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Par Yumna Patel, 15 mars 2020

Des groupes de défense des droits expriment leur préoccupation quant à la dernière initiative prise par Benjamin Netanyahou, Premier Ministre israélien, pour affronter l’épidémie de coronavirus dans le pays : il s’agit d’utiliser la technologie de la surveillance et de la lutte « antiterroriste ».

Netanyahou a fait cette annonce samedi [14 mars] dans le contexte d’une série de mesures mises en œuvre par le gouvernement pour bloquer l’activité du pays, le nombre de cas confirmés de COVID-19 ayant dépassé la barre des 200.

Selon les médias israéliens, Netanyahou compte utiliser la « géolocalisation cellulaire », entre autres formes de surveillance, pour retracer les déplacements de patients dont le test s’est avéré positif pour le virus et veiller à ce qu’ils n’enfreignent pas les consignes de confinement.

Selon Haaretz, Netanyahou a décrit le coronavirus comme un « ennemi invisible », et promis d’utiliser « tous les moyens… technologiques, numériques, et autres que j’ai jusqu’à ce jour évité d’utiliser envers la population civile » pour mettre fin à la propagation du virus.

Si Netanyahou a reçu sans tarder le soutien du Procureur général, du ministère de la Justice et du Shin Bet (le service israélien de renseignement intérieur), des groupes de défense des droits ont souligné que cette décision soulève de graves inquiétudes en matière de vie privée et de violations des libertés individuelles.

« Surveiller et suivre à la trace les personnes 24 heures par jour, 7 jours par
semaine— leur localisation, leurs appels, leur caméra, leurs écouteurs — sous prétexte d’empêcher la transmission et la propagation de l’infection constitue une violation du droit des personnes à la vie privée
» a déclaré 7amleh, le Centre arabe pour le progrès des médias sociaux.

Cette organisation a averti qu’Israël commettait peut-être en ce moment « des violations massives des droits numériques », et a insisté pour que « toute surveillance soit effectuée de façon à ce que les droits des personnes soient protégés et qu’Israël respecte ses obligations d’assurer la protection des droits humains des personnes, notamment les droits numériques ».

Étant donné le caractère sensible des données numériques, 7amleh a exhorté les autorités compétentes à « s’en tenir strictement au fondement juridique de ces activités et veiller à ce que la vie privée soit respectée et à ce que la quantité d’information la plus faible possible soit collectée afin de réduire la divulgation de données ».

7amleh souligne qu’Israël viole depuis longtemps les droits des Palestiniens en Cisjordanie occupée, à Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza en recourant à la surveillance numérique, sous prétexte d’« anti-terrorisme » et de mesures de « sécurité ».

« Cela montre que des politiques et des pratiques oppressives élaborées et utilisées dans le contexte de l’occupation finissent par être utilisées par la puissance occupante contre ses propres citoyens », affirme l’organisation.

Depuis que le premier cas de coronavirus a été détecté en Israël il y a trois
semaines, le nombre de cas a atteint 213 [à la date de rédaction de l’article], deux patients au moins étant dans un état grave et 11 dans un état moyen, selon le ministère de la Santé.

Au cours de ces dernières semaines, le pays a fermé des écoles, des universités, interdit les réunions ou rassemblements publics de plus de 10 personnes, imposé à tous les cafés et restaurants de baisser leurs rideaux, et supprimé temporairement l’accès à des lieux saints comme l’esplanade de la Mosquée Al Aqsa.

La semaine dernière [le 9 mars], Israël a imposé une quarantaine de 14 jours à toutes les personnes entrant dans le pays, qu’il s’agisse d’étrangers ou d’Israéliens.

Israël a également empêché l’accès à Bethléem, où 37 cas de coronavirus ont été confirmés à ce jour.

Traduction : SM pour l’Agence Média Palestine

Source : Mondoweiss