Deux semaines après la reconnaissance de l’état de famine à Gaza par l’ONU, la situation continue de se détériorer dans l’enclave palestinienne. L’aide alimentaire est toujours largement insuffisante, à cause du blocus israélien qui affame jour après jour une plus grande part de la population gazaouie.
Par l’Agence Média Palestine, le 1er septembre 2025.

C’est le bureau des médias du gouvernement gazaoui qui a annoncé ce chiffre inquiétant. En cinq jours, seulement 534 camions d’aide sont entrés dans la bande de Gaza, sur les 3000 prévus. Des entraves à l’aide humanitaire intolérable, d’autant plus dans cette situation de famine qui frappe l’enclave palestinienne toujours plus fort.
L’aide humanitaire reste insuffisante à cause du blocus israélien
La cheffe du Programme alimentaire mondial (PAM) était en déplacement dans la bande de Gaza jeudi dernier. Cindy McCain s’est rendue dans l’enclave palestinienne affamée par un blocus israélien terrible depuis plusieurs mois. Elle a déclaré : “Gaza est à bout, le désespoir est omniprésent, je l’ai constaté de mes propres yeux”.
La responsable du PAM a réclamé la réouverture des 200 points d’aide du réseau, alors que le gouvernement israélien vient d’annoncer l’ouverture d’un nouveau centre d’aide alimentaire géré par la GHF dans les prochains jours. Cindy McCain a au contraire exhorté Israël à mettre un terme à ce système de distribution de l’aide soutenu par les Etats-Unis qui a déjà coûté la vie à de nombreuses personnes. Et pour cause, l’armée israélienne tire régulièrement sur les Gazaouis venus récupérer de l’aide dans ces sites de distribution.
Même son de cloche pour le représentant allemand pour les droits humains et l’aide humanitaire Lars Castellucci qui a déclaré aujourd’hui que “le gouvernement israélien doit améliorer la situation humanitaire à Gaza immédiatement, de manière globale, durable et conformément aux principes humanitaires et au droit international.” Il a insisté sur le côté “inutile” de l’augmentation du nombre de colis humanitaires “tant qu’ils n’arrivent pas à ceux qui en ont besoin”.
La famine s’intensifie dans l’enclave
Conséquence du blocus israélien, la famine s’intensifie dans la bande de Gaza. Ces dernières 24 heures, 9 personnes sont mortes de faim dans l’enclave palestinienne. Dans son communiqué, le bureau des médias de Gaza accuse le gouvernement israélien notamment concernant le nombre limité de camions d’aide qui entrent dans Gaza, et qui finissent “pillés au milieu d’un chaos délibéré orchestré par l’occupation israélienne afin de provoquer la famine et l’instabilité et de saper la résilience du peuple palestinien.”
Sur les 35 derniers jours, seulement 3188 camions d’aide sont entrés dans l’enclave palestinienne, loin des 21000 requis pour satisfaire les besoins d’aide humanitaire de la population. C’est seulement 15%. La situation de famine dans la bande de Gaza ne risque pas de s’améliorer si l’on considère ces chiffres plus qu’alarmants. 127 enfants sont morts de faim depuis le 7 octobre 2023.
L’armée israélienne déclare la ville de Gaza “zone de combat”
En parallèle de la situation de famine galopante, les bombardements continuent dans la ville de Gaza, en plein milieu d’une opération de destruction terrible de la ville lancée au courant du mois d’août par l’armée israélienne qui prévoit d’occuper la plus grande aire urbaine de l’enclave. Les attaques israéliennes se font de plus en plus virulentes, et des robots explosifs ont été déployés à des dizaines de reprises dans les quartiers de la ville.
L’armée israélienne a déclaré vendredi avoir commencé “la phase initiale” de son opération, en réalité déjà en cours depuis plusieurs semaines si l’on considère que le sud de Gaza City est déjà presque entièrement rasé à cause des bombardements incessants de l’aviation israélienne. Ce faisant, la ville est désormais déclarée “zone de combat” et cela pourrait permettre à l’armée israélienne de justifier tous les meurtres de citoyens gazaouis encore présents dans la ville et qui ne peuvent ou ne veulent pas partir.
Un journaliste sur place d’Al Jazeera, Hani Mahmoud, raconte : “L’artillerie lourde tire sans discontinuer sur les quartiers de Zeitoun et Jabaliya, où nous assistons à la démolition systématique des maisons. Il n’y a pratiquement pas de combats, mais l’artillerie lourde et les bulldozers se déplacent d’une rue à l’autre, détruisant tous ces quartiers résidentiels.”
Ce lundi 1er septembre au matin, huit Palestiniens sont morts dans des frappes aériennes israéliennes sur des camps de réfugiés dans les quartiers d’Al-Nafaq et Al-Shati, à Gaza City. 11 personnes sont mortes dans les heures suivantes, victimes elles aussi de bombardements de l’armée israélienne sur la ville de Gaza.
Une action coordonnée de la presse internationale en soutien aux journalistes tués à Gaza
Hier encore une journaliste a été tuée par l’armée israélienne, portant à 247 le nombre de journalistes et travailleurs des médias assassinés par le régime génocidaire israélien depuis le 7 octobre 2023. Elle s’appelait Islam Abed et travaillait pour la chaine Al-Quds.
Face au tombeau de journalistes qu’est devenu Gaza, une initiative de l’organisation Reporters Sans Frontières et de l’ONG Avaaz a eu lieu aujourd’hui. Plus de 250 médias dans cinquante pays différents ont publié leur UNE sur un fond tout noir, avec ce message inscrit en blanc : “Au rythme où les journalistes sont tués à Gaza par l’armée israélienne, il n’y aura bientôt plus personne pour vous informer”.
RSF a indiqué dans une déclaration jointe pour expliquer cette action : “Ces organisations et rédactions dénoncent les crimes perpétrés en toute impunité par l’armée israélienne contre les journalistes palestiniens, appellent à leur protection et à leur évacuation urgente, et exigent un accès indépendant de la presse internationale à l’enclave palestinienne”.
La bande de Gaza est un tombeau de journaliste mais devient aussi jour après jour le cimetière d’une part de plus en plus conséquente de la population. D’après les derniers chiffres du ministère de la santé de l’enclave publié ce matin, 63577 Gazaouis sont morts depuis le 7 octobre 2023, 98 de plus dans les dernières 24 heures.



