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Par Tamara Nassar, 16 décembre 2019 

Des chrétiens palestiniens assistent à la cérémonie d’illumination de l’arbre de Noël dans une église de la ville de Gaza le 14 décembre. (Mahmoud Ajjour APA images)

Israël empêche les chrétiens palestiniens de Gaza de célébrer ce Noël à Jérusalem et Bethléem.

Le COGAT [Coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires], le bras bureaucratique de l’occupation militaire d’Israël, a annoncé jeudi qu’il ne délivrerait pas de permis aux chrétiens de Gaza pour voyager en Cisjordanie pendant les fêtes de Noël. 

Israël autorise seulement 100 chrétiens palestiniens de Gaza à sortir par le pont Allenby reliant la Jordanie et la Cisjordanie occupée, à condition qu’ils se rendent à l’étranger et aient plus de 45 ans.

« La limite d’âge bafoue l’esprit de Noël, qui est enraciné dans la famille », a déclaré Gisha, un groupe israélien de défense des droits humains.

Le groupe a qualifié l’interdiction de voyager imposée par Israël aux chrétiens de « violation extrême de la liberté de mouvement et de culte ». 

Dans le même temps, des touristes juifs et chrétiens sont encouragés à venir du monde entier célébrer Hanoucca et Noël, qui coïncident cette année.

Il y a environ 1000 chrétiens palestiniens à Gaza, dont la plupart, selon nos sources, ont demandé un permis pour voyager en Cisjordanie à Noël. 

Gisha a écrit au COGAT le mois dernier, demandant instamment à la bureaucratie d’occupation d’annoncer à l’avance les quotas de permis pour les fêtes de Noël de cette année. Le groupe de défense des droits humains a écrit une lettre au ministère de la Défense d’Israël plus tôt dans le mois lui demandant la même chose.

Alors même que les dates des fêtes sont fixées, Israël annonce typiquement ses quotas de permis à la dernière minute, parfois même après le début d’un congé.

 Gisha qualifie le quota de « petit, arbitraire et limité ». 

Aida Touma-Sliman, un membre palestinien du parlement d’Israël, a aussi incité les autorités israéliennes à « s’abstenir de séparer les familles en accordant des permis à certains membres d’une famille et en les refusant à d’autres, comme cela a été fait les années passées », a affirmé Gisha.

Israël impose d’ordinaire des restrictions d’âge arbitraires sur les Palestiniens pendant le Ramadan et Pâques, empêchant les familles de voyager ensemble, ou les forçant à passer des fêtes séparément.  A Pâques dernier, Israël a modifié sa décision d’empêcher les chrétiens palestiniens de Gaza de se rendre en Cisjordanie occupée, après des critiques internationales. Quelques jours seulement avant les fêtes, les autorités d’occupation avaient annoncé qu’elles laisseraient 300 chrétiens palestiniens sortir de Gaza pour se rendre en Cisjordanie. 

Israël impose aussi typiquement de stricts bouclages sur tous les Palestiniens de Cisjordanie et de la Bande de Gaza occupés pendant les principales fêtes juives. 

Le COGAT donne régulièrement une image fausse de lui-même comme agence « humanitaire », plutôt que ce qu’il est réellement : une armée bureaucratique imposant un régime militaire cruel et arbitraire et des punitions collectives aux millions de personnes sous occupation. Dans cet esprit, le COGAT présente la poignée de permis qu’il accorde comme des « gestes pour les fêtes » donnés en un acte de « bonne volonté ». Mais en agissant comme il le fait, il viole les droits universels à la liberté de mouvement, à la vie de famille et à la liberté de culte, selon Gisha.

Plus tôt ce mois-ci, le COGAT a posté une vidéo sur Twitter documentant le retour d’une relique en bois censée être une partie de la crèche de Jésus à Bethléeem.  La relique avait été envoyée au pape à Rome il y a 1400 ans.

Le COGAT a déclaré que ce retour marquait le début de la saison des fêtes à Bethléem, ajoutant que les « célébrations de Noël sont considérées comme très importantes pour la cité, à la fois économiquement et culturellement ». 

Mais elles ne sont apparemment pas assez importantes pour que les autorités d’occupation israéliennes autorisent les chrétiens palestiniens de Gaza à y assister.

Tamara Nassar est rédactrice adjointe pour The Electronic Intifada.

Trad. CG pour l’Agence Media-Palestine

Source: Electronic Intifada