Le Syndicat des journalistes palestinien·nes alerte sur les conditions de détention de leur confrère Ali Al-Samoudi, dont l’état de santé s’est dangereusement dégradé.
Par l’Agence Média Palestine, le 5 janvier 2026

Le Syndicat des journalistes palestinien·nes (SJP) alerte, dans un communiqué paru hier, sur le “danger de mort” qui menace le journaliste Ali Al-Samoudi, alors que les autorités israéliennes viennent de prolonger sa détention administrative de 4 mois supplémentaires.
La détention administrative permet aux autorités israéliennes d’emprisonner des Palestinien·nes pour “raisons de sécurité”, sans avoir à justifier de celles-ci. Selon un recensement d’Adaameer en novembre dernier, 3 368 Palestinien·nes sont détenu·es à ce titre, soit sans inculpation ni jugement, pour une durée renouvelable indéfiniment, une pratique largement condamnée par les organisations de défense des droits.
Soulignant que le recours à la détention administrative contre les journalistes est systématique, le SPJ appelle la communauté internationale à s’opposer à cette politique qui vise à “faire taire la voix palestinienne et à supprimer la vérité.”
“Le journaliste Ali Al-Samoudi risque la mort”
Ali Al-Samoudi, 59 ans, est détenu dans le centre de détention israélien de Megiddo, tristement célèbre.Le SJP y a documenté les mauvais traitements infligés aux détenu·es palestinien·nes, y compris des mineur·es, notamment des agressions, des traitements humiliants et des conditions de détention difficiles.
La famine, la surpopulation, les problèmes d’hygiène et la privation de nourriture ont également été régulièrement signalés dans ce centre. Un pédiatre de l’organisation Physicians for Human Rights a rapporté l’année dernière le décès d’un détenu de 17 ans dans ce centre, alors qu’il souffrait “d’une insuffisance pondérale mettant sa vie en danger.”
Selon le Club des prisonniers palestiniens, Al-Samoudi a perdu environ 40 kilos et souffre de multiples problèmes de santé, notamment de la gale, du diabète, d’hypertension artérielle, d’ulcères à l’estomac, de saignements gingivaux continus, de pics soudains de fréquence cardiaque, d’épisodes récurrents d’évanouissement, de maux de tête chroniques, d’ infections urinaires et de problèmes à l’oreille gauche, dans un contexte de négligence médicale délibérée.
Dans son communiqué, le SPJ dénonce également des coups et des humiliations subis par Al-Samoudi à la prison de Megiddo, qualifiant ses conditions de détention de “dures et inhumaines, relevant de la torture et detraitements dégradants, en violation des conventions internationales.” Il réitère sa demande de libération immédiate et inconditionnelle d’Ali Al-Samoudi et exige des garanties qu’il reçoive des soins médicaux urgents et adéquats.
Samedi 3 janvier, le Forum des journalistes palestinien·nes déclarait qu’au moins 55 journalistes ont été assassiné·es par Israël en 2025, portant à 257 le nombre total de journalistes tué·es depuis le début du génocide perpétré par Israël à Gaza.
L’année 2025 a été marquée par une “escalade dangereuse et sans précédent” des violations israéliennes de la liberté de la presse, dénonce le Forum. Ce dernier affirme que les journalistes et les médias sont directement visés, dans le cadre d’une politique systématique visant à “faire taire le récit palestinien et à imposer un black-out médiatique”, qualifiant ces actions de “violation flagrante des lois internationales et des conventions humanitaires.”
« Ce sont des attaques directes sur nos libertés d’expression et d’informer. Ce sont des attaques qui concernent tout le monde, car chacun-e a une responsabilité à garantir ces libertés », expliquait la journaliste palestinienne Shuruq As’ad à l’Agence Média Palestine le mois dernier. « En réponse, les médias occidentaux se taisent et nous oublient. C’est une immense déception. Mais nous n’arrêterons pas d’informer, et de dénoncer tant les efforts de silenciation d’Israël que le silence international. »



