Après presque 2 ans de génocide à Gaza, l’UE va-t-elle enfin adopter des sanctions contre Israël ? 

Ursula Von der Leyen a annoncé hier lors de son discours de rentrée son intention de proposer des mesures de restriction à l’encontre d’Israël. Si ces dernières restent minimes, elles marquent un tournant par rapport aux discours habituels de la présidente de la Commission européenne. 

Par l’Agence Média Palestine, le 11 septembre 2025.

“Ce qui se passe à Gaza a ébranlé la conscience du monde”. C’est ainsi qu’Ursula Von der Leyen a abordé le sujet du génocide lors de son discours de rentrée devant le Parlement européen à Strasbourg mercredi 10 septembre. Les dernières discussions autour de sanctions contre Israël avaient eu lieu à la fin juillet dernier et n’avaient pas abouti faute de consensus entre les pays membres. 

Proposer des sanctions économiques contre Israël 

Si la présidente de la Commission européenne s’est toujours retranchée derrière l’impossibilité pour les pays membres d’arriver à dégager des pistes de consensus sur la question des sanctions économiques contre Israël, il semblerait qu’Ursula Von der Leyen ait décidé de franchir un cap. C’est tout du moins ce que laissent penser ses dernières prises de paroles hier lors de son discours sur l’état de l’Union devant le Parlement européen. 

Elle a déclaré que “la famine causée par l’homme ne peut jamais servir d’arme de guerre”, annonçant que la Commission européenne prévoyait de suspendre son soutien bilatéral à Israël. Elle souhaite aussi que les pays membres s’accordent sur une suspension partielle de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, une mesure déjà débattue en juillet dernier et qui n’avait pas abouti faute d’un consensus suffisant entre les pays membres. Enfin, elle s’est prononcée en faveur de sanctions européennes contre les ministres extrémistes et contre les colons violents. 

Un discours qui tranche avec ses prises de position habituelles

Ursula Von der Leyen n’a pas le pouvoir de faire passer toutes ses décisions à elle seule, mais ce discours marque un réel durcissement par rapport à ses prises de position antérieures. Les sanctions économiques proposées restent cependant assez restreintes puisqu’elles sont loin d’égaler celles adoptées par exemple à l’encontre de la Russie dans le cadre de l’invasion en Ukraine. 

D’après un porte-parole de la Commission européenne cité par le quotidien belge Le Soir, “quelque six millions d’euros annuels, dont le gouvernement hébreu devrait bénéficier entre 2025 et 2027 via l’instrument de voisinage, de développement et de coopération internationale, sont concernés” par les déclarations d’Ursula Von der Leyen. 

Une autre annonce pourrait marquer un changement favorable à l’adoption de sanctions européennes contre Israël, et cela concerne les modalités de vote entre pays membres au sein des instances européennes. Ainsi, la cheffe de la Commission européenne a appelé à abandonner la règle de l’unanimité entre les 27 Etats membres dans des domaines tels que celui de la politique étrangère, qui a déjà entraîné à de maintes reprises le blocage de prise de décision à cause d’un seul et unique pays. C’est d’ailleurs cette règle qui a souvent servi d’excuse aux différents dirigeants européens pour mettre en avant l’impossibilité d’action de l’UE et se cacher derrière cette dernière pour éclipser leur propre inaction au niveau national.  

Cette règle d’unanimité reste encore aujourd’hui un des principaux freins au vote de la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, accord au fondement des relations économiques entre les deux entités. L’UE reste aujourd’hui le premier partenaire commercial de l’Etat génocidaire israélien, avec 68 milliards d’euros annuels d’échanges de biens et de services. 

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