
- Sir Gerald Kaufman
Membre du Parlement britannique
Labour Party
circonscription de Manchester Gorton
Selon moi, Israël est un État voyou qui commet des crimes de guerre. C’est un État agresseur qui a envahi le Liban plusieurs fois et qui retient une partie de la Syrie illégalement, mais, bien qu’il soit le quatrième pays le plus puissamment armé au monde, il n’a pas gagné une guerre véritable depuis 45 ans, depuis 1967.
Son attaque meurtrière actuelle contre Gaza, avec ses autres violences, sous-documentées, contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée, est la dernière d’une série de ces agressions criminelles. Comme pour les précédentes, il s’agit de tuer beaucoup d’enfants, de femmes et d’hommes innocents, et de provoquer aussi des dommages effroyables. Comme les précédentes, celle-ci échouera.
Israël est une démocratie, indubitablement. Mais une démocratie qui commet des crimes de guerre n’en est pas moins un criminel de guerre. Il a un gouvernement exceptionnellement à droite, avec un ministre des Affaires étrangères ouvertement raciste. Ce gouvernement a pris ses fonctions après avoir été élu. Cela veut dire que l’électorat israélien est complice des crimes de guerre de son gouvernement.
Le casus belli pour ce dernier assaut israélien, ce sont les roquettes, primitives et imprécises mais elles existent, ciblées par le Hamas sur le sud et le centre d’Israël. Le Hamas est une organisation odieuse, dont je ne tolère pas les pratiques, comme je l’ai souligné à son Premier ministre quand j’ai conduit une délégation internationale de 60 parlementaires de 13 pays européens à Gaza il y a deux ans. Son gouvernement est, cependant, une entité légale, élue lors d’une élection légitime, comme certifié par les observateurs internationaux : une élection bien plus légitime que celle qui a mis George W Bush à la Maison-Blanche en 2000.
C’est le refus de la communauté internationale de traiter avec le gouvernement Hamas qui a contribué à ce que le Hamas commette des actes agressifs. Ces actes agressifs ne représentent qu’une petite proportion des actes agressifs commis par le gouvernement israélien. Tant la communauté internationale que le gouvernement israélien font fi de la maxime prononcée par l’ancien ministre israélien des Affaires étrangères (1966-1974), Abba Eban, qui disait : « Vous faites la paix en parlant avec votre ennemi ». C’est une maxime, observée par les gouvernements conservateurs comme travaillistes en Grande-Bretagne, qui a apporté la paix en Irlande du Nord, après des décennies de terrorisme et de contre-terrorisme.
Aucun pays au monde ne pourrait s’en tirer à si bon compte avec ces massacres, destructions et répressions que le gouvernement israélien a commis et commet encore dans la bande de Gaza et en Cisjordanie : le blocus de la bande de Gaza, les centaines de check-points en Cisjordanie, le mur construit en toute illégalité à l’intérieur du territoire palestinien en Cisjordanie, les colonies juives illégales – où ils sont un demi-million à s’être installés – enchevêtrées de façon presque inextricable en Cisjordanie, la conduite des Palestiniens hors de Jérusalem de sorte que leur population dans cette ville se trouve amputée de façon exponentielle. Le monde ne fait rien au sujet de ces crimes, il se laisse démonter par l’exploitation cynique par Israël de la culpabilité persistante du massacre des juifs dans l’Holocauste.
Le gouvernement israélien croit qu’il peut continuer à échapper à la justice. Cela se peut très bien, pendant un moment. Mais le cas de l’Afrique du Sud, État d’apartheid qui pensait pouvoir définitivement échapper aux conséquences de ses assassinats, montre qu’il n’y a jamais de statu quo. Comme les Grecs le disaient dans les temps antiques : « Panta rhei » – (Τα Πάντα ῥεῖ, qui signifie « Tout coule » dans le sens de « Tout passe »). Le lâche moralisateur de Barack Obama et de l’Union européenne ne soutiendra pas la politique israélienne indéfiniment. La triste réalité est que, quand arrive l’heure des bilans, la solution à deux États, récitée par cœur par les Affaires étrangères occidentales, ne sera plus une option. Ce qu’Israël a semé et est en train de semer, il le récoltera.
20 novembre 2012 –
HuffingtonPost – http://www.huffingtonpost.co.
traduction : JPP



