Gaza, jour 752 : Israël a assassiné huit Palestiniens en 48h malgré le cessez-le-feu

Alors que les fouilles des décombres se poursuivent à Gaza, Israël menace l’accord de cessez-le-feu en multipliant les attaques et déclarations mensongères.

Par l’Agence Média Palestine, le 28 octobre 2025



Israël viole (encore) le cessez-le-feu

Au total, huit Palestinien-nes ont été tué-es et 13 autres blessé-es lors d’attaques israéliennes dans l’enclave en 48h a déclaré hier le ministère de la Santé de Gaza. Ces meurtres résultent principalement d’attaques de drones ciblées, comme on pouvait l’bserver lors du précédent cessez-le-feu entre janvier et mars dernier.

S’exprimant à bord d’Air Force One lundi, le secrétaire d’État américain Marco Rubio considérait qu’Israël n’avait pas violé la trêve en frappant samedi un membre du groupe palestinien Jihad islamique.

« Nous ne considérons pas cela comme une violation du cessez-le-feu », a-t-il déclaré, accusant la cible d’avoir planifié une attaque contre les troupes israéliennes, reprenant l’argumentaire israélien de la légitime défense : « Ils en ont le droit s’il y a une menace imminente pour Israël, et tous les médiateurs sont d’accord avec cela. »

Pourtant, les termes de l’accord stipulent clairement une interruption totale des hostilités des deux parties. Toute attaque dans le cadre de l’accord constitue une violation de celui-ci.

Hier encore, une attaque de drone israélien a assassiné au moins deux Palestinien-nes à Abasan al-Kabira, près de Khan Younis. L’agence Wafa rapporte que l’attaque a eu lieu alors que des Palestinien-nes inspectaient les dégâts de leurs maisons. Plusieurs autres personnes ont été blessées, dont certaines gravement.

Les journalistes locaux rapportent que des drones survolent continuellement l’enclave, à basse altitude, en particulier dans le Sud, constituant un déclencheur traumatique pour de nombreux·ses Palestinien·nes. « Les gens ici disent que la peur ne les a pas quittés, que le bourdonnement mécanique des drones est profondément ancré dans leur vie quotidienne car, après deux ans de bombardements, ces bruits leur semblent être un avertissement. », rapporte Hani Mahmoud sur Al Jazeera. « Les parents rapportent que leurs enfants se réveillent au milieu de la nuit et confondent le bourdonnement des drones avec un raid aérien, et les adultes nous racontent qu’ils sursautent au moindre bruit, qu’il s’agisse d’une porte qui claque ou d’un camion qui pétarade. »

Depuis la déclaration du cessez-le-feu le 11 octobre, 93 Palestinien·nes ont été assassiné·es par l’armée israélienne, 337 ont été blessé·es et 472 corps, victimes d’attaques israéliennes antérieures, ont été retrouvés dans les décombres.

« Deux poids, deux mesures »

Malgré ces violations, le Hamas a remis la dépouille d’un autre prisonnier décédé à Israël. Selon les termes de l’accord, le Hamas s’est engagé à restituer les corps des 28 prisonniers décédés. Les dépouilles de 16 d’entre eux avaient été remises lundi, et Israël affirme que le Hamas retarde volontairement ces restitutions.

Les négociateurs du Hamas expliquent qu’il est difficile de localiser les dépouilles restantes en raison des importantes variations de terrain imposées par les deux dernières années de bombardements israéliens incessants. De plus, Israël continue de bloquer, contrairement à ses engagements, l’entrée de véhicules lourds destinés à aider aux fouilles.

Le porte-parole de la défense civile palestinienne à Gaza a dénoncé le « deux poids, deux mesures » dont font preuve certaines organisations qui font entrer des équipements lourds dans la bande de Gaza pour rechercher les corps des otages israéliens, tout en ignorant ceux des dizaines de milliers de Palestiniens qui doivent encore être récupérés.

« Cela nous brise le cœur que certaines agences et organisations aient fait venir les équipements lourds et puissants nécessaires ainsi que des bulldozers uniquement pour rechercher les corps des otages israéliens, alors qu’aucun équipement n’est disponible pour récupérer les 10 000 corps de citoyens palestiniens sous les décombres », a déclaré Mahmud Basal, alors que la croix-rouge a annoncé hier avoir fait entrer dans Gaza des véhicules destinés aux fouilles.

« Cela représente un double standard qui ne reflète en aucun cas l’humanité. La véritable humanité exige que les corps palestiniens reçoivent le même soin que les corps israéliens. »

Israël a de son côté restitué les dépouilles de 195 Palestien-nes, mais seules 72 d’entre elles ont pu être identifiées tant les corps présentent de mutilations et signes de mauvais traitements. Des funérailles géantes ont eu lieu pour rendre hommage à ces victimes anonymes.

Le danger silencieux des ruines de Gaza

L’agence de presse palestinienne Wafa rapporte ce matin plusieurs blessé·es dans la ville de Gaza, à proximité du port, quand le mur d’un bâtiment abritant des réfugié·es s’est effondré. Des milliers de Palestinien·nes vivent dans cette zone, dans des tentes de fortune ou des bâtiments aux fondations fragilisées par les bombardements de l’armée israélienne.

Un incident similaire a eu lieu dimanche dans le quartier de Sabra, où l’effondrement soudain d’une maison a tué une enfant de 9 ans et blessé plusieurs autres habitants.

Car si les bombes se sont tues, le danger reste permanent. La majeure partie des bâtiments de Gaza qui n’ont pas été détruits ont subi des frappes directes ou indirectes, les rendant instables et menaçant à tout moment de s’effondrer, ce qui représente un danger permanent pour les civils.

Les restrictions imposées par Israël sur l’entrée des engins lourds paralysent les efforts de la ville de Gaza pour consolider les édifices qui menacent de s’effondrer, déblayer les décombres et reconstruire les infrastructures essentielles, mais également la recherche des dizaines de milliers de tonnes de bombes israéliennes non explosées qui menacent des vies dans toute la bande de Gaza.

Mahmoud Basal, porte-parole de la défense civile palestinienne, a déclaré à Al Jazeera qu’Israël avait largué au moins 200 000 tonnes d’explosifs sur le territoire, dont environ 70 000 tonnes n’ont pas explosé. Ces explosifs sont une menace toute particulière pour les enfants, qui jouent dans les gravats et les ramassent sans savoir ce qu’ils et elles tiennent entre leurs mains.

Al Jazeera rapporte le cas de Yahya Shorbasi, sept ans, et de sa sœur Nabila, qui jouaient dehors lorsqu’ils ont trouvé ce qui semblait être un jouet : « Ils ont trouvé un jouet pour enfants tout à fait ordinaire. La fillette le tenait dans ses mains. Puis le garçon le lui a pris et a commencé à le tapoter avec une pièce de monnaie. Soudain, nous avons entendu le bruit d’une explosion. Il a explosé entre leurs mains », raconte leur mère, Latifa Shorbasi.

Le bras droit de Yahya a dû être amputé, tandis que Nabila reste en soins intensifs. Luke David Irving, chef du Service de lutte antimines des Nations unies, a déclaré que 328 personnes ont déjà été tuées ou blessées par des munitions non explosées depuis octobre 2023.

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