Gaza, jour 668 : les largages d’aide humanitaire inutiles face à la famine 

Cinq adultes sont morts de faim ou de malnutrition dans les dernières 24 heures, d’après une déclaration du ministère de la Santé de l’enclave palestinienne, étouffée par un blocus israélien aux conséquences terribles depuis plusieurs mois. Les largages d’aide humanitaire annoncés en grande pompe par les puissances occidentales ne changent rien à la situation. 

Par l’Agence Média Palestine, le 4 août 2025.

Cinq morts de plus en seulement 24 heures. Cinq adultes palestiniens font grossir le bilan macabre des morts de la famine orchestrée par le régime israélien dans la bande de Gaza. D’après une déclaration du ministère de la Santé ce lundi 4 août, 181 personnes sont mortes des conséquences de cette famine organisée, dont 94 enfants. 

Les largages d’aide humanitaire sont vains 

Pour pallier la famine et face au blocus israélien, plusieurs pays larguent de de l’aide humanitaire par les airs depuis une semaine avec l’autorisation du régime génocidaire qui a rouvert des couloirs aériens au-dessus de la bande de Gaza.. Une avancée d’après les dirigeants de plusieurs pays occidentaux qui ont pris part à ces largages. Parmi eux, la France, l’Espagne ou encore le Royaume-Uni et le Canada. 

Depuis le 1er août, la France a effectué trois largages dans la bande de Gaza. Le ministre des Affaires étrangères français Jean-Noël Barraud a déclaré le jour du premier largage : “Face au désastre, il n’y a plus une  minute à perdre : il faut inonder Gaza d’eau, de nourriture et de médicaments. La France organise à compter d’aujourd’hui 4 premiers vols emportant chacun dix tonnes de vivre sur place. 

Dans les paquetages jetés des avions de l’armée, on trouve par exemple des vivres, des denrées essentielles et du matériel médical. 

Ces largages ne peuvent pas être considérés comme un moyen suffisant et sécurisé de délivrer de l’aide humanitaire à la population gazaouie assiégée. Les largages sont repérés au sol  par les Palestiniens qui se précipitent sur les lieux, espérant pouvoir repartir avec un sac de farine. Dans un reportage du Parisien, un Palestinien tient du sable qui lui glisse entre les mains, accusant une humiliation de plus faite à son peuple : “Est-ce l’aide qui tombe ? Tout se disperse au sol. Tout est endommagé en tombant en plein vol. C’est une forme d’humiliation”

Des propos partagés par le journaliste palestinien Rami Abou Jamous, qui expliquait dans une discussion en ligne avec des lecteurs du Monde : “C’est la pire humiliation qu’on est en train de vivre : c’est comme des morceaux de viande lancés à des chiens dans une cage. Des millions d’euros sont dépensés pour déployer des avions, avec, au préalable, une autorisation de l’armée d’occupation pour survoler Gaza, qui larguent quelques palettes qui valent la cargaison d’une poignée de camions. Alors qu’on peut faire entrer l’aide humanitaire d’une façon digne par la voie terrestre pour que tout le monde soit servi.” Les largages provoquent des mouvements de foule massifs, et de nombreuses personnes sont blessées. 

En plus d’être dangereuses, les ONG jugent ces opérations largement insuffisantes pour combler les besoins de la population en biens de première nécessité. Elles sont dans l’incapacité de récupérer les vivres distribués par voies aériennes pour les redistribuer équitablement, faute de coordination et au vu de l’insuffisance de personnels humanitaires en présence dans l’enclave palestinienne. Des propos que l’on retrouve également dans la bouche des Gazaouis qui attendent l’aide : “Nous ne voulons pas que l’aide soit larguée par avion. Nous voulons que tout le monde puisse la récupérer avec un coupon”. 

L’aide humanitaire toujours prête à l’extérieur de Gaza

La seule solution efficace pour apporter de l’aide humanitaire dans l’enclave palestinienne, c’est d’ouvrir le point de passage de Rafah à l’entrée des camions des associations et ONG qui ne peuvent accéder qu’au compte-gouttes à la bande de Gaza. Pourtant, l’aide est là. Plus de 22.000 camions seraient bloqués à l’entrée de Gaza d’après l’agence médiatique du gouvernement à Gaza. 

La situation devait pourtant s’améliorer lorsque Israël, sous pression internationale, avait annoncé au début de la semaine dernière son intention de faciliter l’accès des camions humanitaires à Gaza. 

L’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) et d’autres organisations humanitaires ont estimé qu’il était nécessaire de faire entrer dans l’enclave environ 600 camions de fuel et d’aide par jour pour pouvoir pallier aux besoins humains de base de la population gazaouie. Actuellement, d’après l’agence médiatique gouvernementale de l’enclave, 674 camions sont entrés depuis les annonces d’une levée partielle des restrictions : environ 84 par jour seulement. Un chiffre loin d’être suffisant pour espérer enrayer la famine grandissante. 

La machine mortelle de la GHF tourne à plein régime 

En marge de cette situation de famine, les Palestiniens laissés sans solutions continuent désespérément de chercher de la nourriture. Pour ce faire, ils se rendent à proximité des centres de distribution de nourriture de la GHF (Fondation humanitaire pour Gaza, association soutenue par les Etats-Unis et Israël qui gère la distribution de l’aide à l’intérieur de l’enclave), en dépit des dangers pour leur vie. D’après l’ONG palestinienne Addameer,  1500 personnes sont mortes en voulant récupérer de la nourriture dans ces centres de distribution, depuis la mise en place du dispositif.

Si l’on considère la seule matinée de ce lundi 4 août, 9 personnes à la recherche de nourriture ont été tuées, d’après Al-Jazeera. Hier, pas moins de 16 Gazaouis ont été abattus alors qu’ils étaient en quête de nourriture. Partout où ils sont, où ils vont, les Palestiniens affamés se font massacrer.

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