Gaza, jour 829 : cinq enfants sont morts de froid depuis samedi à Gaza

Le génocide perpétré par Israël à Gaza se poursuit, les Palestinien.nes subissant les conséquences du blocus illégal de l’enclave et les violations israéliennes presque quotidiennes du cessez-le-feu officiellement en vigueur.

Par l’Agence Média Palestine, le 13 janvier 2026



Un enfant est mort ce matin à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, en raison du froid extrême, dans un contexte humanitaire catastrophique pour les habitant-es de l’enclave rendu-es vulnérables aux intempéries.

Deux autres enfants sont morts lundi des conséquences du froid : un enfant de quatre ans et un nouveau-né, rapporte Middle East Eye. Un bébé de deux mois est décédé dimanche, selon le ministère palestinien de la Santé. Samedi, un autre nouveau-né, nommé Mahmoud Al-Aqraa, tout juste âgé de 7 jours, a également succombé au froid, rapporte Al Jazeera.

Mort-es de « froid” 

Selon le Bureau des médias basé à Gaza, au moins 21 personnes, dont 18 enfants, sont mortes de froid depuis le début de la guerre génocidaire menée par Israël en octobre 2023. Toutes vivaient dans des camps de déplacé.es de fortune.

Ces morts ne sont pas des accidents, elles résultent de nombreuses mesures prises par Israël afin d’empêcher la vie à Gaza. Les Palestinien-nes vivant dans des tentes de fortune après leur déplacement forcé et la destruction de leurs maisons sont peu protégé-és contre les forts vents et la pluie, car la plupart des abris sont faits de toile fine et de bâches en plastique.

Israël continue de limiter le nombre de tentes et d’abris durables entrant à Gaza, en violation du cessez-le-feu conclu en octobre et de ses obligations en vertu du droit international en tant que puissance occupante dans la bande de Gaza.

Lors d’une conférence tenue hier, lundi 12 janvier, le secrétaire général de l’ONU Stéphane Dujarric alertait que “1,1 million de personnes ont encore désespérément besoin d’aide, car les fortes pluies continuent d’endommager et de détruire la plupart des abris existants.” 

Le manque d’abri pousse les habitant-es à se réfugier dans des bâtiments rendus instables par les bombardements israéliens, qui risquent de s’effondrer sous les vents violents. Les équipes de secours ont annoncé ce matin la mort de quatre Palestinien-nes et plusieurs blessé-es à la suite de l’effondrement de deux bâtiments sous l’effet des intempéries. 

95 000 cas de malnutrition aigüe en 2025

Stéphane Dujarric a par ailleurs indiqué que les partenaires humanitaires des Nations Unies avaient examiné plus de 76 000 enfants le mois dernier, identifiant environ 4 900 cas de malnutrition aiguë, portant à “environ 95 000 le nombre total de cas de malnutrition aiguë enregistrés en 2025.”

Cette situation de malnutrition provoque l’effondrement de l’immunité de la population et rend les habitant-es plus vulnérables au froid et aux maladies de l’hiver. Des sources sanitaires de Gaza, citées par l’Agence de presse Wafa, mettent en garde contre la propagation de virus considérés comme des souches mutées de la grippe et du COVID-19.

Selon ces sources, les hôpitaux subissent une pression sans précédent avec un taux d’occupation des lits dépassant 150 %, alors que les groupes vulnérables et marginalisés n’ont pas accès aux vaccins, ce qui augmente le risque d’une transmission plus large et d’une augmentation des cas critiques.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé hier dans un post sur X que plus de 18 500 patient-es dans la bande de Gaza nécessitent une évacuation médicale urgente.

Nouvelles violations israéliennes du cessez-le-feu

Dans le même temps, l’armée israélienne continue de violer presque quotidiennement l’accord de cessez-le-feu, menant ce matin trois opérations de démolition visant des habitations et des installations au sud-est de la ville de Gaza. Son artillerie a également bombardé les zones orientales du camp de réfugiés d’al-Bureij, et des véhicules militaires ont tiré à la mitrailleuse vers la partie orientale de Khan Younis, rapporte l’agence Wafa. Des avions de combat ont également lancé de violentes frappes aériennes sur les zones est de Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza.

Lundi 12 janvier, un drone israélien a assassiné trois Palestiniens à Khan Younis. Ils s’appelaient Wissam Abdullah Salem al-Amour, Mahmoud Subhi Breika et Atef Samir al-Bayouk, a rapporté l’agence de presse palestinienne Wafa. Une femme palestinienne a également été blessée dans cette attaque.

Le même jour, le ministère de l’Intérieur de Gaza a rapporté le meurtre du chef de la police de Khan Younis, le lieutenant-colonel Mahmoud Al-Astal, tué par des coups de feu tirés depuis une voiture le long de la côte de Gaza, à l’ouest de Khan Younis. L’attaque a été revendiquée par une milice anti-Hamas, accusée par le gouvernement gazaoui d’être des “agents de l’occupation” armés par Israël.

Dimanche 11 janvier, au moins 3 Palestinien-nes ont été assassiné-es dans une série de raids israélienns menés contre Rafah et Khan Younis dans le sud de Gaza, le quartier de Zeitoun au sud-est de la ville de Gaza et divers autres quartiers de l’enclave assiégée.

La ligne jaune repoussée progressivement

Depuis Gaza, le journaliste d’Al Jazeera Tareq Abu Azzoum rapportait alors : “Nous vivons une période d’escalade très vertigineuse. Nous pouvons entendre le bruit des drones israéliens qui survolent le centre de Gaza et les communautés orientales, ainsi que les zones où les forces israéliennes poursuivent leurs attaques au-delà de la ligne jaune convenue, qui était censée marquer la ligne de front du cessez-le-feu.”

Cette “ligne jaune”, définie lors de l’entrée en vigueur de la première phase du cessez-le-feu en octobre dernier, est progressivement déplacée par l’armée israélienne, constituant un nouveau front dans son génocide perpétré à l’encontre des Palestinien-nes de Gaza.

Mais les attaques israéliennes n’ont pas lieu uniquement dans les zones environnant cette ligne jaune. Jeudi, des avions de combat israéliens ont lourdement bombardé la bande de Gaza, tuant au moins 14 Palestinien-nes, dont cinq enfants. 

Les frappes ont touché des tentes de déplacé-es à Khan Younis, des écoles transformées en abris dans le nord de Gaza, ainsi que des habitations dans le camp de réfugié-es de Nuseirat et dans la ville de Gaza.

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