Après plusieurs semaines d’offensive aérienne et terrestre dans la ville de Gaza, la situation devient dramatique. La nuit dernière a été qualifiée de “nuit de l’enfer” pendant laquelle au moins 9 personnes dont 4 enfants ont été tuées. Hier seulement, 43 habitants de Gaza City sont morts tués par l’armée israélienne.
Par l’Agence Média Palestine, le 4 septembre 2025.

Les jours passent et avec le bilan quotidien des victimes du génocide en cours à Gaza augmentent. Hier, 73 personnes sont mortes dont 43 dans la ville de Gaza uniquement. Une preuve supplémentaire que l’offensive israélienne sur la plus grande ville du pays ne cesse de gagner en intensité.
Gaza City sous les bombes jour et nuit
La nuit dernière a été une nuit horrible pour les Palestiniens habitant la ville de Gaza. Des bombardements à n’en plus finir ont fait au moins 9 morts dont quatre enfants. On compte dans les attaques confirmées une explosion particulièrement terrifiante d’un robot piégé dans le quartier de Sheikh Radwan, au nord de la ville.
Une campagne d’artillerie particulièrement violente est en cours au nord de la ville de Gaza dans le quartier d’as-Saftawi. Aux quatre points cardinaux, des bombardements israéliens ont lieu, qui tuent de plus en plus de Gazaouis. Mohammed Al-Kurdi, habitant de la ville, a témoigné à l’agence de presse AP : “ Lorsque les forces israéliennes marquent une zone en rouge et demandent aux gens de partir, elles la détruisent réellement”. Il poursuit : “Ce n’est pas quelque chose de partiel comme avant. C’est à 100 %. La maison, je le dis à mes amis, n’arrête pas de trembler toute la journée. Elle n’arrête pas de trembler, d’aller à droite et à gauche comme lors d’un tremblement de terre.”
L’aggravation des bombardements s’accompagne de nombreux morts et blessés. Ces derniers remplissent les hôpitaux déjà plein à craquer, comme en témoigne Tarek Abu Azzoum, un reporter d’Al Jazeera sur place : “Les équipes médicales qui travaillent dans les hôpitaux de première ligne de la ville de Gaza, tels que l’hôpital al-Ahli Arab et l’hôpital al-Shifa, subissent une pression énorme. Les médecins qui y travaillent font état d’une succession ininterrompue d’attaques aériennes et d’un grand nombre de personnes qui ont besoin de soins vitaux.”.
Avec l’intensification des bombardements, ce sont des familles entières qui sont rayées de la carte à Gaza City. Sabreen Al-Mabhuh témoigne à Al Jazeera : “Mon frère a été tué, bloqué dans sa chambre. Ils l’ont tué lui avec sa femme et ses enfants, ils les ont tous effacés. Il ne reste personne”. D’après l’UNICEF, au moins 17000 enfants sont devenus orphelins à Gaza depuis le 7 octobre 2023.
Plus de 80.000 déplacements forcés en deux semaines
Ceux qui arrivent à fuir l’enfer de Gaza City s’entassent dans des campements de tentes surchargés, à l’Ouest de la ville et au sud de l’enclave. D’après le porte-parole du chef de l’ONU Antonio Guterres, plus de 82000 nouveaux cas de déplacements forcés entre le 14 et le 31 août dernier. Parmi eux, 30.000 étaient des déplacements du nord vers le sud de l’enclave.
Ces déplacements forcés sont un véritable traumatisme pour les Gazaouis, comme l’explique Mohammed Al-Kurdi : “Vous savez ce que ça veut dire, le déplacement ? Ca veut dire partir encore et encore, reconstruire votre vie à chaque fois, acheter de nouvelles choses, des nouvelles couvertures, des tentes, encore et encore”.
Ces déplacements forcés aggravent les conditions humanitaires dans les camps de réfugiés qui sont déjà remplis de tentes, notamment sur les plages gazaouies à proximité de la ville de Gaza.
Les déplacements forcés qui ont actuellement lieu dans la ville de Gaza se caractérisent aussi par leur caractère répété, comme en témoigne Hani Mahmoud, journaliste d’Al Jazeera basé dans la ville : “La grande majorité des personnes sont déplacées à l’intérieur même de la ville de Gaza. Elles se déplacent d’une zone à une autre moins dangereuse, mais toujours à portée des tirs militaires israéliens, des frappes aériennes et des bombardements […] Beaucoup de personnes déplacées espèrent que ces quartiers supposés sûrs le resteront dans les jours à venir. Mais nous voyons des personnes qui se sont rendues dans le quartier de Sheikh Radwan en espérant qu’il s’agissait d’une zone plus sûre, mais qui se sont retrouvées déplacées une nouvelle fois, moins d’une semaine après leur déplacement initial.”
Au milieu des camps de déplacés et des bombardements, la famine
A ces morts provoqués par les tirs israéliens, s’ajoutent les morts de la famine. Les conditions humanitaires dans l’enclave palestinienne continuent de s’aggraver de jour en jour. Dans les dernières 24 heures, 3 personnes sont mortes de faim, portant le bilan de la famine à 370 morts dont 131 enfants.
Dans le même temps, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) vient d’annoncer que cela faisait désormais six mois qu’aucun de ses dispositifs d’aide n’avaient pu accéder à l’intérieur de la bande de Gaza. Une loi israélienne entrée en vigueur en janvier dernier empêche l’UNRWA d’accéder à la bande de Gaza ou même de travailler en coopération avec les autorités israéliennes.
Pourtant, les besoins en nourriture, matelas, médicaments ou encore biens alimentaires de première nécessité manquent toujours cruellement aux Gazaouis qui sont pour beaucoup entassés dans des camps après avoir été déplacés de force de leurs zones d’habitation par les raids israéliens : “Les articles de première nécessité tels que les matelas, les couvertures et les tentes sont indispensables. L’UNRWA est prêt à livrer, le siège doit être levé”.
Le blocus israélien se poursuit toujours et les vivres manquent. Au 699ème jour de génocide, le bilan humain est porté à 64231 morts dans la bande de Gaza, dont 84 dans les dernières 24 heures d’après le ministère de la santé de l’enclave palestinienne.



