Des militants de la région de Chicago ont bloqué une usine d’armes impliquée dans le génocide de Gaza

« Nous avons été arrêtés pour rassemblement illégal parce que nous avons fermé toutes les routes menant à l’usine Woodward à Niles. L’usine qui est responsable de la fabrication d’ailerobs attachés aux bombes larguées sur Gaza et en Palestine », a déclaré Yolanda J., une manifestante, à Mondoweiss, « Je ne le regrette pas et je le referai. »

Par Khadija Quadri Al Jilani, le 8 février 2024

Des manifestants bloquent l’usine de fabrication Woodward MPC à Niles, dans l’Illinois, le 7 février 2024. (Photo : Instagram/@jeegheel)

Des militants ont bloqué l’usine de fabrication de Woodward MPC à Niles, dans l’Illinois, le mercredi 7 février, pour protester contre le rôle de l’entreprise dans le génocide en cours à Gaza.

Woodward est responsable de la création de pièces de l’équipement de guerre et de bombes qui ont été larguées sur Gaza. Sur son site Internet, Woodward indique qu’elle fournit « des solutions de contrôle et d’actionnement pour des missiles de supériorité aérienne et de défense aérienne, des missiles d’attaque directe, des bombes et roquettes guidées, des missiles antinavires, des obus d’artillerie et de mortier guidés, des véhicules hypervéloces, des missiles d’entraînement et cibles, ainsi que les boosters de lancement ».

La manifestation a débuté à 6 heures du matin lorsque les militantes et militants ont bloqué quatre entrées du site de Woodward, y compris trois intersections y menant.

Des manifestants bloquent l’usine de fabrication de Woodward MPC à Niles, dans l’Illinois, le 7 février 2024. (Photo : Instagram/@jeegheel )

Rifqa F., militante de Direct Actions for Palestine, a déclaré à Mondoweiss : « Nous sommes ici – plus de 100 Palestinien.nes, Arabes ainsi que nos allié.es – sur le site de Woodward à Niles, parce que ce site crée les ailerons et a un contrat avec Boeing qui crée et fabrique les bombes qui sont en train de tuer 27 000 Palestiniens à Gaza ». Mahmoud A., un militant du même groupe, a ajouté : « Les jeunes Palestiniens, leurs alliés et les membres de la communauté exigent que Woodward mette fin à son contrat avec Boeing et à son contrat avec Israël, nous exigeons également un cessez-le-feu permanent et inconditionnel dès maintenant, et une Palestine libérée, de la rivière à la mer. »

Woodward a fait l’objet d’une attention publique après qu’une image partagée sur les réseaux sociaux montrant une partie d’un missile trouvé à Gaza a montré qu’il avait été fabriqué par Woodward. Comme l’explique Mark Fraunfelder dans Boing Boing, l’entreprise a fermé les comptes de ses réseaux sociaux par la suite et n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

Photo partagée sur les réseaux sociaux d’une partie d’un missile trouvé à Gaza montrant qu’il a été fabriqué par Woodward. (Photo : Twitter/tnega74)

Les manifestants ont formé des lignes à chaque point de blocage et se sont attachés les bras les uns aux autres à l’intérieur de tuyaux en PVC. Les forces de l’ordre ont informé les manifestants qu’elles leur feraient deux avertissements avant d’utiliser leur équipement pour couper les tuyaux en PVC, puis d’arrêter les manifestants.

Vers 9h30, les manifestants qui bloquaient l’intersection entre North Caldwell et Howard ont commencé à être encerclés par un large cercle d’agents anti-émeutes accompagnés de chiens K-9, munis d’équipements pour couper les tuyaux et procéder à des arrestations par fermeture éclair. Les agents ont bloqué tous les autres militants et leur ont demandé de rester sur les trottoirs sous peine d’être arrêtés.
Pendant l’heure qui a suivi, les forces de l’ordre ont continué à couper les tuyaux et défaire toutes les formes de câblage et d’équipement à l’intérieur des tuyaux de chaque manifestant attaché aux autres. Chaque manifestant a ensuite été ligoté et arrêté par un officier, et emmené dans un camion de police.

