Les restrictions à Rafah interviennent alors qu’Israël a tué au moins 18 Palestinien.nes, dont deux enfants, lors d’attaques à travers Gaza.

Attaque israélienne contre un commissariat de police, Gaza, 31.01.26 Photographe : Yousef Zaanoun image : Activestills
Des Palestiniens inspectent le site d’une frappe aérienne israélienne contre un commissariat de police dans le quartier de Sheikh Radwan, à Gaza, le 31 janvier 2026. Au moins 13 Palestiniens ont été tués lors de cette attaque. Selon des sources médicales et le ministère de la Santé de Gaza, au moins 28 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes depuis l’aube, et ce malgré le prétendu « cessez-le-feu ».
Par l’équipe d’Al Jazeera, le 4 février 2026.
Israël a tué au moins 18 Palestinien.nes lors d’attaques à Gaza – l’une des journées les plus meurtrières depuis le « cessez-le-feu » d’octobre – alors que l’évacuation des patients et des blessés palestinien.nes via le passage de Rafah a été suspendue mercredi.
Israël a tué 529 Palestinien.nes depuis le cessez-le-feu négocié par les États-Unis. Au moins 71 803 Palestinien.nes ont été tués dans des attaques israéliennes depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023. Des groupes de défense des droits humains et une enquête des Nations unies ont qualifié les actions militaires israéliennes de génocide. Une affaire de génocide contre Israël est en cours devant la Cour internationale de justice.
En direct de Khan Younis, Abu Azzoum, journaliste d’Al Jazeera, a déclaré que les attaques, malgré le soi-disant « cessez-le-feu » censé être en vigueur, avaient laissé les Palestinien.nes de Gaza « sans aucun répit ».
« Les activités militaires israéliennes se sont intensifiées dans toute la bande de Gaza au cours des dernières heures », a-t-il déclaré.
« Nous pouvons entendre le bruit des drones israéliens qui survolent la région, signe que d’autres attaques pourraient avoir lieu. »
Selon des sources médicales, plusieurs enfants figuraient parmi les victimes.
L’équipe d’Al Jazeera sur place a rapporté que 14 personnes avaient été tuées par des tirs israéliens dans le nord de Gaza.
Lors d’autres attaques dans le sud de la bande de Gaza, au moins quatre personnes ont été tuées par des tirs israéliens sur des tentes de déplacés dans la région de Qizan Abu Rashwan, au sud de Khan Younis, a rapporté une équipe d‘Al Jazeera, citant des sources médicales.
Malgré le « cessez-le-feu » négocié par les États-Unis entre Israël et le Hamas, qui est entré en vigueur en octobre, Israël a continué à tuer des centaines de Palestinien.nes dans toute la bande de Gaza.
Suite aux dernières attaques, l’armée israélienne a déclaré que ses unités blindées et ses avions avaient mené des frappes dans le nord de Gaza après qu’un officier de réserve ait été blessé grièvement par des tirs.
Elle a indiqué que l’officier blessé avait été évacué vers l’hôpital après l’incident, qui s’est produit « lors d’une opération de routine » près de la « ligne jaune » délimitant les zones sous contrôle militaire israélien.
Abu Azzoum a déclaré qu’Israël déplaçait l’emplacement de la « ligne jaune » dans l’est de Gaza, ce qui inquiétait les habitants de cette zone.
Suspension de l’évacuation du passage de Rafah
Dans le contexte de la recrudescence des attaques israéliennes, le Croissant-Rouge palestinien a déclaré mercredi qu’Israël avait annulé la coordination pour le départ d’un troisième groupe de patients palestinien.nes de la bande de Gaza via le passage de Rafah.
« Malheureusement, il y a quelques minutes, nous avons été informés que le processus d’évacuation prévu aujourd’hui avait été annulé », a déclaré Raed al-Nims, porte-parole de la Société du Croissant-Rouge palestinien (PRCS), à Al Jazeera depuis Khan Younis, dans la bande de Gaza. Il a ajouté qu’Israël avait informé l’organisation de cette décision mercredi matin.
Al-Nims a ajouté que la procédure aurait dû permettre aux personnes malades et blessées d’arriver à l’hôpital de la Société de la Croix-Rouge pour un examen médical préliminaire avant d’être transférées en ambulance au poste-frontière de Rafah, puis vers des hôpitaux égyptiens ou ailleurs.
Seuls cinq Palestinien.nes ont été autorisés à partir pour l’Égypte lundi et seulement 16 mardi, un nombre bien inférieur aux 50 Palestinien.nes qui, selon les responsables israéliens, seraient autorisés à passer quotidiennement la frontière.
Israël affirme désormais que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), chargée de coordonner l’arrivée des résidents de la bande de Gaza au point de passage de Rafah, n’a pas fourni les détails de coordination requis. Le COGAT, l’organisme du ministère israélien de la Défense chargé de superviser les affaires civiles dans les territoires palestiniens, a déclaré dans un message X que l’OMS n’avait pas fourni « les détails de coordination requis à ce stade pour des raisons de procédure ».
L’OMS n’a pas encore répondu.
Après plusieurs semaines de retard, Israël a accepté d’ouvrir le principal point de passage – la seule porte d’accès de la bande de Gaza vers le monde extérieur –, mais a imposé des restrictions à la circulation des personnes.
Seuls les Palestinien.nes qui ont quitté Gaza pendant la guerre et qui ont passé avec succès les contrôles de sécurité stricts des autorités israéliennes sont autorisés à revenir.
Ceux qui sont récemment rentrés ont déclaré avoir eu les yeux bandés, été menottés, interrogés et harcelés sexuellement pendant leur voyage.
Plus de 18 000 patients palestinien.nes attendent également d’être évacués pour raisons médicales via ce point de passage, dont environ 440 cas critiques nécessitant des soins immédiats, selon les responsables sanitaires de Gaza.
Tareq Abu Azzoum, journaliste à Al Jazeera, a déclaré qu’Israël ne donnait aucune explication quant aux raisons pour lesquelles certains Palestinien.nes se voyaient refuser l’autorisation de quitter ou de retourner dans la bande de Gaza.
Un Palestinien tué lors d’un raid à Jéricho
Alors que les meurtres se déroulaient à Gaza, les forces israéliennes ont également mené des attaques en Cisjordanie occupée.
Saeed Na’el al-Sheikh, un Palestinien de 24 ans, a été abattu par les forces israéliennes mardi soir lors d’un raid sur la ville de Jéricho, à l’est de la Cisjordanie occupée, a rapporté l’agence de presse Wafa.
Le ministère de la Santé a déclaré que trois autres Palestinien.nes avaient été blessés.
Six autres Palestinien.nes ont été blessés lors d’autres attaques, dont trois par balle, deux battus par des soldats israéliens et une femme renversée par un véhicule militaire.
Traduction : LD pour l’Agence Média Palestine
Source : Al jazeera



