit le rapport.
« Les banques pourraient bientôt se trouver dans l’incapacité de maintenir les flux commerciaux essentiels, notamment en matière de carburant, d’eau et de médicaments ; la stabilisation du système financier et la mise en place d’un cadre durable pour les paiements transfrontaliers constituent donc une priorité urgente. »
Par ailleurs, le rapport fait état d’une restriction de l’accès des Palestiniens à leurs terres dans le contexte de l’expansion des colonies : 38 communautés ont été vidées de leurs habitants depuis 2023 et le nombre de déplacements enregistrés au premier trimestre 2026 dépasse déjà celui de l’ensemble de l’année dernière.
Traduction : JB pour l’Agence Média Palestine
Source : Al Jazeera



