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Par Stephanie Nebehay

GENÈVE (Reuters) – Israël prive des millions de Palestiniens d’accès régulier à de l’eau potable tout en prélevant des pierres de leurs terres « en ce qui apparaît comme un acte de pillage », a dit lundi un investigateur de l’ONU sur les droits humains.

Michael Lynk, Rapporteur Spécial sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens

Michael Lynk, rapporteur spécial de l’ONU sur les droits humains dans les territoires palestiniens, a dit qu’Israël « continue à étendre ses colonies à plein régime en Cisjordanie, ce que les Nations Unies et de nombreux pays considèrent illégal. Il y a quelque 20 à 25 000 nouveaux colons par an, a-t-il dit.

Il s’adressait au Conseil des droits humains dont le débat a été boycotté par la délégation israélienne pour ce qu’elle considère être un profond parti pris contre elle. « Dans son dernier rapport grotesque, Mr Lynk s’abaisse encore plus bas et (accuse) l’État juif de vol » a dit la mission israélienne à Genève dans une déclaration à Reuters. Elle accuse Lynk d’être un défenseur connu des Palestiniens ».

Les États Unis, principal allié d’Israël, a quitté l’an dernier le forum qui compte 47 membres, l’accusant lui aussi d’une inclinaison anti israélienne.

«À Gaza, la disparition de la nappe phréatique côtière, seule source d’eau potable de la bande de Gaza, et désormais presque inappropriée à la consommation humaine, contribue à une grave crise sanitaire qui touche les deux millions de Palestiniens qui vivent là » a dit Lynk.

Malgré le retrait des colons et de l’armée israéliens de Gaza en 2005, Israël a maintenu un blocus hermétique par air, mer et terre » autour de l’enclave côtière, a-t-il dit.

Un programme de 567 millions de dollars (500 millions €) internationalement soutenu a été monté pour faire face à la grave pénurie d’eau potable à Gaza, par la construction d’usines de désalinisation d’eau de mer, mais des analystes disent que leur réalisation va prendre des années.

« Pour près de cinq millions de Palestiniens vivant sous occupation, la dégradation de leur fourniture d’eau, l’exploitation de leurs ressources naturelles, et l’altération de leur environnement, sont symptomatiques du manque de tout contrôle significatif de leur part sur leur vie quotidienne » a dit Lynk.

En Cisjordanie, des sociétés minières israéliennes extraient quelque 17 millions de tonnes de pierres chaque année, « en dépit de la stricte interdiction faite par le droit international à une puissance militaire de faire une exploitation économique d’un territoire occupé » a dit Lynk.

« La mer morte avec ses abondantes ressources naturelles, dont une partie est en territoire palestinien occupé, est hors de portée de tout développement palestinien, alors que des sociétés israéliennes ont le droit d’extraire ses minéraux par une action qui apparaît comme du pillage » a-t-il ajouté.

Les autorités israéliennes ont dit dans le passé que des sociétés minières israéliennes avaient eu l’ordre de fermer parce qu’elles faisaient courir des risques  de sécurité et environnementaux.

L’ambassadeur palestinien Ibrahim Khraishi a appelé Israël à mettre un terme à ce qu’il a appelé un vol de la propriété palestinienne.

« Israël doit cesser son pillage, ce que fait Israël dans les territoires occupés est très éloigné de ses obligations selon le droit et les traités internationaux » a-t-il dit. « C’est encore plus que de l’apartheid ».

Traduction SF pour l’Agence Media Palestine

Source: Reuters