Par l’Agence Média Palestine, 23 avril 2025
Une délégation de 27 élue.s et parlementaires français.es qui avaient prévu de se rendre en Israël et dans les territoires palestiniens occupés a été interdite d’entrer par le gouvernement israélien 48H avant leur départ.

Photo: Agence Média Palestine
Lors d’une conférence de presse organisée le 22 avril au CICP à Paris, ils ont dénoncé l’arbitraire de cette décision et le silence du gouvernement français qui perdure jusqu’à ce jour malgré leur interpellation.
Cette délégation qui répondait à l’invitation du Consulat français à Jérusalem était organisée par l’AJPF, l’Association de jumelage entre des villes françaises et des camps de réfugiés Palestiniens.
L’ambassade d’Israël en France, dans un communiqué ci-dessous en date du 21 avril a affirmé à tort que la délégation était à l’initiative de l’AFPS, Association France Palestine Solidarité, principale association de solidarité avec le peuple palestinien en France, a déclaré pour commenter cette décision arbitraire « qu’Israël agit dans le cadre de ses droits, en vertu du droit local et international » (…)

Il y a quelques semaines, c’était une délégation de l’Union européenne composée notamment de la député irlandaise du Sinn Féin Lynn Boylan et la député LFI Rima Hassan qui avaient également été interdite d’entrée, alors même que la mission avait été validée par le ministère des affaires étrangères.
Charlotte Blandiot-Faride, maire de Mitry-Mory (77) et présidente de l’AJPF, s’est interrogée sur le silence des autorités françaises 5 jours après l’interdiction par le gouvernement israélien :
« C’est l’État français qui est humilié, nous demandons que la présidence de la république prenne des mesures, sinon des sanctions », commente l’élue.
« Le gouvernement israélien refuse notre entrée parce que nous aurions été les témoins du droit international qu’ils sont en train de bafouer ». A partir du moment où le droit international est piétiné, il l’est pour nous tous et pour notre avenir. »
Marianne Margaté, sénatrice communiste de Seine et Marne poursuit :
« Nous sommes en colère parce que nous n’avons pas pu exercer notre droit de parlementaires, mais nous sommes aussi déterminé.e.s à donner un écho politique et médiatique à cette délégation qui s’est trouvée avortée»… « Le bâillon aujourd’hui vise à nous empêcher de parler, d’écrire un autre récit que celui qui nous est proposé par le gouvernement israélien.
Mais ce bâillon n’est pas pour tout le monde, on a vu Jordan Bardella et l’extrême droite française accueilli à bras ouvert en Israël. »
François Ruffin, également membre de cette délégation, rappelle quant à lui que « Cela fait 35 ans que cette délégation est organisée et c’est la première fois qu’elle essuie un refus d’entrer, c’est inédit ».
Ali Rabeh, maire de Trappes rappelle l’importance de ces échanges au niveau des municipalités:
« La diplomatie des villes est parfois plus active que la diplomatie d’État. Il est important que les villes poursuivent leur échanges sur le terrain, nous en avons été empêchés.
Au moment ou je vous parle, je devais être avec la délégation dans le camp de réfugiés de Fawwar dans la région d’Hébron qui devait être jumelée avec la ville de Trappes. Nous sommes plus que jamais déterminés à poursuivre, à accueillir des délégations palestiniennes et à faire vivre le dialogue entre les peuples par la base, par les communes et les populations directement »
Olivier Sarrabeyrouse, maire de Noisy-le-Sec renchérit: « les élu.e.s sont encore trop peu nombreux . Nous sommes ancrés dans les territoires et nous sommes la garantie de travailler avec les populations.«
La délégation a annoncé poursuivre sa mobilisation pour exiger des différentes autorités françaises – Président de la République, Gouvernement français, Président du Sénat, Présidente de l’Assemblée nationale – qu’elles prennent clairement position contre cette interdiction et le maire d’Allones Gilles Leproust a annoncé que les maires concerné.es allaient également interpeller le président de l’Association des maires de France (AMF).



