Point sur la situation à Gaza, alors que les massacres quotidiens aux alentours des points de distribution de la GHF ont assassiné plus de 549 Palestinien·nes, et que l’armée israélienne poursuit ses bombardements quotidiens, aveugles et sans avertissement.
Par l’Agence Média Palestine, le 27 juin 2025

À l’heure où nous rédigeons cet article, en cette fin de matinée du 27 juin, Israël a assassiné au moins 26 Palestinien·nes depuis l’aube. Les correspondant·es de l’agence de presse palestinienne WAFA rapportent 8 civil·es tué·es par des bombardements israéliens à proximité d’une école dans le quartier de Tuffah, à l’est de la ville de Gaza, ainsi que de nombreux·ses blessé·es. Dans le sud de la bande de Gaza, l’armée israélienne a ouvert le feu sur un rassemblement de civil·es à proximité du point de distribution alimentaire de la Gaza Humanitarian Foundation, tuant 6 Palestinien·nes. Au moins deux autres personnes ont été assassinées lors d’une frappe aérienne ciblant une tente au plein cœur du campement de réfugié·es d’Al Mawasi.
L’agression israélienne en cours contre Gaza depuis octobre 2023 a fait jusqu’à présent au moins 54 249 morts palestiniens et plus de 123 492 blessés. On craint que des milliers de victimes soient prises au piège sous les décombres, inaccessibles aux équipes d’urgence et de défense civile en raison des attaques israéliennes. Ce bilan risque également d’être alourdit par les décès liés aux maladies et à la famine qui découlent du blocus israélien en cours et de la destruction par l’armée israélienne des infrastructures sanitaires et de soin.
Les attaques génocidaires d’Israël se poursuivent pourtant sans relâche, malgré les appels du Conseil de sécurité des Nations unies à un cessez-le-feu immédiat et les directives de la Cour internationale de justice exhortant à prendre des mesures pour prévenir le génocide et atténuer la situation humanitaire désastreuse à Gaza.
549 victimes du « système GHF »
Depuis la mise en place il y a un mois du nouveau système de distribution d’aide humanitaire, qui donne l’exclusivité de la gestion de celle-ci à la très controversée Gaza Humanitarian Foundation (GFH), plus de 549 Palestinien·nes ont été assassiné·es alors qu’ils et elles tentaient d’obtenir cette aide. À ces meurtres s’ajoutent 4 066 blessé·es raporté·es, et 39 personnes disparues.
Ces massacres sont désormais quotidiens, avec des dizaines de meurtres chaque jour. Les centres de distribution d’aide gérés par la GHF sont généralement installés sur des zones entièrement rasées et à proximité immédiate de positions des forces israéliennes, avec leurs chars, leurs véhicules blindés et leurs tireurs d’élite.
« Fait troublant, les gens ne disposent que de 20 minutes dans les centres d’aide pour se procurer ce qui est disponible, comme des colis alimentaires. Une fois ces 20 minutes écoulées, les tirs commencent souvent. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous voyons un grand nombre de personnes mourir dans ces centres », raconte le journaliste gazaoui Hani Mahmoud.
Selon l’organisation caritative britannique Save the Children, plus de la moitié des victimes des attaques perpétrées près des centres de distribution étaient des enfants. « Personne ne veut recevoir d’aide dans ces centres de distribution, et on ne peut pas leur en vouloir : c’est un arrêt de mort. Les gens ont peur d’être tués », dépore Ahmad Alhendawi, directeur régional de Save the Children pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Europe de l’Est.
Un article paru ce matin dans le quotidien Haaretz révèle, à travers plusieurs témoignages de soldat·es et d’officier·es israélien·nes, que les soldat·es israélien·nes reçoivent l’ordre de tirer sur les foules de civil·es à proximité des centres de distribution « pour les disperser ».
Israël, de son côté, continue de nier la famine qu’il a lui-même orchestrée à Gaza, et d’accuser le Hamas de voler l’aide humanitaire. Les livraisons de ravitaillement de la GHF sont suspendues depuis 48h, alors que le Hamas mais aussi les clans armés de Gaza démentent unanimement la version israélienne.
Des bombardements quotidiens et sans avertissement
Outre ces assassinats répétés dans les centres de distribution alimentaires, Israël poursuit sa campagne génocidaire de bombardements aériens et incursions terrestres ciblées. Mercredi 25 juin, au moins cinq personnes, membres d’une même famille, ont été assassinées dans le bombardement d’une maison à Deir al Balah, dans le centre de Gaza.
