A Gaza, des Palestiniens en grève de la faim pour protester contre la famine organisée par Israël 

Face à l’aggravation des conditions de vie dans l’enclave palestinienne, des travailleurs humanitaires et des journalistes ont décidé d’entamer une grève de la faim. Tous veulent attirer l’attention sur la famine généralisée dans la bande de Gaza, provoquée sciemment par le régime israélien génocidaire. 

Par l’Agence Média Palestine, le 18 août 2025.

Ce lundi matin, Amnesty International a publié un communiqué pour dénoncer “la famine délibérée” en cours dans la bande de Gaza. Cette situation, elle, est dénoncée depuis plusieurs mois par des travailleurs humanitaires sur place, et des journalistes. Pour mettre en lumière l’horreur de cette famine, certains ont décidé d’entrer en grève de la faim. 

Des journalistes et travailleurs humanitaires concernés

Les premières victimes de la famine sont souvent les plus vulnérables, à savoir les enfants. Une situation d’autant plus concrète dans la bande de Gaza, où l’âge médian est d’à peine plus de 18 ans. Un chiffre extrêmement bas si l’on compare avec l’âge médian mondial, qui se situe autour de 30 ans. La famine en cours est donc d’autant plus dévastatrice dans l’enclave en raison de la jeunesse de sa population. 

C’est pour cette raison que Waed Abu Soud, journaliste de  Yemen TV à Gaza, a commencé une grève de la faim le 20 juillet dernier avec deux collègues. Interrogé par le média Mondoweiss, il raconte sa démarche : “Je suis un journaliste affamé qui tente de transmettre la souffrance de son peuple affamé […] L’occupation a échoué à blanchir ses mensonges devant la communauté internationale”. Pour lui, pas question de manger tant que les enfants gazaouis ne pourront pas manger à leur faim. Les denrées alimentaires qu’il trouve, il les redistribue aux enfants de l’enclave et à ses quatre enfants. 

Il fait partie d’un nombre de plus en plus important de journalistes et travailleurs humanitaires qui se sont lancés dans des grèves de la faim. Ensemble, ils souhaitent faire pression pour que tous les enfants de Gaza soient nourris. C’est le cas aussi du porte-parole de la Défense civile de Gaza Mahmoud Basel, en grève de la faim depuis la fin du mois de juillet. 

Il s’est lui aussi confié à Mondoweiss sur les raisons de sa grève de la faim : “La façon dont l’aide humanitaire entre à Gaza est inhumaine. Beaucoup de personnes ne peuvent pas y accéder : les blessés, les malades, les personnes âgées. Moi-même je ne peux pas y accéder… Si tu veux manger, tu dois courir derrière les camions d’aide. Je refuse de le faire. Je n’arrêterai pas ma grève de la faim à moins que le monde n’apporte de la nourriture à mon peuple dans la dignité. »

Une grève de la faim particulière 

Utiliser la grève de la faim comme mode d’action et de revendication est loin d’être un première pour les militants et activistes palestiniens. Mais il existe une différence majeure avec le procédé habituel. Cette fois-ci, les grèves de la faim n’ont pas lieu en prison, et elles se déroulent en pleine famine. 

L’enclave palestinienne est toujours sous le coup d’un manque cruel de vivres et de biens de première nécessité, plusieurs semaines après l’annonce d’une levée partielle du blocus par Israël. Dans les faits, les conditions de vie s’aggravent et la famine aussi. Dans les dernières 24 heures, cinq personnes sont mortes de malnutrition. Depuis le 7 octobre, 263 personnes sont mortes de faim. 

Et pour Mahmoud Basel, cette grève de la faim durera le temps qu’il faudra : “Tant que la situation à Gaza restera insupportable, je poursuivrai ma grève de la faim jusqu’à ce que le dernier enfant de Gaza soit nourri”. 

Les Gazaouis marchent contre le plan d’occupation 

En parallèle de ces citoyens qui entrent en grève de la faim pour protester contre la famine organisée sur leurs terres, des Palestiniens habitant Gaza City ont appelé à marcher pour protester contre les bombardements et leur déplacement forcé de la ville. La manifestation aurait commencé à 13 heures dans le quartier de Zeitoun, suite à des messages publiés hier sur les réseaux sociaux.

Nombreux sont ceux à appeler une réaction de la communauté internationale à la hauteur de l’enjeu, à l’image de ce message : “Nous sommes les propriétaires légitimes de cette terre. Nous rejetons catégoriquement les déplacements forcés. Nous appelons la communauté internationale à assumer ses responsabilités humanitaires et juridiques pour mettre fin à ce crime contre la population de Gaza”. 

Les manifestants alertent sur les risques d’une nouvelle Nakba, et réclament une médiatisation plus grande des exactions israéliennes et du génocide, pour faire pression sur le régime de Netanyahu. Depuis le 7 octobre 2023, plus de 62000 personnes sont mortes dans la bande de Gaza. 

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