Alors que l’actualité du génocide met en lumière la famine subie par la population de l’enclave palestinienne, le nouveau point hebdomadaire du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) décrit une situation dramatique, qui s’aggrave quotidiennement.
Par l’Agence Média Palestine, le 24 juillet 2025.

“Plus d’un million d’enfants sont touchés par la famine et la malnutrition, et les cas de décès dus à la malnutrition augmentent de jour en jour. Ceux qui survivent sont confrontés à des risques graves et potentiellement mortels, notamment des troubles cognitifs et une croissance physique réduite.” Le constat présenté dans cet extrait d’un document de l’OCHA est sans appel.
Les morts dûes à la famine explosent
Dans un rapport publié ce jeudi 24 juillet au matin, le bureau de communication du gouvernement de Gaza annonçait 115 morts “relatives à des cas de famine et de malnutrition” alors que le blocus israélien se poursuit dans l’enclave palestinienne, malgré des annonces en grande pompe d’un nouvel accord sur l’aide humanitaire obtenu par l’Union européenne le 10 juillet dernier.
Dans les faits, l’aide est toujours bloquée. Seuls demeurent les pièges humanitaires mortels sur les sites de la GHF, qui ont déjà tué plus de 1000 personnes depuis leur mise en place en mai dernier. En parallèle, le gouvernement de Gaza insiste sur “le besoin urgent d’au moins 500.000 sacs de farine par semaine pour éviter un effondrement humanitaire global”.
Sur place, les conséquences de la famine organisée par l’Etat israélien dans la bande de Gaza sont tragiques. Un reporter cité par Al Jazeera, Tareq Abu Azzoum, raconte : “La situation des enfants est absolument terrible. Ils vont se coucher et sont réveillés en pleurant par la faim.” Il poursuit : “Ils sont allongés épuisés, les corps affaiblis, dans des tentes ou à l’hôpital”.
Le point hebdomadaire de l’OCHA est tout aussi inquiétant : “Les services d’urgence accueillent un nombre sans précédent de personnes de tous âges, gravement affaiblies et épuisées, souffrant d’une fatigue extrême et d’un effondrement physique. Le ministère de la Santé a souligné que des centaines de personnes, dont le corps a dépéri à cause de la famine et a dépassé les limites de leur endurance physique, sont désormais gravement affaiblies par la faim et en danger de mort imminente.”
Des associations du monde entier alertent
Face à la multiplication des morts de la famine provoquée par le blocus israélien à Gaza, près de 110 associations du monde entier ont signé une déclaration commune rendue public hier. Elles réclament des actions pour mettre fin à cette famine délibérément organisée par Israël. Parmi les mesures énoncées dans ce communiqué, on trouve un appel au cessez-le-feu et à la levée du blocus, car “des tonnes de nourriture, d’eau potable, de fournitures médicales et d’autres articles sont disponibles, intacts juste à l’extérieur de Gaza, les organisations humanitaires sont empêchées d’y accéder ou de les livrer par Israël.” Dans les dernières vingt quatre heures, dix personnes sont mortes de faim dans les hôpitaux de la bande de Gaza.
Le communiqué insiste sur l’état de santé dramatique de la population : “Les médecins signalent des taux record de malnutrition aiguë, en particulier chez les enfants et les personnes âgées. Les maladies se répandent, les marchés sont vides, les déchets s’accumulent, les adultes s’effondrent dans les rues à cause de la faim et de la déshydratation.”
Les distributions dans la bande de Gaza se limitent actuellement à 28 camions par jour, pour nourrir plus de deux millions de personnes : l’équation est gravement faussée. Les associations signataires ont insisté sur le caractère délibéré de cette famine : “Le système humanitaire dirigé par les Nations unies n’a pas échoué, il a été entravé par le gouvernement israélien.Les agences humanitaires ont la capacité et les ressources nécessaires pour mettre en place rapidement une réponse à l’échelle des besoins. Sans accès, nous ne pouvons pas aider celles et ceux qui en ont besoin, y compris nos propres équipes épuisées et affamées.”
Des propos qui résonnent avec ceux d’Alex de Waal, président de la World Peace Foundation et spécialiste des situations de famine. Interviewé par Al Jazeera, il a déclaré “j’ai travaillé sur ce sujet pendant plus de 40 ans et il n’y a eu aucun cas, depuis la seconde guerre mondiale, de famine qui a été si minutieusement construite et contrôlée. C’est une famine évitable, qui est entièrement créée par l’homme”. Il a condamné l’inaction de nos dirigeants pendant toutes ces étapes qui ont mené à la situation que l’on connaît actuellement.
Le ministère de la Santé gazaoui a déclaré ce matin que l’entrée de camions chargés d’aide médicale était prévue aujourd’hui par la voie de l’Organisation mondiale de la Santé, reste à savoir s’ils subiront le même sort que le reste de l’aide humanitaire.



