Un compte rendu fuitée du Cabinet révèle qu’Israël a choisi de priver Gaza de nourriture comme stratégie de guerre

Par Qassam Muaddi, le 7 Août 2025

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d’une réunion du cabinet le 22 janvier 2023. (Photo : Collection nationale de photos d’Israël / Bureau de presse du gouvernement)

Netanyahu a décidé de faire exploser le cessez-le-feu et de priver la population de Gaza de nourriture afin de forcer la reddition du Hamas, tandis que les principaux responsables militaires et de la sécurité préféraient passer à la deuxième phase du cessez-le-feu, révèlent les procès-verbaux fuités de la réunion du Cabinet.

Israël a décidé de priver de nourriture la population de Gaza comme stratégie de guerre et pour saboter l’accord de cessez-le-feu, selon les procès-verbaux d’une réunion du cabinet israélien divulgués mercredi à la chaîne 13 d’Israël.

Le document semble montrer que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a refusé plusieurs propositions qui auraient permis la libération des derniers otages israéliens pendant le cessez-le-feu entre janvier et mars 2025. Netanyahu a choisi de rompre le cessez-le-feu, contre l’avis des hauts responsables militaires et de sécurité israéliens, et de couper toute aide à Gaza pour « forcer le Hamas à se rendre », révèle la fuite.

La réunion du cabinet israélien, datée du 1er mars, devait discuter du sort du cessez-le-feu avec le Hamas, la première phase de l’accord arrivant à expiration. La deuxième phase du cessez-le-feu devait lancer des discussions sur la fin permanente de la guerre. Les procès-verbaux publiés par la chaîne 13 montrent que les responsables militaires et du renseignement plaidaient pour conclure l’accord, tandis que les ministres du cabinet y étaient opposés.

Le général de division Nitzan Alon, responsable israélien des prisonniers et disparus, aurait affirmé que « la seule chance de libérer les otages est de discuter des conditions de la phase deux », tandis que Ronen Bar, chef du service de renseignement intérieur israélien (le Shabak), a déclaré que sa « préférence était d’avancer vers la phase deux », soulignant qu’Israël pouvait « facilement » reprendre la guerre plus tard. « Récupérons d’abord tout le monde, puis reprenons le combat », aurait-il dit.

Les procès-verbaux révèlent également qu’un haut responsable de la sécurité israélienne a dit aux ministres qu’« il est possible d’obtenir la libération de plus d’otages, mais cela nécessite d’engager des discussions sur la phase deux, la fin de la guerre ». Le gouvernement, cependant, dirigé par Netanyahu, a rejeté cette proposition. Il a été soutenu par le ministre israélien des Affaires stratégiques, Ron Dermer, qui aurait déclaré qu’Israël « n’était pas prêt à mettre fin à la guerre tant que le Hamas restait au pouvoir ». Dermer, partisan de la position dure de Netanyahu sur Gaza, a été nommé chef de l’équipe de négociation lors des pourparlers sur le cessez-le-feu.

Soutenant également le refus de Netanyahu, le ministre des Finances d’extrême droite Bezelel Smotrich a vivement critiqué les responsables militaires et du renseignement, les accusant de « tromper le public » en lui faisant croire qu’Israël pouvait « arrêter la guerre puis y revenir plus tard », ce que Smotrich considérait comme de « l’ignorance ».

Pour sa part, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a soutenu un accord partiel, déclarant : « Si le Hamas rend ne serait-ce qu’un certain nombre d’otages, moins de la moitié, c’est excellent. »

Le 18 mars, Israël a rompu le cessez-le-feu en lançant une vague de bombardements sur Gaza, tuant 400 Palestiniens, principalement des civils, dans les premières minutes de l’attaque. Israël a également annoncé la fermeture complète des points de passage, provoquant une chute immédiate des produits disponibles dans la bande de Gaza et coupant l’entrée de l’aide humanitaire. La poursuite du blocus a entraîné la propagation d’une faim sévère que les agences de l’ONU qualifient de famine. UNICEF a dénoncé comme « inconcevable » la mort d’enfants palestiniens par faim.

Israël a aussi suspendu le travail des agences de l’ONU à Gaza, limitant la distribution de la maigre aide qu’il a commencé à autoriser depuis avril à la Gaza Humanitarian Foundation (GHF). La GHF est une organisation controversée soutenue par Israël et dirigée par les États-Unis, qui a remplacé l’ONU en mai, obligeant les Palestiniens à se rendre dans quatre centres de distribution dans le sud de la bande de Gaza pour récupérer l’aide. Ces centres ont été décrits comme des « pièges mortels » utilisant l’aide comme « appât » pour attirer les Palestiniens dans le sud de Gaza. Là, l’armée israélienne ouvre le feu sur les demandeurs d’aide, provoquant de nombreux « massacres d’aide » documentés. Au moment de la rédaction, 1 561 personnes ont été tuées sur les sites de la GHF ou en attente des camions d’aide dans le nord, selon le ministère de la Santé de Gaza.

Selon ce ministère, environ 160 Palestiniens, dont 90 enfants, sont morts à cause de la malnutrition due à la famine.

Source : Mondoweiss

Traduction : ST pour Agence Media Palestine

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