Plusieurs sanctions viennent d’être annoncées ce mardi 2 septembre par nos voisins belges à l’encontre du régime colonial israélien. Le ministère des affaires étrangères a déclaré en même temps que la Belgique reconnaîtrait la Palestine lors de la prochaine Assemblée générale des Nations Unies, sous certaines conditions uniquement.
Par l’Agence Média Palestine, le 4 septembre 2025.

“La Palestine sera reconnue par la Belgique lors de la session de l’ONU ! Et des sanctions fermes sont imposées au gouvernement israélien« . C’est par ce message publié sur le réseau social X que le chef de la diplomatie belge Maxime Prévot a rendu public l’accord trouvé par la coalition gouvernementale au pouvoir sur plusieurs questions liées à la Palestine.
La première concerne la reconaissance de l’Etat de Palestine, question hautement politique en ces temps où Israël mène une guerre génocidaire pour effacer l’existence du peuple plaestinien. Cette reconnaissance sera rendue officielle par la Belgique lors de la prochaine Assemblée générale des pays membres de l’ONU, qui se déroulera du 9 au 23 septembre prochain à New York.
Une reconnaissance sous condition…
L’annonce de cette reconnaissance à venir s’accompagne de plusieurs conditions. Pour la Belgique, pas question de reconnaître un Etat palestinien simplement pour soutenir le droit d’un pays à exister. La Palestine doit montrer patte blanche. Ainsi cette reconnaissance se fera “par étapes”. Elle reste donc tout à fait conditionnelle, car elle suppose notamment que le Hamas se retire du pouvoir dans la bande de Gaza.
Cette première condition pose déjà question. Pour se retirer du pouvoir, il faudrait donc que de nouvelles élections soient organisées, dans l’enclave palestinienne plongée dans la famine et sous le coup des bombardements israéliens meurtriers depuis presque 23 mois. Ces élections sont donc en réalité subordonnées au bon vouloir de l’État génocidaire israélien.
La seconde condition, c’est la libération de l’intégralité des otages israéliens restants aux mains du Hamas : “La reconnaissance ne sera […] formalisée dans un arrêté royal que lorsque le dernier otage israélien sera libéré et que des organisations terroristes comme le Hamas auront été écartées de la gouvernance de la Palestine”. A ce niveau, le mouvement politique armé de résistance palestinien a notamment annoncé aujourd’hui être prêt à accepter leur libération dans le cadre des négociations pour obtenir un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.
Cette reconnaissance sous condition de l’Etat de Palestine marche dans les traces de celle esquissée par la France et l’Arabie Saoudite lors de leur conférence commune organisée en juillet dernier. La proposition sera examinée lors de la prochaine Assemblée de l’ONU à New York, et mènerait à la création d’un Etat palestinien impuissant face aux agressions israéliennes, comme l’explique Raphaelle Maison, professeure de droit public à Paris Sud, dans les colonnes d’Orient XXI : “Sous couvert d’une aide à l’émancipation palestinienne, le texte soutient en réalité la création d’un État palestinien démilitarisé, qui sera donc soumis à l’expansionnisme israélien. (…) Il s’agit de rendre impossible un État souverain, en soutenant une entité sous contrôle, un État privé des attributs essentiels de la souveraineté.”
Si la Palestine est déjà reconnue par 148 Etats, ce qui donne une dimension supplémentaire aux récentes annonces de la diplomatie belge ce sont les sanctions qui vont être mises en place dans le même temps.
… et une batterie de sanctions contre Israël
Elles sont au nombre de douze. Les sanctions belges à l’encontre du régime israélien ont été rendues publiques par le gouvernement belge en même temps que l’annonce de reconnaissance sous conditions de l’Etat de Palestine. Parmi elles, on trouve “l’interdiction d’importer des produits provenant de colonies illégales, un examen des politiques de passation des marchés publics avec les entreprises israéliennes et des restrictions à l’assistance consulaire aux Belges vivant dans des colonies illégales ».
Le quotidien belge Le Soir affirme aussi que le gouvernement “plaidera pour l’interdiction totale de l’exportation et du transit d’armes vers Israël depuis la Belgique”. Les ministres extrémistes à l’instar de Bezalel Smotrich (ministre des Finances d’extrême-droite, membre du gouvernement de Netanyahu) devraient être interdits d’entrer sur le territoire belge.
A l’échelle européenne, la Belgique entend soutenir au niveau européen “la suspension complète des volets commerciaux et recherche de l’accord d’association avec Israël”. Cet accord vieux de 25 ans est remis en cause depuis plusieurs mois par les exactions et le génocide israélien dans la bande de Gaza, sans pour autant que l’Union européenne n’arrive à un quelconque consensus sur des mesures restrictives à adopter.
Les sanctions annoncées par le gouvernement belge sont donc notables, mais surtout car elles tranchent avec l’apathie générale au sein des pays de l’Union européenne sur le plan national et communautaire. Le niveau général est tellement bas que ces annonces dénotent et placent la Belgique dans les premiers rangs des pays qui tentent un tant soit peu d’agir diplomatiquement contre le régime israélien.
Un engagement limité mais qui contraste avec le laisser-faire criminel d’autres pays européens
Au sein des 27, la tendance est plutôt au laissez-faire et à la complicité de facto avec le génocide en cours. Aucun des pays membres n’a pour le moment rompu ses relations diplomatiques avec Israël. Si certaines sanctions économiques ont été mises en place par des pays comme la Slovénie qui sera bientôt rejointe par la Belgique, le journaliste et militant pour la Palestine Gwenaël Breës souligne que ces dernières sont sans commune mesure avec les sanctions économiques et financières qui ont été prises à l’encontre de la Russie depuis le début de l’invasion de l’Ukraine.
Idem quant aux interdictions d’entrée sur le territoire, qui se limitent pour l’instant à deux ministres du gouvernement seulement, et qui ne concernent même pas le chef du gouvernement et premier homme politique du régime génocidaire israélien Benjamin Netanyahu. C’est aussi sans compter sur la représentation extrêmement pauvre des pays de l’Union européenne parmi les nations s’étant jointes à la plainte déposée par l’Afrique du Sud auprès de la Cour de justice internationale contre Israël pour crimes contre l’humanité. En effet, seules l’Espagne, l’Irlande et le Portugal sont associés à cette démarche.
Le cas français est encore plus criant dans son inaction, puisque notre pays n’a pris littéralement aucune mesure restrictive à l’encontre d’Israël, exception faite de la reconnaissance ici encore conditionnelle de l’Etat de Palestine. Les annonces belges brillent donc plus face à l’impunité d’Israël qu’entretiennent les pays occidentaux que par leur caractère réellement déterminant et novateur. Pendant ce temps, la Palestine continue de souffrir des exactions israéliennes dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.



