Les raids israéliens se multiplient ces derniers jours dans toute la Cisjordanie. Depuis l’annonce du cessez-le-feu, le climat de terreur instauré par les colons et l’armée israélienne s’est renforcé. Un palestinien de 57 ans a été tué par des soldats israéliens hier. En parallèle, le dernier rapport mensuel de l’ONU sur la situation en Cisjordanie confirme la poursuite de la colonisation et des violences dans les territoires palestiniens occupés.
Par l’Agence Média Palestine, le 16 octobre 2025.

Il avait 57 ans. Salim Abu Aisha est mort hier près de Ramallah, au nord de Jérusalem. Des soldats israéliens l’ont frappé à la tête si fort qu’ils l’ont tué. Un nouveau meurtre dont la violence illustre bien l’impunité totale dont jouissent l’armée israélienne et les colons en Cisjordanie occupée. D’après le dernier rapport de l’ONU, 14 Palestiniens ont été tués par Israël durant le seul mois de septembre 2025.
Les violences des colons et de l’armée israélienne se multiplient
En Cisjordanie, les jours se suivent et avec eux la longue litanie des attaques de colons, des humiliations de l’armée israélienne contre les Palestiniens habitant en Cisjordanie. Ce matin encore, des colons ont mené une attaque sur des cueilleurs d’olive à Kafr Ra’i, au sud de Jénine. D’après Ghassan Daraghmeh, le maire de la ville qui s’est exprimé auprès de l’agence de presse palestinienne WAFA, “un groupe de colons de la colonie de Dotan, sous la protection de l’armée d’occupation israélienne a attaqué des Palestiniens qui tentaient d’accéder à leurs terres pour récolter des olives.”
Cette attaque a eu lieu à l’occasion d’un événement organisé aujourd’hui en coopération avec le ministère de l’Agriculture et la Commission de résistance à la colonisation et au mur. Le but était d’aider les cueilleurs d’olives de la ville à atteindre leurs terres, car ils en sont régulièrement empêchés par les autorités israéliennes. D’après le maire, les forces israéliennes ont tiré à balles réelles et ont lancé des grenades lacrymogènes sur les participants à cet événement.
Ailleurs en Cisjordanie, dans la petite ville d’Idhna à l’ouest d’Hébron, l’armée israélienne a fait irruption dans la maison d’Abdul Majeed Tamimi, expulsé les habitants du lieu pour le transformer en caserne militaire.
Peu après, dans la soirée du mardi 14 octobre, des colons ont enlevé quatre Palestiniens qui se tenaient à proximité de la colonie illégale de Wadi Suleiman, à l’ouest de Ramallah. Ils les ont embarqués de force et l’armée israélienne les a protégés lorsque d’autres habitants ont tenté de leur venir en aide. Plusieurs Palestiniens ont été roués de coups et deux victimes ont d’ailleurs été arrêtés par les autorités israéliennes. D’après les chiffres de l’ONU, 142 attaques de colons ont été recensées au mois de septembre 2025, un chiffre en augmentation par rapport aux mois précédents.
Hier aussi, plusieurs attaques de colons et de l’armée israélienne ont eu lieu en Cisjordanie. C’est notamment le cas à Naplouse, où quatre personnes ont été blessées par des tirs de soldats israéliens après qu’une maison a été encerclée par l’armée. D’après un correspondant de WAFA, “les forces israéliennes ont encerclé le bâtiment des pompiers de la municipalité de Naplouse, expulsé par la force les jeunes hommes et pris d’assaut le siège du Syndicat des travailleurs palestiniens, interpellant les personnes présentes, les maltraitant”.
Les autorisation de construire des logements illégaux continuent
En parallèle de cette augmentation des violences des colons et de l’armée israélienne à l’égard des Palestiniens, les projets immobiliers coloniaux se poursuivent à grande échelle également. D’après l’ONU, plus de 20.800 constructions de nouveaux logements ont été validées ou avancées par les autorités israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est entre juin et septembre 2025.
Ces constructions ont lieu dans un contexte de développement intense des colonies en Cisjordanie, avec la validation du grand projet E1 il y a deux mois par le gouvernement israélien, dont nous avions déjà parlé ici. Les attaques des colons et de l’armée s’inscrivent elles-aussi dans une perspective de déplacement forcé des Palestiniens habitant en Cisjordanie, qui finissent par fuire leurs zones d’habitations sous la pression du harcèlement des colons et de l’armée israélienne. Ces dernières sont ensuite à la merci d’Israël, qui en profite pour lancer des projets immobiliers sur des terres appartenant pourtant aux Palestiniens.
Au mois de septembre 2025 seulement, 285 Palestiniens ont été déplacés de force à cause des violences coloniales en Cisjordanie d’après le dernier rapport mensuel de l’ONU. Si l’on remonte au 1er janvier 2024, c’est près de 40.000 Palestiniens qui ont été victimes de déplacement forcé sur cette période, une autre caractéristique du nettoyage ethnique qui se déroule en Cisjordanie occupée.
Ces expulsions sont illégales, tout comme le sont tous les projets immobiliers initiés par les Israéliens sur les terres palestiniennes, comme le rappelle Ramiz Alakbarov, haut-fonctionnaire à l’ONU : “Les colonies israéliennes n’ont aucune validité juridique et constituent une violation flagrante du droit international”.
Les mouvements de colonisation israélienne en Cisjordanie se caractérisent aussi par les destructions d’infrastructures palestiniennes : entre le 1er janvier 2024 et le 30 septembre 2025, 3164 structures ont été démolies. Sur ces 3164 démolitions, la majorité sont dûes à des permis de construire non-délivrés par Israël. 479 sont directement liées à des opérations de destructions menées par les forces israéliennes.
A l’heure où la communauté internationale se félicite de l’accord de cessez-le-feu signé la semaine dernière pour mettre un terme au génocide dans la bande de Gaza, la Cisjordanie et ses habitants continuent de subir de plein fouet la politique coloniale agressive de l’Etat génocidaire israélien déterminé à mener son projet à terme.



