C’est en début de soirée hier que les premiers bateaux de la flottille en direction de Gaza ont été interceptés illégalement dans les eaux internationales au large de Gaza. Les opérations de la marine israélienne se sont poursuivies toute la nuit. Malgré tous ses efforts, certains bateaux ont réussi à continuer l’opération et se rapprochent de l’enclave palestinienne assiégée.
Par l’Agence Média Palestine, le 2 octobre 2025.

Il est environ 8h30 hier soir, heure de Gaza, lorsque les premiers vaisseaux de la flottille sont arraisonnés par la marine israélienne. Parmi eux, de gros vaisseaux du convoi comme l’Alma sont interceptés illégalement dans les eaux internationales. A ce moment-là, l’essentiel du convoi se trouve à 70 miles nautiques (129 km) de la côte gazaouie, et a déjà dépassé le point d’interception du Madleen, premier bateau à avoir été envoyé dans le cadre d’une mission humanitaire pacifique similaire mais de bien moindre ampleur. Quelques heures plus tôt, les navires espagnols et italiens qui encadraient la flottille dans le cadre d’une mission de protection, avaient annoncé se retirer pour des raisons de sécurité.
Les opérations israéliennes se sont multipliées toute la nuit
Peu après l’arraisonnement des premiers bateaux par l’armée israélienne, la flottille publie un premier communiqué pour dénoncer cette intervention : “Il s’agit d’une attaque illégale contre des humanitaires non armés dans les eaux internationales. Nous appelons les gouvernements, les dirigeants mondiaux et les institutions internationales à exiger la sécurité et la libération de toutes les personnes à bord et à continuer de suivre cette situation de près.”
De son côté, le ministère des Affaires étrangères de l’État génocidaire israélien a assuré que les membres de la flottille déjà interceptés étaient en sécurité : “ Plusieurs navires de la flottille (…) ont déjà été arrêtés en toute sécurité et leurs passagers sont en cours de transfert vers un port israélien”. Les passagers interceptés devraient être expulsés vers l’Europe d’après la communication israélienne.
Pourtant, d’après les membres de la flottille, la marine israélienne a abordé violemment abordé plusieurs embarcations de la flottille, notamment avec l’usage de canons à eau. Un des navires, le Florida, aurait été percuté par la marine israélienne d’après l’organisation de la flottille.
Après une soirée passée à intercepter les navires de la flotte, une nouvelle communication de l’équipage de la flottille révélait aux alentours de trois heures du matin (heure de Gaza) qu’une trentaine de bateaux du convoi était toujours en route vers les côtes gazaouies, à 46 miles nautiques (85 km) de l’enclave.
La mission de la Global Sumud Flotilla n’est pas terminée
Ce jeudi 2 octobre au matin, après une nuit d’opérations israélienne d’interceptions des navires participant à l’opération humanitaire paciifique de Global Sumud Flotilla, plusieurs bateaux continuaient toujours leur route vers les côtes gazaouies. C’est d’ores et déjà un succès pour les organisateurs de cette initiative, et c’est la première fois qu’une mission de ce type arrive si proche de l’enclave palestinienne.
A 10h ce matin heure locale, les organisateurs de la flottille affirmaient qu’une vingtaine de bateaux poursuivaient toujours leur route vers Gaza. Pour rappel, la coalition humanitaire était partie d’Espagne début septembre avec une cinquantaine de bateaux et plus de 500 volontaires de tous pays à bord.
Autre preuve de la réussite au moins symbolique de l’opération de la Global Sumud Flotilla, un des participants, Alexis Deswaef, vice-président de la Fédération internationale pour les droits humains, témoignait dans la nuit avant de jeter son téléphone à la mer d’une “désorganisation incroyable des Israéliens, qui semblent ne pas avoir prévu autant de bateaux”.
Un nouveau communiqué officiel de l’organisation de la flottille a été diffusé ce midi. D’après ce dernier, la plupart des embarcations de la flotte ont été interceptées ou bien sont injoignables depuis plusieurs heures. Fait notable cependant, le Mikeno serait entré dans les eaux territoriales gazaouies, après avoir borné à seulement quinze kilomètres des côtes de l’enclave palestinienne. L’équipage du navire reste cependant injoignable lui aussi. Une autre embarcation, le Marinette, serait également toujours en route.
La réaction des gouvernements européens et de la société civile
Après le début des opérations d’interception de la flottille menées par la marine israélienne, les réactions de plusieurs Etats européens n’ont pas tardé à arriver. L’Espagne par exemple, à travers la voix de son ministre des Affaires étrangères, a déclaré que l’opération était “une initiative pacifique et humanitaire de la société civile”, appelant au respect “de l’intégrité physique et des droits” de ses ressortissants membres.
Même chose peu ou proue pour la France via un communiqué de Jean-Michel Barrot, ministre des Affaires étrangères, qui a également demandé à ce qu’Israël garantisse la sécurité des ressortissants membres de l’expédition humanitaire internationale. Ce dernier, contrairement à son homologue espagnol, a franchi une ligne supplémentaire dans la politique française de compromission avec Israël, en rappelant honteusement dans son communiqué “qu’il avait été rappelé aux participants qu’il était fortement déconseillé à tout ressortissant français de se rendre dans la zone”, sous-entendant la responsabilité des membres français de la flottille dans leur arrestation pourtant illégale dans les eaux internationales.
Ces réactions restent donc très timorées, et bien plus fragiles que celles du Brésil ou encore de l’Afrique du Sud. Cette dernière a condamné l’attaque via une déclaration de son président Cyril Ramaphosa, qui a dénoncé “l’enlèvement” des membres de la flottille. Il a réclamé la libération des participants de la flottille interceptés par l’armée et décrit une “’interception de la flottille dans les eaux internationales contraire au droit international et qui viole la souveraineté de chaque nation dont le pavillon était arboré.”
Au sein de la société civile aussi plusieurs voix se sont fait entendre, comme celle d’Hanan Ashrawi, ancien activiste palestinien et membre de l’OLP, qui a condamné “un acte criminel de piraterie”.
Francesca Albanese a également dénoncé les opérations d’arraisonnement de la marine israélienne, en pointant également l’inaction des Etats pour venir à bout du blocage : “Si des citoyens du monde entier, voyageant à bord de petits bateaux aux moyens limités, ont réussi à s’approcher à moins de 60 milles marins (111 km) de Gaza dans une flottille, pourquoi les États ne brisent-ils pas le blocus avec leurs marines ?”
Les avocats des ressortissants français membres du convoi ont annoncé en fin de matinée déposer plainte “devant les juridictions nationales compétentes pour juger des infractions commises à l’encontre de citoyens français à l’étranger”. Ils et elles exhortent la France à saisir la Cour internationale de justice à l’encontre d’Israël.
De nombreux appels à manifester et se rassembler pour dénoncer les opérations militaires israéliennes à l’encontre de la Global Sumud Flottilla et réclamer la fin du génocide et du blocus à Gaza ont été diffusés sur les réseaux sociaux dans la nuit et aujourd’hui. A Paris, un rassemblement se tiendra à 18h30 ce soir place de la République.


