Cisjordanie au jour le jour : la dangereuse saison des olives

Point sur la situation ces derniers jours en Cisjordanie occupée, où les Palestinien-nes subissent l’oppression israélienne dans l’ombre du génocide à Gaza.

Par l’Agence Média Palestine, le 21 octobre 2025

Majed Mohammad Dawoud, 42 ans, a été assassiné par l’armée israélienne lors d’un raid sur le camp de réfugiés d’al-Ain à Naplouse tôt dimanche matin.

Dawoud a été laissé en sang dans la rue selon des témoins,, les forces israéliennes ayant empêché les équipes médicales de le soigner. Ghassan Hamdan, directeur de la Société palestinienne de secours médical à Naplouse, affirme que les soldats israéliens ont dépouillé Dawoud de ses vêtements puis traîné son corps sur la route alors qu’il se vidait de son sang.

Les équipes médicales ont ensuite pu récupérer son corps et le transférer à l’hôpital Rafidia, où il a été déclaré mort.

Raids israéliens

Ce meurtre s’inscrit dans une série de raids brutaux menés par l’armée israélienne entre samedi soir et dimanche matin. Des perquisitions domiciliaires et des agressions contre des civils ont abouti avec l’arrestation d’au moins 20 Palestinien-nes dont 3 enfants.

Lundi, les forces israéliennes ont pris d’assaut la ville d’Attara et le village de Deir Ammar, dans le gouvernorat de Ramallah et d’al-Bireh, et des sources sécuritaires ont indiqué à WAFA qu’une force d’infanterie israélienne avait pris d’assaut Attara, au nord de Ramallah, et patrouillé dans ses rues.

Le Croissant-Rouge palestinien a rapporté que ses équipes ont transporté un homme de 22 ans à l’hôpital après que des soldats d’occupation israéliens lui ont tiré dans le pied alors qu’il se trouvait près du mur d’apartheid dans la ville d’Al-Ram, au nord de Jerusalem.

L’armée israélienne a également déployé des véhicules blindés et des unités d’infanterie dans la ville de Tulkarem lundi, notamment autour de la rue de l’hôpital gouvernemental Thabet Thabet. Cette opération s’inscrit dans la continuité de l’assaut israélien sur les villes de Tulkarem et Jénine et leurs camps respectifs, dont le siège dure depuis maintenant 268 jours.

De nouveaux raids sont signalés ce matin à Naplouse, avec l’arrestation d’un adolescent et la saisie de véhicules.

La dangereuse saison des olives

Tandis que l’armée israélienne multiplie ses opérations, les colons israéliens agressent les Palestiniens en Cisjordanie occupée. Sur les 71 attaques perpétrés par des colons recensées par l’OCHA entre les 7 et 13 octobre, la moitié sont liées aux récoltes des olives.

Chaque année, durant la saison de la récolte, les terres palestiniennes et leurs habitant-es sont la cible d’attaques répétées de colons et de l’armée israélienne, provoquant de lourdes pertes matérielles et aggravant leurs difficultés quotidiennes.

L’olivier fait partie intégrale du paysage local, au point qu’il est devenu un emblème de la Palestine, et l’ONU estime que l’industrie de l’huile d’olive soutient les moyens de subsistance de plus de 100 000 familles et représente un quart du revenu agricole brut des territoires occupés, ce qui en fait un symbole à attaquer pour les colons.

La violence qui entoure systématiquement les récoltes a redoublé depuis le 7 octobre 2023, les colons se déchaînant dans l’écho du génocide à Gaza. Selon un décompte de la commission de résistance au mur et à la colonisation les colons ont perpétré 7 154 attaques contre des civils et leurs biens depuis deux ans, faisant 33 mort-es, et endommageant ou déracinant 48 728 arbres, dont 37 237 oliviers.

Des attaques particulièrement violentes ont été signalées dimanche dans la ville de Turmusaya, au nord-est de Ramallah, où une vidéo montre des colons masqués frappant une femme palestinienne et un militant solidaire avec une matraque. Les colons ont ensuite incendié quatre véhicules et volé la récolte.

Dimanche soir, des colons ont attaqué plusieurs agriculteur-ices, alors qu’ils et elles cueillaient des olives dans le village de Taybeh, à l’est de Ramallah, frappant violemment une personne avant que l’armée israélienne n’intervienne pour assurer leur retrait.

Le 20 octobre, des colons israéliens ont agressé des agriculteur-ices palestinien-nes dans la localité de Kafr Ra’i, au sud de Jénine, avec le soutien de l’armée israélienne, qui a ouvert le feu pour les contraindre à quitter leurs terrains.

A l’est de Tulkarem, dans les terres de la plaine de Ramin, les colons ont également volé, sous la protection de l’armée israélienne, les récoltes d’olives de l’agriculteur Mohammed Sanjoq. Ils l’ont physiquement agressé avant de s’emparer des olives récoltées ainsi que de ses outils agricoles.

Dans la région de Wadi al-Balat, près d’Ein Siniya, des sources locales ont rapporté que des colons ont également volé des olives sur des terres palestiniennes, après avoir expulsé des agriculteur-ices de la zone. Le même jour, les colons ont commencé à faire paître leur bétail à l’intérieur du complexe de la cascade d’Al-Auja, au nord de Jéricho, et se sont répartis parmi les maisons des citoyens.

Dans la ville d’Hébron et la ville de Beit Ummar, au nord de la Cisjordanie occupée, les forces israéliennes, avec des renforts militaires, ont par ailleurs rasé des terres agricoles et des collines de pierre d’une superficie d’environ 70 dunams (7 hectares).

Ce mardi matin, dans la ville de Turmusaya, au nord de Ramallah, des colons ont de nouveau attaqué des cueilleur-euses d’olives. Ils les ont forcés à quitter la région et ont endommagé le véhicule d’un agriculteur en lui lançant des pierres.

Le projet E1 est mis en œuvre

Une ferme palestinienne située près de la localité d’Az-Za’im, à l’est de Jérusalem occupée, a été détruite hier par les autorités israéliennes, sous prétexte de « construction sans permis ».

Le gouvernorat de Jérusalem a indiqué que cette démolition s’inscrit dans le cadre de l’accélération de la politique de colonisation, visant à mettre en œuvre le plan colonial E1, destiné à vider les terres palestiniennes situées à l’est de Jérusalem et à les annexer aux colonies israéliennes.

Ce projet a pour effet d’isoler la ville de Jérusalem de son environnement palestinien en Cisjordanie et de compromettre toute perspective de création d’un État palestinien contigu. Ratifié officiellement au lendemain des déclarations de reconnaissance de l’État de Palestine par plusieurs pays européens, le plan est considéré par de nombreux analystes comme une punition infligée aux Palestinien-nes et un sabotage de toute négociation future.

Ce plan menace directement environ 7 000 Palestinien-nes réparti-es dans 22 communautés bédouines de la région de Jérusalem, qui risquent un déplacement forcé. Il est illégal, au même titre que l’occupation actuelle, au regard du droit international, ce que de nombreuses instances dont l’ONU dénoncent.

La Commission de résistance au mur et à la colonisation a révélé dimanche, que les autorités d’occupation israéliennes avaient saisi 70 147 hectares de terres en vertu d’un « ordre de saisie militaire et sécuritaire » dans les villages de Qaryut, al-Lubban ash-Sharqiya et al-Sawiya, dans le gouvernorat de Naplouse, en vertu d’un ordre de saisie à des fins militaires et sécuritaires.

Au total, 53 ordonnances de saisie militaire ont été émises par Israël depuis le début de l’année afin d’étendre son contrôle sur la Cisjordanie occupée.

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