À la suite des arrestations qui ont eu lieu au carrefour de North Caldwell, les forces de l’ordre se sont rendues au second carrefour de N. Croname et Howard Street, où un manifestant, les bras liés par du PVC, a déclaré à Mondoweiss : « Nous sommes ici pour exiger que Woodward mette fin à son contrat avec Boeing et arrête d’armer le génocide israélien contre les Palestiniens. Nous sommes loin, il est donc facile de penser que nous ne pouvons rien faire, mais c’est grâce à l’argent de nos contribuables, c’est grâce à nos entreprises. Le fonctionnement de notre pays est tout aussi coupable. C’est à nous d’arrêter [le génocide] aussi. »

Une manifestante bloque l’usine de fabrication de Woodward MPC à Niles, dans l’Illinois, le 7 février 2024. (Photo : Instagram/@jeegheel)
Un groupe d’officiers de la police anti-émeute attendant de procéder à des arrestations à l’extérieur de l’usine de fabrication de Woodward MPC à Niles, dans l’Illinois, le 7 février 2024. (Photo : Instagram/@jeegheel)

Au bout d’une heure, les forces de l’ordre se sont rendues à la troisième intersection, celle de l’avenue Merrimac et de la rue Howard. Cette fois, les manifestants ont dansé dans un cercle de dabke, une danse palestinienne, tandis que les policiers s’approchaient d’eux et procédaient à nouveau à leurs sommations.

Au total, 36 manifestants ont été arrêtés et des appels à l’action ont été lancés sur les réseaux sociaux, demandant que des appels urgents soient passés au service de police de Niles pour exiger leur libération. Un groupe d’activistes et d’alliés a attendu dans le parking que les manifestants soient relâchés au cours des prochaines heures. Vers 15h30, il a été confirmé que tous les manifestants avaient été relâchés.

Des manifestants bloquent l’usine de fabrication Woodward MPC à Niles, dans l’Illinois, avec la police anti-émeute en arrière-plan, attendant d’arrêter les activistes, le 7 février 2024. (Photo : Instagram/@jeegheel)

La manifestante Yolanda J. a déclaré à Mondoweiss : « Nous venons d’être libérés il y a environ vingt et trente minutes du poste de police de Niles. Nous avons été arrêtés pour rassemblement illégal parce que nous avons fermé toutes les routes menant à l’usine Woodward à Niles. C’est cette même usine qui fabrique les ailerons des bombes larguées sur Gaza et en Palestine. »

« C’était une action vraiment nécessaire. Nous faisions partie de la ligne de front (première intersection) d’un groupe appelé Jenine, qui est le bastion de la résistance au Moyen-Orient et en particulier en Palestine, et c’était un honneur de faire partie de ce groupe – de soutenir notre peuple et de lui apporter la justice qu’il mérite, ou en tout cas de stopper le business as usual. Et pour être très honnête, peu de gens sont entrés au travail dans l’usine et peu de gens en sont sortis, donc notre travail a été couronné de succès. »

« Nous avons réussi à faire fermer l’entreprise de fabrication d’armes Woodward, et oui, nous avons été arrêtés. C’était quelque chose qu’il fallait absolument faire, et c’était pour notre peuple en Falasteen. En général, se faire arrêter n’est pas la meilleure solution, mais lorsque vous êtes la bête noire, vous n’avez pas beaucoup d’options, et notre seule option – celle que nous avons suivie – était de nous faire arrêter, et je ne le regrette pas, et je le referai. »

Khadija Quadri Al Jilani est écrivaine, photographe et étudiante en sociologie.

Source : Mondoweiss

Traduction SLD pour l’Agence Média Palestine

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