La Global Sumud Flotilla en route vers Gaza 

Des dizaines de bateaux sont arrivés hier à Tunis. En provenance du port de Barcelone, ils viennent grossir les rangs de la Global Sumud Flotilla. D’autres bateaux partis de Gênes devraient les rejoindre pour un départ du port de Tunis ce mercredi 10 septembre. Objectif final : briser le blocus israélien qui affame actuellement la bande de Gaza. 

Par l’Agence Média Palestine, le 8 septembre 2025.

“Bienvenue à Tunis”. C’est ainsi qu’ont été accueillis dimanche 7 septembre les dizaines de bateaux partis de Barcelone la semaine dernière. A leur arrivée sur la plage de Sidi Bou Saïd, les membres de la flottille sont applaudis par la foule qui se presse pour leur souhaiter la bienvenue. Plus de 44 délégations au total sont attendues pour grossir les rangs de cette flottille, la première d’une telle ampleur depuis le 7 octobre 2023. 

Direction la bande de Gaza

Le départ est imminent. Prévu ce mercredi 10 septembre après avoir été retardé à plusieurs reprises en raison de problèmes techniques et météorologiques, les préparatifs ont eux commencé depuis longtemps. Interrogée par RFI, Haifa Mansouri, membre du comité d’organisation de la flottille Sumud raconte : “Ils (les membres de la flottille) ont reçu des formations juridiques, quelques informations essentielles pour les voyages en mer, et ils ont suivi un entraînement aux premiers secours”. Et aussi à se protéger en cas de problème : “Ils ont aussi appris à réagir face à une arrestation violente avec l’enseignement de techniques pour garder son calme et rester dans une protestation pacifique.”

Parmi les participants présents à Tunis ces derniers jours pour embarquer à bord de cette coalition hétéroclite, on retrouve Mandla Mandela, le petit-fils de Nelson Mandela, qui a lui aussi choisi de s’engager dans cette initiative : “Nous avons fait le choix de partir d’un port africain pour montrer que l’Afrique fait partie de cette lutte et parce que, en tant qu’Africains, nous savons très bien ce que signifie vivre sous l’occupation, sous l’oppression. Ce que nous voulons dire à nos camarades palestiniens, c’est d’être résilient, de rester unis dans leur lutte pour réaliser le projet d’une Palestine libre”. 

Autre personnalité à avoir participé à ces formations de quelques jours à Tunis : Adèle Haenel. L’actrice français a annoncé il y a peu rejoindre la flottille pour naviguer vers Gaza : “Notre but est d’apporter de la nourriture et des médicaments à la population de Gaza qui est en proie à une famine délibérément orchestrée par le gouvernement israélien » a-t-elle expliqué à l’AFP. 

Toutes les personnes présentes à bord de cette nouvelle flottille espèrent pouvoir arriver au bout de leur voyage et enfin rallier les côtes gazaouies pour pouvoir signifier aux Palestiniens assiégés qu’ils et elles ne sont pas seuls. Vingt navires avec un équipage de plus de 300 personnes sont déjà partis en début de semaine dernière du port de Barcelone, avec à leur bord des personnalités publiques comme l’activiste Greta Thunberg ou encore l’acteur Liam Cuningham. 

D’autres bateaux vont renforcer la flotte

La ville de Tunis n’est en réalité que le dernier point de ralliement de dizaines de navires partis de plusieurs ports autour de la Méditerranée. Les bateaux partis du port de Barcelone ont rejoint la flotte à Tunis hier et leur départ est prévu mercredi, accompagnés des navires italiens partis du port de Gênes. Ils devraient retrouver plusieurs navires issus de l’initiative Thousand Madleen to Gaza à un point de rassemblement inconnu du grand public  (pour des raisons de sécurité) dans la mer Méditerranée, avec le reste de la Global Sumud Flotilla. 

La délégation française du collectif a réussi à récolter plus de 200.000 euros pour permettre d’affréter ces six bateaux qui viendront dans quelques jours grossir les rangs de l’expédition maritime internationale en direction de la bande de Gaza. Au total, la Global Sumud Flotilla rassemble des bateaux issus de 44 délégations avec la Freedom Flotilla Coalition, le Global Gaza Movement, le convoi Sumud et l’organisation malaisienne Nusantara Solidarity. 

D’après un article du journal Orient XXI, “la Global Sumud Flotilla a levé plus de 3 millions d’euros sur sa plateforme de financement participatif Chuffed. Une somme récoltée auprès de 60 000 contributeurs à travers le monde, qui a permis l’achat de 45 tonnes d’aide humanitaire et couvert les frais opérationnels liés à la logistique.” Une aide conséquente et indispensable pour pouvoir espérer pallier un tant soit peu la famine qui tue actuellement la population palestinienne piégée par Israël dans la bande de Gaza. 

Les autorités de l’État génocidaire israélien n’ont pas tardé à condamner cette mobilisation titanesque contre le blocus qu’elles ont mis en place, faisant planer des menaces d’enfermement prolongé des participants à cette nouvelle flottille. Le ministre israélien de la sécurité nationale Itamar Ben Gvir s’est déclaré en faveur d’un durcissement de la stratégie à l’encontre de ces activistes, proposant de “détenir les militants dans des conditions dignes de prisonniers terroristes – sans télévision ni radio, sans repas de qualité supérieure et avec une détention prolongée plutôt qu’une simple garde à vue d’une nuit”. 

Les militants de la Global Sumud Flotilla ont répondu fermement à ces menaces, affirmant qu’elle étaient “infondées” et qu’elles ne les intimideraient pas, car la mission reste “humanitaire, légale et inarrêtable” : “Ces menaces ne sont pas seulement infondées et injustes, elles constituent une violation flagrante du droit humanitaire international et des Conventions de Genève”. Les dockers de Gênes ont également réagi en lançant un avertissement : “Si nous perdons le contact avec nos bateaux, avec nos compagnons ne serait-ce que pendant vingt minutes, nous bloquerons toute l’Europe”.

Avec un tel nombre d’acteurs engagés dans cette nouvelle initiative, les participants espèrent pouvoir réussir cette fois-ci à briser le blocus israélien sur l’enclave palestinienne, alors que des tentatives similaires de la société civile ont déjà échoué au mois de juin dernier que ce soit par voie maritime ou par voie terrestre. Leur mot d’ordre est clair : “L’objectif est de mettre fin au génocide en cours du peuple palestinien”.  La donne est cette fois-ci différente car l’ampleur du mouvement est bien plus importante que lors des précédentes éditions, avec potentiellement près d’une centaine de navires qui devraient converger à la mi-septembre sur les côtes gazaouies.

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