6 février : action coordonnée des dockers méditerranéens contre la militarisation et contre le génocide à Gaza

Les syndicats de dockers d’une vingtaine de ports de Méditerranée annoncent une mobilisation internationale le 6 février 2026 pour protester contre la militarisation croissante des infrastructures de transport et la complicité des directions portuaires et des gouvernements dans le génocide à Gaza. De nombreux blocages et manifestations auront lieu à partir de 18 heures dans les différents ports.

Cette journée d’action commune, qualifiée d’inédite par son ampleur et son étendue, a été confirmée après une réunion au siège génois de l’USB (Unione Sindacale di Base), syndicat italien qui a contribué à déclencher les grèves générales et les manifestations contre la guerre en Italie en 2025. Parmi les principaux ports méditerranéens mobilisés, on compte le Pirée, Bilbao, Tanger et Antalya. En Italie où la mobilisation est la plus forte, les ports de Gênes, Trieste, Livourne, Ancône, Civitavecchia, Ravenne, Salerne, Bari, Crotone et Palerme ont déjà annoncé leur implication dans l’action, rapporte le Morning Star for peace and socialism

Les revendications politiques de l’USB avaient été rendues publiques dans une déclaration du 26 septembre 2025, intitulée « Les dockers ne travaillent pas pour la guerre ». Les travailleurs mobilisés entendent exiger « la fin du génocide du peuple palestinien par Israël, ouvertement soutenu par ses alliés, les États-Unis, l’OTAN et l’UE ; l’ouverture de couloirs d’aide humanitaire stables ; le rejet du plan de réarmement de l’UE ; et la revendication des ports européens et méditerranéens comme ports de paix ». Ils affirment se constituer comme une force de rejet de la guerre et des politiques d’agression et entendent construire « un réseau de solidarité internationale de plus en plus large et courageux ».

Les travailleurs mobilisés veulent faire de la mobilisation du 6 février « une nouvelle étape dans une lutte de plus en plus étendue et interconnectée menée par les travailleurs du monde entier pour mettre fin aux guerres et nous offrir à tous un avenir ».

José Nivoi, fondateur du Collectif des travailleurs autonomes du port (CALP) à Gênes et membre de l’USB, a souligné que « la mobilisation, menée principalement par les dockers italiens et grecs, est aussi un test pour ceux qui ont choisi de ne pas y adhérer officiellement pour le moment, malgré leur participation à l’organisation et leur implication dans le mouvement, comme les Français », rapporte encore le Morning Star for peace and socialism. Le syndicaliste rappelle à cet égard qu’une grève internationale de cette ampleur est « inédite » car « c’est la première fois que les dockers agissent sur des revendications qui ne sont pas seulement liées au travail, mais aussi à des enjeux éthiques et politiques. Le but des blocages est, insiste-t-il, de perturber l’activité portuaire afin de montrer clairement que les travailleurs refusent d’être complices de l’économie de guerre ».

L’initiative du 6 février est soutenue par le mouvement BDS. « Notre lutte pour la justice et la libération en Palestine est indissociable des luttes mondiales contre le racisme systémique, l’exploitation, l’oppression et la dévastation climatique », écrit le mouvement de boycott dans un communiqué. Il invite en outre les travailleurs français à se mobiliser en appelant les syndicats et les réseaux de solidarité à rejoindre et à soutenir l’action du 6 février. BDS appelle également « toutes les personnes de conscience à soutenir la journée d’action en rejoignant les dockers et les travailleurs portuaires dans leur mobilisation, en postant des photos, en soutenant la journée d’action sur les réseaux sociaux et en intensifiant la pression populaire sur [leur] gouvernement pour qu’il impose des sanctions ciblées et légales à Israël, notamment un embargo militaire et énergétique complet ».

Selon le site People Dispatch, les organisateurs de l’action du 6 février ont reçu des messages de soutien des dockers de deux ports allemands, ainsi que des syndicalistes du Brésil, de Palestine, des États-Unis et du Venezuela.En France, un collectif de comités locaux, dont SAI-13, Bds Provence, les collectifs Palestine de Martigues, Salon, Arles, Miramas soutenus par des syndicats et d’autres collectifs, organisent un rassemblement de soutien à l’action du 6 février au port de Fos-sur-Mer de 12h à 14h. C’est par ce port que passent notamment les bateaux de l’ entreprise israélienne Zim, complice du génocide des Palestinien·nes.

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