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Par Ali Abunimah, 27 février 2020

Les manifestants au Pays Basque sont déterminés à faire cesser le rôle du constructeur ferroviaire CAF dans le tramway de Jérusalem qui relie des colonies illégales sur la terre palestinienne occupée (BDS Euskal Herria).

Plus de 70 partis politiques, syndicats et autres groupes du Pays Basque ont signé une déclaration exigeant que le constructeur ferroviaire CAF se retire d’un projet de colonisation massive en Cisjordanie occupée.

CAF, qui est basé dans la région autonome basque d’Espagne, est membre du consortium choisi par Israël pour l’extension du tramway de Jérusalem.

Les groupes disent que cette ligne « enracine l’apartheid israélien » et exigent que CAF « se plie au droit international, se retire du projet de tram de Jérusalem et ainsi de sa complicité dans l’occupation de la Palestine ».

Le projet d’extension de 2 milliards de dollars (1,8 milliards €) est essentiel dans l’effort que fait Israël pour consolider l’emprise de ses établissements coloniaux autour de Jérusalem ; ce projet est vu par les Palestiniens comme un symbole de l’occupation et de l’oppression exercées sur eux.

La construction de colonies dans un territoire occupé est un crime de guerre.

Le bureau de la procureure de la Cour Pénale Internationale a récemment recommandé une enquête officielle sur les crimes de guerre dont Israël est suspecté, les colonies en faisant partie.

Des firmes internationales majeures se sont retirées du processus d’appel d’offres pour l’extension de la ligne de tram, dans le contexte de critiques croissantes à l’aide qu’ils allaient apporter aux crimes internationaux d’Israël, s’en faisant complices. Ce sont notamment le Canadien Bombardier, l’Australien Macquarie et l’Allemand Siemens.

Le Français Alstom s’est aussi retiré après avoir conclu que s’engager dans le tramway colonial porterait atteinte aux droits humains et serait illégal.

En 2015, Veolia, une entreprise française du domaine des infrastructures a aussi été forcée de cesser de jouer le rôle qu’elle tenait depuis longtemps dans le tram colonial, après une campagne internationale soutenue.

Mais CAF, avec son partenaire israélien, l’entreprise de construction Shapir, est resté dans la course et a gagné le contrat du projet d’extension.

Shapir figure sur la liste récemment publiée par l’ONU des compagnies complices de la colonisation illégale d’Israël sur la terre palestinienne.

Noter que les travailleurs de CAF se sont constamment opposés à l’engagement dans le projet.

Sept syndicats se sont joints au grand nombre de partis et de groupes de défense de la justice sociale et environnementale qui appuient la demande faite à CAF de se retirer.

« Le fait que plus de 70 organisations très diverses de la société civile ont signé notre déclaration montre à quel point le consensus est fort au Pays Basque pour que CAF mette fin à sa complicité avec les crimes de guerre d’Israël dans le territoire palestinien occupé » a dit Ester Muñoz de la coalition CAF Descends du Train de l’Apartheid d’Israël.

« Nous ne cesserons pas jusqu’à ce que CAF se retire du train de l’apartheid d’Israël ».

L’Espagne a régulièrement condamné les colonies israéliennes, les qualifiant « d’illégales en droit international ».

En janvier, le Parti socialiste d’Espagne a formé une coalition de gouvernement avec le parti de gauche Podemos.

Le nouveau gouvernement doit aller au-delà d’une condamnation verbale des crimes d’Israël en s’engageant dans une action effective. Insister pour que CAF se retire du projet de tram de Jérusalem enverrait le bon signal.

Traduction : SF pour l’Agence Média Palestine

Source : The Electronic Intifada