Gaza, jour 713 : les chars israéliens ont atteint le cœur de la ville de Gaza, au bord de l’anéantissement

Deux jours après le début de l’incursion terrestre israélienne sur la ville de Gaza, 83 personnes sont mortes dans l’agglomération seule. En parallèle, des frappes israéliennes ont visé les deux dernières infrastructures de santé encore un minimum fonctionnelles, l’hôpital Al-Shifa et l’hôpital Al-Ahli. 

Par l’Agence Média Palestine, le 18 septembre 2025.

L’incursion terrestre était annoncée. Elle a commencé mardi dernier, après des semaines de bombardements intensifs de la ville de Gaza. Les troupes israéliennes au sol sont venues terminer leur besogne mortelle. En deux jours, cette incursion terrestre a déjà causé la mort d’au moins 83 victimes dans le plus grand centre urbain de la bande de Gaza, méthodiquement détruit par l’armée israélienne. 

Un massacre annoncé 

Les autorités israéliennes ont multiplié les ordres d’évacuation ces derniers jours, comme pour se dédouaner des tueries à venir. Ce jeudi 18 septembre au matin, des frappes ont fait 9 morts uniquement dans la ville de Gaza. Le message est clair, le but est d’annihiler ce qu’il reste d’infrastructures et de Palestiniens dans l’agglomération. Le ministre de la Défense Israël Katz a d’ailleurs déclaré : “Avec le début des opérations terrestres et le transfert du commandement aux commandants sur le terrain, 25 tours terroristes ont été détruites. Un nombre important, visant à éliminer toute menace de tireurs embusqués pour nos forces. Des terroristes ont été tués et des infrastructures ont été démolies. Les habitants de Gaza ont été invités à se déplacer vers le sud pour leur protection.”


Les intentions meurtrières du ministre sont limpides, et ses discours aussi : “Si le Hamas ne libère pas les otages et ne rend pas les armes, Gaza sera dévastée et deviendra un mémorial pour les meurtriers et les violeurs du Hamas.” L’armée israélienne compte renforcer sa présence au sol de jour en jour, avec déjà des milliers de soldats déployés dans les faubourgs de la ville. Les opérations militaires dans l’enclave palestinienne ont fait 98 morts dans la journée de mercredi, un chiffre supérieur à la moyenne quotidienne habituelle. 

Malgré la présence de troupes israéliennes au sol, les bombardements ne faiblissent toujours pas. D’après les autorités locales, “1700 tours et immeubles résidentiels, 13.000 tentes hébergeant des déplacés” ont été détruits, cite Le Monde, laissant “plus de 100.000 personnes sans abri”.  

Les réseaux de communication ont été coupés hier pendant plusieurs heures suite au ciblage par l’aviation israélienne de plusieurs sites d’opérateurs de télécommunication d’après le journaliste gazaoui Moatasem Dalloul : “Alors que les chars israéliens ont commencé à envahir notre ville de Gaza, nous sommes coupés des communications, de l’eau, de l’électricité, de la nourriture, des soins médicaux.”

Les attaques d’Al Shifa et Al-Ahli 

Dans cette nouvelle phase d’offensive de l’armée israélienne sur la ville de Gaza, les hôpitaux d’Al-Shifa et d’Al-Ahli ont été visés hier par des frappes israéliennes qui ont fait près de 20 morts. L’Etat israélien vise délibérément ces infrastructures de santé qui sont les dernières à fonctionner partiellement dans la ville de Gaza, comme l’explique Hani Mahmoud pour Al Jazeera : “L’hôpital Al-Shifa et l’hôpital Al-Ahli souffrent d’une grave pénurie de fournitures médicales […] En plus de manquer de fournitures et d’avoir épuisé leur personnel, ces établissements médicaux vivent dans la crainte constante d’être attaqués. La crainte est désormais que, à mesure que l’offensive terrestre de l’armée israélienne progresse, ces établissements soient coupés du monde extérieur.”

Cette insécurité médicale est aggravée par les conséquences de l’incursion terrestre dans la ville de Gaza, qui fait craindre au directeur de l’OMS “de nouvelles vagues de déplacements, forçant des familles traumatisées à se réfugier dans une zone de plus en plus restreinte, impropre à la dignité humaine”, a dénoncé Tedros Adhanom Ghebreyesus sur son compte X aujourd’hui. Il s’alarme : “Les hôpitaux, déjà débordés, sont au bord de l’effondrement alors que l’escalade de la violence bloque l’accès et empêche l’OMS de livrer des fournitures vitales.”

La situation humanitaire s’aggrave

L’intensification des opérations militaires israéliennes au nord de la bande de Gaza entraîne une aggravation de la situation humanitaire dans l’intégralité de l’enclave palestinienne. Les Palestiniens habitant Gaza-ville sont poussés par les incursions israéliennes, à la fois vers le sud et vers l’ouest. Conséquence, ils se retrouvent à fuir sur les routes côtières vers le sud de la bande de Gaza. Les routes sont surchargées, entourées de camps de fortune dressés à la hâte par des Gazaouis qui ne cessent d’être ballotés au gré des ordres d’évacuation de l’armée israélienne. 

Ces camps de fortune qui jalonnent les routes vers le sud de l’enclave sont régulièrement la cible de tirs israéliens, comme ce fut encore le cas ce matin dans le camp d’Al-Boureij au centre de la bande de Gaza, où quatre personnes ont été tuées par une frappe sur une habitation d’après l’agence de presse palestinienne Wafa. 

L’escalade des opérations israéliennes a une conséquence directe sur le fonctionnement des centres nutritionnels dans la région autour de la ville de Gaza. Ainsi, d’après le Bureau de coordination des affaires humanitaires pour les Nations Unies (OCHA), 21 des 50 centres de traitement existants ont déjà été fermés. L’agence poursuit, “ce qui entrave la détection de nouveaux cas et compromet le suivi médical d’environ 4 000 enfants déjà sous traitement, les exposant à un risque accru de détérioration de leur état de santé et de complications potentiellement mortelles. “

La fuite de nombreux Palestiniens vers le sud et la soi-disant zone sécurisée d’Al-Mawasi  dans des conditions extrêmes a un effet boule de neige, comme l’explique un porte parole d’OCHA : “ Les conditions d’hygiène sont si déplorables qu’elles entraînent bien sûr une propagation massive de maladies, d’éruptions cutanées et toutes sortes de crises de santé publique”. 

Le blocus israélien reste toujours opérationnel et l’état de famine de l’enclave palestinienne est plus que jamais une réalité. Depuis le 7 octobre 2023, 432 personnes sont mortes de faim dans la bande de Gaza, dont 146 enfants. En bientôt deux ans de génocide, 65141 ont été tuées par l’armée israélienne, d’après le dernier bilan du ministère de la santé de l’enclave palestinienne.  

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