Deux soirées de soutien de l’association Beit Halochem, accusée de faire la promotion du génocide à Gaza, ont été annulées sous la pression des militant-es.
Par l’Agence Média Palestine, le 27 octobre 2025

L’association Beit Halochem se présente comme « la maison des combattants » et offre un soutien matériel aux soldat-es blessé-es de l’armée israélienne. En tant qu’association loi 1901, elle peut proposer à ses donateur-ices un abattement d’impôts en échange des contributions des citoyen-nes français-es qui le souhaitent.
Si son site internet se targue de proposer « une multitude de services, de thérapies et d’activités pour aider nos héros à reprendre le cours normal de leur vie », aucune précision n’est apportée quant à d’éventuels contrôles pour s’assurer que ces « héros » n’aient pas commis de crimes de guerre.
Les enquêtes sont pourtant formelles, des crimes de guerre sont commis par des soldat-es israélien-nes à l’égard des Palestinien-nes depuis des décennies, et depuis deux ans Israël perpétue un génocide à Gaza, ce qu’a confirmé la plus haute instance de l’ONU en septembre dernier.
C’est précisément ce que dénoncent les militant-es des organisations de solidarité avec la Palestine de Marseille et de Paris, qui ont appelé à se mobiliser contre la tenue de deux soirées de levée de fonds de l’association, qui devaient se tenir respectivement le mardi 28 octobre à Marseille et mercredi 29 octobre à Neuilly-sur-Seine.
Alors que des rassemblements de protestations étaient annoncés, la France Insoumise s’est saisie de l’affaire, le député Thomas Portes déclarant sur son compte X que « nous n’avons aucune larme à verser pour ces soldats, au moment où l’armée israélienne a massacré des milliers de femmes, d’enfants, de journalistes, d’humanitaires et de civils innocents ».
« La France ne doit pas accueillir des réunions qui font la promotion de femmes et d’hommes ayant participé à perpétrer un génocide », conclue le député, qui qualifie d' »hallucinant » le fait qu’un abattement fiscal puisse être proposé en échange d’un don destiné à un·e soldat·e « ayant participé à perpétrer un génocide ».
France Info annonce aujourd’hui l’annulation de cette soirée, ce dont le militant-es se réjouissent tout en appelant à rester mobilisé·es. Ce sont en effet les organisateur-ices qui ont décidé de l’annulation et non la préfecture, et aucune disposition n’a été prise pour empêcher la défiscalisation des dons à destinations des vétérans israéliens.
En juillet dernier, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), qui regroupe 188 organisations dans 116 pays, a déposé une plainte avec constitution de partie civile auprès du pôle « crimes contre l’humanité » du tribunal judiciaire de Paris contre deux ressortissants franco-israéliens, accusés d’avoir commis des exécutions sommaires à Gaza, entre novembre 2023 et mars 2024.
Soutenue dans son effort par de nombreuses organisations palestiniennes de défense des droits humains, la FIDH dénonçait que des centaines de soldats de l’armée israélienne potentiellement impliqués dans des crimes internationaux commis à Gaza possèdent une double citoyenneté franco-israélienne, sans que le parquet anti-terroriste, compétent en matière de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, n’ait ouvert d’enquête.