« Soudain, sans aucun avertissement préalable, les personnes qui séjournaient et vivaient dans le refuge situé à la station-service al-Shawwa [carburant]… Sans aucun avertissement préalable, l’endroit a été touché », rapporte Ramzi Khaled, un habitant qui a été témoin de la frappe, à l’agence de presse Reuters. « Le plafond s’est effondré. Ils sont tous en morceaux. Environ 12 personnes se trouvaient dans ce bâtiment ; elles sont toutes en morceaux. Nous avons récupéré ce que nous avons pu, trois personnes en morceaux, et nous essayons d’en récupérer d’autres, un martyr et les autres qui se trouvent sous les décombres ».
Au moins 16 Palestinien·nes ont été tué·es mercredi lors de frappes aériennes menées par les forces israéliennes sur plusieurs zones de la bande de Gaza, selon des sources locales. Quinze personnes ont été tuées dans les villes méridionales de Khan Younis et Rafah, à la suite d’intenses bombardements par les forces israéliennes. Un autre habitant a été tué dans la ville de Gaza, après qu’une frappe israélienne a visé des civils dans la rue Al-Thalathini.
Des sources médicales rapportent que les frappes aériennes israéliennes ont tué au moins 62 personnes lors d’attaques distinctes à Gaza pour la seule journée de jeudi, dont neuf dans une école accueillant des familles déplacées dans la banlieue de Sheikh Radwan. Selon le correspondant de WAFA, des avions de combat israéliens ont frappé un véhicule civil dans le quartier d’Al-Mawasi à Khan Younis, tuant cinq personnes. Plusieurs autres personnes ont été blessées dans l’attaque, dont des femmes et des enfants.Quatre civil·es ont été tué·es lors d’une frappe contre un groupe de personnes dans le quartier de Zeitoun, au sud-est de la ville de Gaza, et une femme tuée lors d’un tir d’artillerie dans le quartier d’Al-Tuffah. Trois autres ont été tué·es lors d’une frappe israélienne sur la ville de Jabalia, au nord de Gaza. Une autre frappe a tué neuf personnes près d’un campement de tentes à Khan Younis, dans le sud de l’enclave. Dans le centre de Gaza, un civil a été tué par des tirs d’artillerie israéliens à Wadi As-Salqa, à l’est de Deir al-Balah.
Aujourd’hui encore
Depuis ce matin, Israël a mené plusieurs attaques et tué des dizaines de civil·es. Selon des sources locales, des avions de combat israéliens ont bombardé une tente de fortune abritant des personnes déplacées à Al-Mawasi, à l’ouest de Khan Younis, tuant le Dr Ayman Suleiman Abu Tair et sa nièce Amira Mohammed Abu Tair. Le médecin avait perdu sa femme, ses enfants et sa mère lors de précédentes frappes.
Trois autres Palestinien·nes ont été tué·es dans des attaques de drones contre les quartiers de Bani Suheila et Sheikh Nasser, à l’est de Khan Younis. Parmi eux se trouvait Hamada Mohammed Saleh Al-Aqqad, 23 ans. Une autre personne a été tuée dans un raid aérien israélien distinct visant la ville d’Al-Qarara, au nord de Khan Younis.
Dans le même temps, des sources médicales du complexe médical Nasser ont confirmé qu’au moins 11 corps avaient été réceptionnés dans l’établissement aux premières heures de ce jour, toutes victimes des bombardements israéliens en cours dans le sud de Gaza.
Dans la ville de Gaza, le pêcheur Hassan Ali Maqdad a été abattu par les forces navales israéliennes. Son corps a été transféré au complexe médical Al-Shifa. Plus au nord, les forces israéliennes ont bombardé les quartiers de Shuja’iyya et Tuffah, dans l’est de la ville de Gaza, tout en faisant exploser des robots chargés d’explosifs pour démolir des bâtiments près de la rue Masoud, dans l’est de Jabalia. Dans le centre de Gaza, l’hôpital Al-Awda de Nuseirat a signalé avoir reçu le corps d’un Palestinien et 43 blessés après que des frappes israéliennes ont visé des foules de civils qui attendaient l’aide humanitaire dans la rue Salah Al-Din, au sud de Wadi Gaza.



