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Par Yumna Patel, le 16 juillet 2020

« Hébron est en crise en ce moment, et cet hôpital nous aurait réellement aidés » dit le maire d’Hébron, Tayseer Abu Sneineh, à Mondoweiss.
« Mais l’occupation s’en moque ».
Des jeeps israéliennes arrivent à l’hôpital de campagne juste à l’entrée de la ville d’Hébron. (Photo : Ma’an News)

Chaque jour qui passe, la situation continue d’empirer dans le district d’Hébron, au sud de la Cisjordanie occupée.

Le district, qui est le plus grand de la Cisjordanie, est devenu l’épicentre d’une deuxième vague de l’épidémie de coronavirus, avec plus de 5300 cas enregistrés, soit 62 % du total des cas en Palestine.

Depuis des semaines, le maire d’Hébron, Tayseer Abu Sneineh, tente de trouver des solutions pour aider sa communauté à combattre le virus, alors que les hôpitaux de la ville sont remplis et que les travailleurs de la santé sont débordés.

Aussi, lorsqu’un habitant d’Hébron s’est adressé au maire pour lui donner une parcelle de terre afin d’y construire un hôpital de campagne local, Abu Sneineh s’est immédiatement mis au travail.

« Nous avons réuni des fonds reçus de donateurs locaux et nous avons immédiatement commencé les travaux pour l’hôpital de campagne » dit Abu Sneineh, ajoutant que la parcelle de terre était située juste à l’extérieur de l’entrée de la ville d’Hébron, près d’une intersection qui conduit à la Route 60, une route coloniale importante de la Cisjordanie.

« Nos hôpitaux sont submergés par les personnes atteintes du COVID-19 » dit Abu Sneineh. « Nous avons pensé qu’à l’entrée de la ville, ce serait parfait, car il sera accessible aux habitants de la ville comme à ceux de ses environs ».

Mais au début de cette semaine, quelques jours seulement après le début des travaux de construction de l’hôpital de campagne, plusieurs jeeps de l’armée israélienne se sont arrêtées à côté de la structure de la charpente de l’hôpital.

« Les soldats ont remis un avis aux ouvriers, disant que le propriétaire du terrain avait quatre jours pour apporter la preuve qu’il possédait bien le permis de construire, et que, sinon, il nous faudrait démolir la structure » dit Abu Sneineh, ajoutant qu’il sera presque impossible d’obtenir un permis de construire auprès d’Israël dans un délai aussi court.

« Ils nous ont dit que nous construisions illégalement, alors qu’il s’agit d’un terrain palestinien privé » dit Abu Sneineh.

« Nous sommes en pleine crise mondiale » continue-t-il. « C’est une situation d’urgence, vous pourriez penser qu’ils montreraient quelque empathie, ou qu’ils donneraient aux gens une certaine liberté de manœuvre, mais ça ne les intéresse pas ».

Avec cet ordre concernant l’hôpital de campagne d’Hébron, ce n’est pas la première fois que l’armée empêche les Palestiniens de répondre à l’urgence du COVID-19 dans le territoire occupé.

En mars, au milieu de la première vague du virus, des soldats israéliens ont démantelé un hôpital de campagne alors en construction dans la vallée du Jourdain, qui était installé afin de pouvoir faire face au coronavirus.

« Cela montre clairement qu’Israël se moque de la vie des Palestiniens » dit Abu Sheineh. « Ils ne peuvent même pas nous laisser notre droit fondamental à nous protéger contre les maladies afin de traiter notre population contre le coronavirus ».

« Hébron est en crise en ce moment, et cet hôpital nous aurait réellement aidés » dit-il. « Mais l’occupation s’en moque ».

Traduction : BP pour l’Agence Média Palestine

Source : Mondoweiss