Dix jours après les attaques d’Israël en Iran, Gaza compte toujours ses morts. Les tueries continuent jour après jour, pendant que les médias mainstream ont les yeux rivés sur le nouveau champ de bataille ouvert par Israël sur le territoire de la République islamique.
Par l’Agence Média Palestine, le 23 juin 2025

Le bilan humain continue de s’alourdir dans l’enclave palestinienne. Si Israël a ouvert un nouveau front militaire contre l’Iran, Netanyahou n’en a pas pour autant terminé avec sa mission génocidaire dans la bande de Gaza. Des sources médicales ont annoncé un nouveau bilan ce lundi 23 juin, au 626ème jour de génocide : 55.998 morts depuis le 7 octobre 2023, et plus de 131.000 blessés.
Il faut aussi rappeler que de nombreuses victimes sont toujours bloquées sous les décombres dans les zones ciblées par les bombes de l’occupant.
Les bombardements israéliens tuent encore et encore
Au moins 21 personnes ont été tuées ce lundi 23 juin par des frappes de l’aviation israélienne sur la bande de Gaza d’après l’agence de presse palestinienne Wafa. Plusieurs des personnes tuées se rendaient à proximité des centres d’aide humanitaire devenus de véritables charniers. Quatre personnes sont mortes en marge de ces bombardements près de Jabalia al-Balad, dans le nord de la bande de Gaza, où une maison a été ciblée par l’aviation du régime de Netanyahou.
Hier aussi 6 personnes ont été assassinées alors qu’elles essayaient de se procurer de la nourriture dans un des centres d’aides gérés par la GHF (Fondation humanitaire de Gaza), l’organisation privée soutenue par Israël et les Etats-Unis. Ces assassinats portent le bilan de “la bataille du pain” à 467 morts et plus de 3600 blessés. Ces morts correspondent à toutes les personnes tuées alors qu’elles tentaient d’accéder à un des centres de distribution de la GHF, un mois à peine après le lancement de cette nouvelle méthode de distribution par Israël.
Cette nouvelle organisation continue d’être pointée du doigt. Et pour cause, de nombreux Palestiniens ont le sentiment d’aller à l’abattoir lorsqu’ils se rendent à ces distributions. Le Los Angeles Times a recueilli le témoignage de certains d’entre eux : “C’est une course mortelle. Le plus rapides, le plus forts, les plus chanceux, ceux-là survivront peut-être, ils atteindront peut-être la nourriture” raconte Mohammed Al-Shaqra, un homme gazaoui d’une trentaine d’années. “On a l’impression d’être des animaux, on fait la course pour de l’aide alimentaire comme si nos vies en dépendait, et c’est le cas”.
Gaza asphyxiée par le blocus
“Il n’y a pas assez d’eau potable à Gaza. Les puits ne sont plus alimentés ou dans des zones inaccessibles car trop dangereuses. Les enfants font la queue pour des camions d’eau qui n’arrivent jamais”. Ces mots prononcés par un responsable du bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU décrivent bien le drame en cours à Gaza, qui s’aggrave semaine après semaine. La seule source d’aide à l’intérieur de l’enclave est aussi synonyme de mort, et l’appareil de santé de la bande de Gaza continue de se déliter sous les effets du blocus et des bombardements.
D’après l’UNICEF, 110 enfants sont admis en moyenne chaque jour dans les hôpitaux pour des cas de malnutrition depuis le début de l’année 2025. Dans le même temps, les services médicaux gazaouis annonçaient hier que les ambulances ne circuleraient plus de la journée dans Gaza City, en raison du manque de carburant provoqué par le blocus israélien.
Des conséquences qui ont un impact direct sur la population palestinienne dans la bande de Gaza. D’après le docteur Ahmed El-Farra, responsable du département de pédiatrie et de la maternité du complexe médical Nasser (Khan Younès), 500 patients et blessés sont morts à cause des retards de transferts médicaux induits par le blocus israélien. Une situation intolérable pour le chef de service qui dénonce ces attaques délibérées contre le système de santé à Gaza : “d’après le droit international, chaque patient a le droit de se déplacer pour obtenir une prise en charge médicale, mais l’occupation continue de violer ces droits en toute impunité”.
Au milieu des morts, des opérations localisées parviennent à redonner un peu d’espoir. Une famille bloquée dans le sud de la bande de Gaza depuis 37 jours a été secourue hier par le Croissant rouge palestinien et transférée à l’hôpital d’Al-Mawasi. Les six membres du foyer reçoivent actuellement une prise en charge médicale et psychologique.



