Gaza, jour 597 : un nouveau massacre israélien dans une école abritant des réfugiés

Point sur la situation à Gaza où Israël accélère encore le rythme de ses attaques, alors que le terrible décompte des Palestinien·nes assassiné·es depuis le 7 octobre approche des 54 000.

Par l’Agence Média Palestine, le 26 mai 2025



Israël tue plus de 50 Palestiniens en quelques heures

L’armée israélienne affirme que son armée de l’air a attaqué plus de 200 cibles dans la bande de Gaza au cours des deux derniers jours. Depuis l’aube de ce lundi 26 mai 2025, Israël a assassiné plus de 50 Palestinien·nes, et le bilan continue d’augmenter alors que des corps sont extraits des décombres et que d’autres frappes sont rapportées.

Le premier massacre de cette journée a eu lieu dans une école transformée en refuge pour personne déplacé·es. Plus de 33 Palestinien·nes ont été tué·es, brûlé·es vif·ves, dont 18 enfants. L’attaque a eu lieu alors que les familles réfugiées dans l’école, « plusieurs centaines de personnes » selon les survivant·es, dormaient encore. Sur des images vidéo diffusées par Al Jazeera, on peut voir une enfant errant seule parmi les flammes, et des personnes à l’extérieur essayant désespérément de briser les fenêtres.

Lors d’une autre attaque contre une maison résidentielle dans la ville de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, 19 membres d’une même famille, la fammile Abd Rabbo, ont été tué·es. Un campement de tentes situé à proximité, dans la ville de Gaza, a également été pris pour cible, selon des informations non confirmées à cette heure, faisant six mort·es.

L’armée israélienne a émis de nouveaux ordres d’évacuation, notamment en direction de la ville de Khan Younis dans le sud de Gaza : « évacuez immédiatement vers l’ouest, vers la région de Mawasi », indique l’alerte. Les zones désignées comme « sûre » par l’armée israéliennes se réduisent et sont régulièrement la cible d’attaques, conduisant de nombreux défenseurs des droits humains à affirmer qu’à Gaza, « aucune zone n’est sûre » pour les 2,3 millions de civils assiégés par Israël.

Le bureau des médias de Gaza a dénoncé ce matin qu’Israël prenait « délibérément et systématiquement » pour cible des abris et des centres pour personnes déplacées « en violation flagrante de toutes les lois internationales et humanitaires, et dans le but manifeste de faire le plus grand nombre possible de victimes civiles ».

L’intensification incessante de la brutalité d’Israël soulève de plus en plus de critiques internationales, conduisant jusqu’au chancelier allemand Friedrich Merz à déclarer ce matin : « Je ne comprends plus ce que fait l’armée israélienne dans la bande de Gaza, dans quel but la population civile est touchée à un tel point ». L’Allemagne a pourtant été un fidèle défenseur des opérations d’Israël, et réprime sévèrement la parole de solidarité avec la Palestine dans ses rues.

La famine orchestrée

Alors que les Gazaoui·es souffrent de la famine et que plusieurs dizaines d’entre elles et eux en sont décédé ·es la semaine passée, la Gaza Humanitarian Foundation (GHF) a déclaré dans la nuit qu’elle commencerait à acheminer des fournitures dans la bande de Gaza aujourd’hui, malgré les vives critiques soulevées par l’ONU et un tollé général parmi les organisations humanitaires.

Cette fondation est accusée d’avoir été créée dans le seul but d’appliquer un plan pour contrôler l’aide humanitaire à Gaza, et accélérer le processus de nettoyage ethnique. Le plan, élaboré par les autorités israéliennes en novembre et approuvé par les ministres ce mois-ci, prévoit que le GHF remplace le système de coordination géré par l’ONU par un cadre militarisé contrôlé par les forces israéliennes, des entrepreneurs privés américains et des drones.

Dans le cadre du nouveau système, des centaines de sites de distribution d’aide actuellement gérés par des agences humanitaires seront remplacés par seulement quatre centres gérés par le GHF. Les civils palestiniens devraient se soumettre à un contrôle biométrique pour recevoir de la nourriture. Trois centres à Rafah et un dans le centre de Gaza couvriraient environ 60 % de la population, laissant sans accès environ un million de Palestiniens dans le nord de Gaza.

Outre le blocage systématique des camions aux frontières, Israël a détruit à Gaza les capacités de production, rendant les Palestinien·nes dépendant·es de l’aide humanitaire. Une étude publiée aujourd’hui par l’ONU atteste que moins de 5% des terres agricoles de l’enclave sont encore cultivables. La destruction des terres mais aussi des infrastructures agricoles et d’acheminement de l’eau, de même que la pollution des nappes phréatiques due aux bombardements incessants, ont mené à « l’effondrement du système agroalimentaire et des moyens de subsistance de Gaza », affirme l’étude.

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