À Gaza, un professeur transforme le bruit des drones en chant d’espoir

Par l’Agence Média Palestine, le 20 Août 2025

Ahmed Abu Amsha est professeur de musique au conservatoire Edward Said et coordinateur à Gaza Sud.

Sous le bourdonnement incessant des drones israéliens, un professeur de musique palestinien,
Ahmed Abu Amsha, donne vie à un projet : faire chanter des enfants déplacés dans les ruines. Le
son menaçant des machines devient alors un chant populaire. Une réponse artistique à la
violence, un geste de résilience.

Depuis que le Conservatoire national Edward Saïd a été contraint de suspendre ses activités à
Gaza en raison des combats, ses enseignants ont poursuivi leur mission auprès des enfants
réfugiés. Parmi eux, Ahmed Abu Amsha, guitariste, pédagogue et ingénieur du son, sillonne les
camps de déplacés pour continuer d’enseigner, et surtout avec l’enfance.

Originaire de Beit Hanoun, Ahmed Abu Amsha a été déplacé douze fois depuis le début du
génocide, contraint de fuir les bombardements avec sa femme et ses enfants.

Dans les camps de déplacés du sud de Gaza, notamment à Al-Mawasi près de Khan Younis, il a
fondé le collectif “Gaza Birds Singing” (GBS), un petit groupe d’enfants qui chantent sous sa
direction. Avec quelques collègues, il organise des cours dans des tentes, dans des ruines, ou
dans des salles improvisées.

Aujourd’hui, malgré la destruction du conservatoire de Gaza City, lui et une petite équipe de
musiciens assurent encore des cours pour plus de 600 enfants dans tout le sud de la bande de
Gaza.

Dans l’une de ses dernières créations, le son des drones israéliens, omniprésents dans le ciel de
Gaza, devient l’arrière-plan sonore d’un chant traditionnel. Les voix s’élèvent au-dessus du
vacarme, entonnant une mélodie ancienne : « Chill, my beauty, chill… ». Une façon de réclamer le
calme, dans un environnement hostile.

L’initiative s’inscrit dans le cadre du projet Gaza Birds Singing, un collectif rassemblant de jeunes
choristes palestiniens encadrés par des professeurs du Conservatoire. L’objectif est d’utiliser la
musique comme outil thérapeutique et pédagogique dans un contexte de génocide et d’oppression
coloniale. Ce n’est pas juste de l’art, c’est un acte de survie.

Le bruit de la guerre comme support pédagogique

L’idée d’intégrer le son des drones comme fond musical n’est pas isolée. En janvier, une vidéo
montrant un autre professeur palestinien, Mohand Al Ashram, utilisant la tonalité des drones
comme base pour des exercices de solfège a fait le tour du monde.

Même si les deux projets sont distincts, ils partagent une logique commune : détourner
l’omniprésence de la guerre pour enseigner.

Des voix pour ceux qu’on n’entend pas

Dans la version enregistrée du chant, le morceau est accompagné d’un message : « À toutes les
âmes qui ont refusé de se taire face à l’injustice… que leur mémoire reste une lumière dans nos
cœurs. »

Alors que les infrastructures culturelles de Gaza sont systématiquement visées, le travail des
enseignants comme Abu Amsha rappelle que la culture ne disparaît pas sous les bombes. Elle se
déplace, elle résiste.

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