Gaza, jour 675 : Netanyahu veut occuper l’intégralité de la bande de Gaza

L’information est tombée vendredi 8 août au matin. Netanyahu a annoncé sur Fox news son intention d’envahir l’entièreté de la bande de Gaza. Une déclaration qui a suscité une vague de protestations, à l’international mais aussi au sein même de la société israélienne. En parallèle, la situation humanitaire continue de s’aggraver, et des bombardements autour de l’hôpital Al-Shifa dans le nord de l’enclave ont tué plusieurs journalistes palestiniens la nuit dernière.

Par l’Agence Média Palestine, le 11 août 2025.

Le cabinet de sécurité israélien a débattu pendant la majeure partie de la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 août dernier. Des discussions qui ont abouti à une décision majeure : l’invasion de Gaza City, l’agglomération située au nord de l’enclave palestinienne, en préambule à une occupation totale de la bande de Gaza.

En finir avec Gaza

L’annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre, et pourrait avoir des conséquences terribles. Netanyahu veut vider Gaza City de ses habitants d’ici au 7 octobre. L’agglomération compte environ un million de Palestiniens qui tentent de survivre dans une ville déjà détruite en grande partie. Le régime israélien dit vouloir “assurer sa sécurité et éliminer le Hamas”. Netanyahu a cependant été très clair, il n’est pas question qu’Israël gouverne la bande de Gaza : « Nous ne voulons pas garder [la bande de Gaza], a-t-il dit. Nous voulons la transférer à des forces arabes qui la gouverneront correctement sans nous menacer et en offrant une belle vie aux Gazaouis. »

Des soutiens traditionnels du régime israélien comme l’Allemagne ont désapprouvé l’annonce de cette nouvelle opération militaire, qui vise à vider la ville de ses habitants pour ensuite mener des opérations au sol et occuper militairement la ville. Berlin a décidé dans la foulée de suspendre jusqu’à nouvel ordre ses exportations d’armes pouvant potentiellement être utilisées dans la bande de Gaza. L’ONU a appelé Israël à “stopper immédiatement” ses plans.


Ces annonces du gouvernement israélien ont aussi suscité une levée de boucliers à l’intérieur des institutions israéliennes. Le chef de l’Etat-major a alerté au sujet de cette opération sur le “danger qu’elle ferait peser sur la vie des otages”. Même chose du côté de la population israélienne : des manifestations ont eu lieu, et une des participantes interviewées a déclaré : “Si une telle décision est prise, reprendre Gaza ou mener une occupation militaire mettrait encore plus en danger la vie des otages, et la société israélienne dans son ensemble serait aussi en danger”.

La situation humanitaire toujours aussi dramatique

Dans un briefing au Conseil de sécurité publié hier, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) transmettait de nouvelles données alarmantes sur la situation dans la bande de Gaza. Depuis le 7 octobre 2023, 98 enfants sont morts de malnutrition sévère aiguë, dont 37 depuis le 1er juillet dernier. Les morts liés à la famine augmentent donc drastiquement. L’agence d’ordinaire assez mesurée n’hésite plus à employer des termes puissants : “Il ne s’agit plus d’une crise alimentaire imminente, mais d’une famine pure et simple”.

Le rapport de l’OCHA édicte ligne après ligne tous les manquements israéliens aux droits humains, et les conditions atroces dans lesquelles survivent les Palestiniens de Gaza : manque d’habitations décentes, de nourriture, d’infrastructures de santé… “ Gaza est en ruines. Presque tous les habitants de Gaza ont été déplacés de force au moins une fois au cours des deux dernières années. Les Palestiniens de Gaza ont été contraints de se regrouper dans une zone qui représente moins de 14 % du territoire, dans des zones qui ne sont pas sûres et qui manquent de services de base et d’abris. La poursuite des opérations militaires ne fera qu’aggraver cette situation.”


L’annonce de cette nouvelle opération militaire ne présage donc que d’une aggravation à venir des conditions de vie des Palestiniens qui sont déjà à bout de forces et laissés sans nourriture, ballotés au gré des bombardements et des incursions israéliennes. 

La levée partielle du blocus est un échec 

Dernier point évoqué par le rapporte de l’OCHA : les conséquences des annonces de levée partielle du blocus par Netanyahu il y a déjà plusieurs semaines. Malgré quelques aspects positifs relevés par l’organisation notamment autour de l’entrée de carburant de l’enclave, l’aide humanitaire reste très largement insuffisante. Et c’est sans compter sur les problèmes de sécurité liés aux largages de l’aide humanitaire par voie aérienne, source de blessés dans les attroupements et aussi à cause des parachutes qui tombent en transportant les caisses d’aides. 

Les difficultés d’accès à la bande de Gaza notamment à cause de la lenteur des procédures de contrôle des camions d’aide qui attendent à l’entrée de l’enclave palestinienne empêchent un nombre suffisant de vivres d’atteindre les foyers palestiniens dans le besoin. Les associations parlent toujours de 70 ou 80 camions par jour qui entrent à Gaza au lieu des 600 par jour qu’il faudrait d’après les recommandations de l’ONU. 

La situation est donc toujours plus alarmante, alors que l’armée israélienne continue chaque jour de tuer des dizaines de Palestiniens. La nuit dernière une équipe entière de journalistes d’Al-Jazeera, dont le correspondant renommé Anas Al-Sharif, a été tuée délibérément lors d’une frappe ciblée de l’armée  israélienne. Dans les prochains jours, le plan d’invasion de Gaza City pourrait être lancé sur le terrain, plongeant les Palestiniens encore vivants dans l’abîme.

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