Les combats se poursuivent avec intensité dans le nord de la bande de Gaza autour de l’agglomération de Gaza-city. Les troupes israéliennes dans les airs et au sol continuent de pilonner les près d’un million de Palestiniens qui survivent dans cette partie de la bande de Gaza. C’est dans ce contexte que s’est ouverte ce lundi 8 septembre la soixantième session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève. Une attaque à Jérusalem-Est a fait six morts israéliens en fin de matinée.
Par l’Agence Média Palestine, le 8 septembre 2025.

Après plus de 700 jours de bombardements et de politique génocidaire mis en place par l’Etat israélien dans la bande de Gaza, la situation est plus critique que jamais. A Gaza-ville, dans le nord de l’enclave palestinienne, l’armée israélienne continue de détruire méthodiquement toute trace de vie, tuant des dizaines de Palestiniens chaque jour. La mort de six Israéliens tués dans une attaque à Jérusalem-Est aujourd’hui pourrait entraîner une intensification de la violence du régime génocidaire à l’encontre des Gazaouis.
A Gaza-ville, Israël détruit tout
Les bombardements israéliens sur la bande de Gaza se poursuivent. L’armée israélienne se concentre désormais également sur la destruction de grands bâtiments. Elle détruisait ainsi hier une troisième tour dans la ville de Gaza, après un appel à évacuer. La communication est toujours la même : ces infrastructures abriteraient soi-disant des activités du Hamas.
Pour preuve de l’intensification des opérations israéliennes, un porte-parole de l’armée a déclaré que la ville de Gaza serait aujourd’hui la cible de bombardements “sans précédent”. Peu après, il y a à peine quelques heures, une nouvelle tour commerciale était cette fois-ci détruite dans la ville de Gaza. D’après Middle East Eye, la tour dénommée “Al Ruya” “abritait des organisations de défense des droits humains, des cliniques médicales, des cabinets d’avocats, des centres de soins pour enfants et d’autres institutions sociales et civiles. Il s’agit du quatrième grand bâtiment démoli à Gaza par l’armée israélienne au cours des deux derniers jours.”
L’armée israélienne a annoncé une nouvelle zone de refuge pour les Palestiniens déplacés de force en raison des bombardements. Cette dernière se trouve au sud de l’enclave, conformément aux intentions d’occupation progressive du nord de la bande de Gaza, dans la région d’Al Mawasi.
Al Mawasi, bientôt un nouveau piège en forme de refuge ?
La nouvelle zone de sûreté soi-disant proclamée par les autorités israéliennes est pourtant loin d’être le refuge humanitaire promis par la propagande israélienne. Déjà sous le coup de nombreuses campagnes de bombardements ces 23 derniers mois, elle croule aujourd’hui sous un afflux de réfugiés palestiniens du nord de la bande de Gaza qui rend les conditions de vie dans cette zone absolument désastreuse, comme en témoigne un docteur venu se réfugier pour échapper à la destruction de la ville de Gaza au nord de l’enclave : “Dès le matin, je me bats pour trouver de l’eau afin que mes enfants aient quelque chose à boire, dit-il. Je passe parfois plus de deux ou trois heures à chercher, sans jamais trouver une seule bouteille d’eau.” Il décrit ainsi sa vie à Al Mawasi : “un morceau d’enfer”.
Des témoignages que confirment le reporter d’Al Jazeera sur place, Tareq Abu-Azzoum : “Ce paysage agricole est devenu surpeuplé par les familles déplacées, avec des vagues constantes de déplacements en provenance de la ville de Gaza […] Nous voyons des familles prendre des charrettes tirées par des ânes, des camionnettes et des voitures, chargées de leurs biens, alors qu’elles tentent d’échapper aux bombardements. Mais cette région est toujours soumise à des attaques israéliennes constantes. Les gens se battent pour assurer leur survie.”
La situation humanitaire continue de s’aggraver dans l’enclave palestinienne : dans les dernières 24 heures, six personnes sont mortes de faim, portant le bilan des morts de la famine à 393 Palestiniens dont 140 enfants, d’après le ministère de la Santé de l’enclave.
Nouvelles déclarations contre le génocide à l’ONU
C’est dans ce contexte de génocide et de famine que s’est ouverte ce matin à Genève la 60ème session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Le chef des droits de l’homme Volker Türk a épinglé la politique génocidaire de l’Etat israélien durant cette assemblée : “Je suis horrifié par l’utilisation ouverte d’une rhétorique génocidaire et la déshumanisation honteuse des Palestiniens par de hauts responsables israéliens”.
Volker Türk a aussi condamné les massacres commis par Israël, “les souffrances indescriptibles et les destructions massives qu’il inflige ; l’entrave à l’aide vitale suffisante et l’épuisement faute de nourriture qui en résulte pour les civils ; les assassinats de journalistes, de personnels de l’ONU et d’employés d’ONG, et les crimes de guerre qu’il commet, choquent les consciences dans le monde”.
Le chef des droits de l’homme à l’ONU a insisté sur la nécessité pour les pays de prendre des mesures concrètes et des sanctions économiques pour acculer le régime génocidaire israélien. C’est d’ailleurs ce qu’a annoncé aujourd’hui le dirigeant espagnol Pedro Sanchez. Une batterie de sanctions contre Israël va être mise en place. Parmi elles, la fermeture des ports espagnols aux bateaux israéliens transportant des armes, ainsi que de l’espace aérien du pays. Seront également interdits d’entrée sur le territoire les produits issus de colonies illégales en Cisjordanie. Le chef d’État espagnol a également annoncé une hausse de la contribution espagnole à l’UNRWA de dix millions d’euros pour aider les réfugiés palestiniens victimes de la guerre génocidaire menée par l’Etat d’Israël.
Des mesures qui apparaissent plus que nécessaires alors que le bilan des victimes du génocide s’alourdit de jour en jour. D’après les derniers chiffres fournis par le ministère de la Santé de l’enclave palestinienne, 64522 Palestiniens de Gaza sont morts depuis le 7 octobre 2023, 67 dans les dernières 24 heures.



