L’Eurovision confirme la participation d’Israël, quatre pays se retirent du concours en protestation

Par l’Agence Média Palestine, le 5 décembre 2025

Dublin, le 1er novembre 2025. © Annabelle Hamil/ZUMA/SIPA


Israël pourra participer au prochain concours Eurovision de la chanson, prévu en mai 2026 à Vienne. Les membres de l’Union européenne de radiotélévision (UER), réunis à Genève ce jeudi 4 décembre, ont refusé de mettre au vote une possible exclusion d’Israël en raison de sa guerre génocidaire à Gaza.

Huit pays participants appelaient pourtant à cette exclusion, rappelant le précédent marqué par l’exclusion de la Russie en 2022 suite à son invasion de l’Ukraine. Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez a déclaré que tolérer la présence d’Israël reviendrait à appliquer « un double standard en matière de culture ».

Ce refus de vote par l’UER acte donc la présence israélienne dans le concours, et l’Espagne, l’Irlande, la Slovénie et les Pays-Bas ont aussitôt ainsi fait part de leur intention de se retirer du concours.

« Cela n’a pas été une décision facile, et elle n’a pas été prise à la légère », explique Taco Zimmerman, le directeur général de l’audiovisuel public néerlandais AVROTROS. « Le concours Eurovision de la chanson est très important pour nous. La culture unit, mais pas à n’importe quel prix. Ce qu’il s’est passé lors de l’année écoulée a mis à l’épreuve nos principes. Des valeurs universelles telles que l’humanité et la liberté de la presse ont été gravement compromises, et, pour nous, ces valeurs sont non négociables. En tant que chaîne de service public, nous avons la responsabilité de rester fidèles à nos valeurs fondamentales, même lorsque cela s’avère difficile ou délicat. »

Natalija Gorščak, la présidente du conseil d’administration de RTV Slovénie a déclaré, lors de son discours devant les autres membres : « Nos journalistes n’étaient pas, et ne sont toujours pas, autorisés à entrer à Gaza, où plus de 200 journalistes ont été tués. L’année dernière, nous avons constaté que la prestation israélienne était politique. »

La chanteuse israélienne en compétition, Dana International, s’est offusquée de ces boycotts et a rejeté la faute sur les politiques d’extrême-droite de son propre gouvernement : « Comment avons-nous perdu la bataille de la communication ? », questionne-t-elle sur ses réseaux sociaux. « Comment sommes-nous devenus l’une des nations les plus détestées au monde ? Il est trop facile d’expliquer cela uniquement par l’antisémitisme, car l’attitude envers Israël a été différente au fil des années. »

D’autres pays pourraient également se retirer du concours pour dénoncer la présence israélienne, la Belgique et l’Islande ont annoncé prendre leur décision « dans quelques jours ».

La France, de son côté, soutient la présence israélienne au concours, comme le confirme le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot sur son compte X : « Jamais la France ne s’engagera dans la voie du boycott d’un peuple, de ses artistes ou de ses intellectuels. » Une décision vivement critiquée par les militant-es de la cause palestinienne en France, qui dénoncent un double-standard.

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