Les attaques israéliennes se poursuivent à Gaza, où ont lieux des massacres quotidiens. Point sur la situation en cette fin de semaine, alors que la rapporteuse spéciale des nations unies Reem Alsalem dénonce un génocide touchant particulièrement les femmes et les filles, qui représentent 67% des victimes d’Israël.
Par l’Agence Média Palestine, le 18 juillet 2025

Au moins 30 Palestinien-nes de Gaza ont été assassiné-es par Israël depuis l’aube de ce vendredi 18 juillet, alors que le système de santé décimé de l’enclave assiégée et bombardée, submergé par un afflux quotidien de blessés, oblige les médecins à décider qui soigner en priorité.
« Les missiles des drones sont remplis de clous, de métal et de shrapnel qui explosent à grande vitesse, provoquant des hémorragies internes », explique le correspondant d’Al Jazeera, Hani Mahmoud pour expliquer les blessures qu’il observe à l’hôpital Nasser. « Ces attaques sont de plus en plus fréquentes et visent des personnes dans des foules importantes, sur les marchés ou dans les files d’attente pour l’eau. »
Chaque jour, les massacres se suivent et se perpétuent. Les attaques israéliennes ont tué au moins 61 Palestinien·nes mardi 15 juillet, dont deux dans un centre de distribution alimentaire. Au moins 23 autres personnes ont été tuées, et des dizaines d’autres blessées lors d’une attaque aérienne contre le camp de réfugié-es de Shati, dans le nord de Gaza. Une frappe israélienne a également touché une tente dans la ville de Gaza qui abritait des Palestinien-nes déplacé-es, tuant six personnes, selon l’agence de défense civile.
Au moins 81 Palestinien·nes ont été assassiné·es mercredi 16 juillet au cours de multiples attaques. Le camp de réfugié·e d’Al Mawasi a à nouveau été la cible d’une frappe aérienne israélienne qui a tué au moins neuf personnes. Un enfant a été tué et plusieurs autres Palestiniens-nes ont été blessés lors d’un bombardement israélien sur le camp de réfugiés de Bureij, dans le centre de Gaza. Trois personnes ont été tuées lors d’une frappe aérienne israélienne près de l’école al-Shuhada, au nord de Deir el-Balah, également dans le centre de Gaza. Deux Palestinien-nes ont été tué-es et plusieurs autres blessé-es lors du bombardement israélien de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza.
Les attaques israéliennes à Gaza ont fait 56 morts jeudi, dont des dizaines de personnes venues chercher de l’aide, selon les autorités sanitaires. Les forces israéliennes ont pris pour cible des tentes abritant des Palestinien-nes déplacé-es à al-Mawasi, dans le sud de Gaza, quelques minutes après avoir ordonné aux habitant-es évacué·es de force de Jabalia de s’y rendre, affirmant que la zone serait « sûre ». 90% de la population de Gaza a été déplacée à plusieurs reprises, dont 665 000 personnes depuis mars seulement, avec toujours moins d’accès aux ressources et infrastructures élémentaires.
« Les gens utilisent leurs voitures et leurs ânes pour évacuer, et tous se dirigent vers l’inconnu ; ils ne savent pas où aller », a déclaré Moath al-Kahlout, journaliste d’Al Jazeera. « Ils ont également des difficultés à se déplacer, car il n’y a pas de carburant pour quitter cette zone et d’autres régions. La situation est donc très chaotique. Tous les habitants sont en état de panique. »
Nouvelle scène de chaos à la GHF
Une nouvelle scène de chaos aux abord d’un centre de distribution de la Gaza Humanitarian Foundation (GHF) a provoqué la mort d’au moins 21 personnes mercredi matin. Les sources médicales rapportent un afflux de blessé·es parmi lesquel·les de nombreux·ses enfants.
Sans fournir aucune preuve, la GHF a affirmé que la bousculade avait été provoquée par « des éléments armés et affiliés au Hamas présents dans la foule », une version unanimement contestée par les témoins et les autorités palestiniennes.
« Nous courions comme tout le monde », rapporte un témoin. « Nous sommes arrivé·es à la porte et avons réalisé qu’elle était fermée, il y avait des milliers de personnes. Les Américains ont tiré des gaz lacrymogènes sur la foule pour la disperser, ce qui a provoqué une bousculade et de nombreuses personnes sont mortes écrasées par la foule ».
Depuis que le GHF a commencé à opérer dans l’enclave fin mai, au moins 875 personnes ont été tuées en tentant de se procurer de la nourriture, selon les Nations unies, qui ont déclaré mardi que 674 de ces décès avaient eu lieu « à proximité des sites du GHF ». La plupart de ces décès sont dûs à des tirs directs. L’ONU a qualifié les sites du GHF de « pièges mortels », les jugeant « intrinsèquement dangereux » et contraires aux normes d’impartialité humanitaire.
La violence reproductive, outil du génocide
Reem Alsalem, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence contre les femmes et les filles, ses causes et ses conséquences, affirme dans un communiqué paru hier que les femmes et les filles palestiniennes représentent 67% des victimes du génocide perpétré par Israël à Gaza. « Ce qui arrive aux femmes et aux filles palestiniennes n’est pas un dommage collatéral de la guerre », a déclaré Mme Alsalem. « Il s’agit de la destruction intentionnelle de leurs vies et de leurs corps, parce qu’elles sont Palestiniennes et parce qu’elles sont des femmes. »
Qualifiant la campagne israélienne de « fémi-génocide », Reem Alsalem alerte que l’ampleur et la nature des crimes infligés aux femmes et aux filles palestiniennes par les forces israéliennes sont si extrêmes que les concepts existants dans les cadres juridiques et pénaux ne permettent plus de les décrire ou de les appréhender de manière adéquate. Outre la proportion très élevées de victimes qu’elles représentent, les femmes sont exposées à des violences et traumatismes spécifiques.
Reem Alsalem a souligné le recours à la violence reproductive dans le cadre de la campagne israélienne. « La destruction des infrastructures sanitaires de Gaza aurait privé 150 000 femmes enceintes et allaitantes de l’accès aux soins essentiels. On estime que 17 000 de ces femmes et 60 000 enfants de moins de cinq ans souffrent actuellement de malnutrition aiguë. Au moins 60 enfants sont morts de faim depuis mars 2025, à la suite du blocus imposé par Israël sur les denrées alimentaires, les fournitures médicales et l’aide humanitaire », a-t-elle déclaré.
Reem Alsmalem également tiré la sonnette d’alarme concernant les informations faisant état de violences sexuelles, y compris de viols, commises par les forces israéliennes. Elle a souligné qu’à Gaza, le climat de désespoir, la surpopulation et le manque de services d’assistance et de protection ont entraîné une recrudescence des violences sexuelles, des violences conjugales et d’autres formes d’abus, souvent perpétrés par des membres de la famille et d’autres personnes au sein de la communauté.
« La continuité de la vie palestinienne en dépend. Notre humanité collective et notre avenir en dépendent », conclut-elle en appelant à une action mondiale pour faire cesser le génocide.



