Israël ordonne l’expulsion de plus d’un million d’habitants de la ville de Gaza

L’ordre d’évacuation israélien adressé aux habitant-es de Gaza est accompagné de massacres toujours plus brutaux sur le terrain, alors que la situation sanitaire et humanitaire s’aggrave encore.

Par l’Agence Média Palestine, le 9 septembre 2025

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Depuis ce matin, mardi 9 septembre, les habitants de Gaza sont sous l’ordre israélien de se déplacer vers le sud, dans la région d’al-Mawasi à Khan Younis, une étroite bande côtière qui ne représente que 3 % de Gaza et est déjà gravement surpeuplée, avec des centaines de milliers de personnes déplacées déjà réfugiée dans cette zone.

Mais al-Mawasi a elle-même été bombardée à plusieurs reprises, bien qu’Israël insiste sur le fait qu’il s’agit d’une zone sûre. Selon le bureau des médias du gouvernement, Israël a attaqué au moins 109 fois cette zone, tuant plus de 2 000 personnes.

Au début de l’année, environ 115 000 personnes y vivaient. Aujourd’hui, les agences humanitaires estiment que plus de 800 000 personnes, soit près d’un tiers de la population de Gaza, sont entassées dans des camps de fortune surpeuplés.

Les habitants refusent de partir

Il n’y a ni la place, ni les conditions de sécurités garanties pour un tel déplacement, qui concernerait l’ensemble de la population de Gaza, soit près d’un million de personnes. « Il n’y a aucun endroit sûr à Gaza, encore moins une zone humanitaire. C’est un immense camp en pleine expansion qui concentre des Palestiniens affamés et désespérés », a déclaré Philippe Lazzarini, directeur de l’UNRWA dans un communiqué.

« Les avertissements concernant la famine sont restés lettre morte », a-t-il ajouté, se demandant si le même sort attendait la catastrophe qui s’aggrave à Gaza. « Mettons fin à l’impunité avant que les atrocités ne deviennent la nouvelle norme. »

Alors que des centaines de familles fuient Gaza comme elles le peuvent, entassant autant d’affaires que possible sur les charrettes tirées par des animaux pour pallier aux pénuries de carburant, d’autres refusent de subir un nouveau déplacement forcé.

Parmi ceux-ci figure le personnel soignant : « Nous ne quitterons pas nos hôpitaux et n’abandonnerons pas nos patients. L’alternative, c’est la mort. », a déclaré Dr Munir Albursh, directeur du ministère palestinien de la Santé à Gaza. « Plus de 200 patients en soins intensifs dépendent de respirateurs artificiels. Les évacuer reviendrait à les tuer instantanément. »

Une manifestation a eu lieu ce matin dans les rue de Gaza, pour rejeter les menaces d’évacuation israéliennes. En direct de Deir el-Balah, dans le centre de Gaza, Hind Khoudary, journaliste d’Al Jazeera, a déclaré que les Palestiniens participant à la manifestation avaient souligné leur refus de quitter leurs maisons, brandissant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Nous ne partirons pas » et « Pas de départ ».

L’assaut meurtrier israélien de la ville Gaza

La défense civile palestinienne a déclaré que les frappes israéliennes avaient rasé plus de 50 bâtiments à Gaza depuis dimanche matin, et partiellement endommagé 100 autres. Le porte-parole Mahmoud Basal a accusé Israël d’avoir délibérément frappé des immeubles résidentiels situés à proximité de camps de familles déplacées, détruisant plus de 200 tentes au cours des dernières 24 heures.

Les équipes de secours continuent à extraire des personnes des décombres dans le quartier de Tuffah à Gaza après que les bombes israéliennes aient rasé des bâtiments dans le district d’az-Zarqa. Les mosquées et les terrains de sport ont également été pris pour cible.

Israël a lancé ses menaces d’évacuation lundi, publiant des cartes avertissant les Palestiniens de quitter un bâtiment mis en évidence et les tentes voisines sur la rue Jamal Abdel Nasser à Gaza, sous peine de mort. Peu après l’aube mardi, des frappes aériennes israéliennes ont touché une maison dans le camp de réfugiés d’al-Shati, « massacrant » les membres de la famille Hosary, selon les médias locaux. Au moins 25 personnes seraient coincées sous les décombres, la plupart d’entre elles étant présumées mortes.

« Des gens crient sous les décombres, mais nous ne disposons pas du matériel lourd nécessaire pour les secourir et leur sauver la vie », a déclaré un responsable de la défense civile palestinienne à la chaîne de télévision Al Araby.

« Les attaques contre les tours résidentielles à Gaza ont déplacé des dizaines de familles, dont beaucoup se retrouvent dans la rue sans abri ni produits de première nécessité », a déclaré l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. « L’accès humanitaire étant sévèrement restreint, les souffrances des personnes déjà déplacées ne font que s’aggraver. »

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